Etape 14: Tanger (par Julien)

La traversée depuis Tarifa est très rapide (1 heure) et assez chère. Nous n'avons pas quitté le pont du voyage mais nous n'avons malheureusement aperçu ni dauphin ni rorqual.

30 septembre, jour de mes 33 ans, nous débarquons au port de Tanger. La ville est très étendue sur des collines abruptes. La colline la plus intéressante est celle de la médina avec son souk et sa casbah tout en haut (château fortifié). Sortie du port, nous longeons la mer jusqu'à « la montagne » où nous avons trouvé un contact, Hamza, pour nous accueillir. En arrivant dans ce quartier, ça monte sec, on se demande si nous sommes au bon endroit, il n'y a que des villas énormes, le palais du gouverneur, le palais du roi Mohamed VI... Nous nous perdons, des dames nous aident à contacter notre hôte, il habite bien cette colline ! On commence à se demander dans quel endroit luxueux nous allons dormir. Un homme va chercher sa moto exprès pour nous escorter. Enfin nous retrouvons Hamza en bas de la montagne. Il nous montre sa maison. C'est une villa impressionnante à flanc de falaise avec une ouverture qui donne sur la plage. Qui dit à flanc de falaise dit "il faut remonter" ! En arrivant, les mollets en feu, nous déchantons un petit peu, le grand père d'Hamza, ancien jardinier de la propriété, a racheté cette villa à son patron espagnol à prix cassé. Ils vivent là maintenant à 4 familles mais il leur est malheureusement impossible d'entretenir l'immense jardin de plusieurs hectares. Celui-ci est devenu une sorte de squat car il n'a plus de grille d'entrée ni de porte côté plage. Nous enlevons les tessons de verre pour installer notre tente sous l'oeil trouble d'un homme, caché avec sa pipe de kif, qui contemple l'océan. Nous retrouvons un sac à main, et des matelas dans le buisson d'à côté. Ensuite, nous allons partager le quotidien d'Hamza. Tuer le temps à discuter autour d'un thé avec ses amis sur la plage, jouer de la guitare, pêcher...

Le soir, il nous accompagne dans la médina. Il rejoint des copains pour voir un match de foot pendant que nous allons manger avec les enfants. On rentre tard et les rues sont encore très animées. On voit passer des moutons dans tous les sens dans les remorques de petites motos tricycles qui foncent à travers la foule. C'est la fête de l'Aïd dimanche, ce qui explique le défilé d'ovins. La circulation est totalement anarchique mais malgré tout assez fluide. En gros, la priorité est à celui qui la prend. On rentre à la maison tard le soir, les enfants s'endorment dans le grand taxi. En arrivant à la tente, on voit des chiens errants. Avec Julie, on ne peut s'empêcher de penser à un proverbe qu'on avait entendu lors de précédents voyages au Maroc « Marrakech arnakech, Essaouira ça ira, Agadir rien à dire, Tanger danger ! ! ! » Qu'est-ce qu'on fait là, dans ce terrain vague, avec nos enfants ? Impossible de dormir sur nos deux oreilles, la nuit nous semble interminable. Au petit matin, un homme à côté de la tente. Il détale quand on sort. On décide de démonter et de chercher un autre plan pour les soirs suivants. On veut dire au revoir à Hamza avant de partir mais son portail est fermé. Ne nous trouvant pas à son réveil il s'est un peu inquiété et a prévenu la police. Il a cru qu'il nous était arrivé quelque chose.

Nous trouvons un autre hôte par couchsurfing. Il s'appelle Patrick, ancien instit en Côte d'Or reconverti dans l'informatique. Il nous explique les raisons de son exil fiscal. La propriété qu'il loue est magnifique. C'est l'ancienne maison de David Herbert, cousin de la reine Elisabeth II, qui a donné son château en Angleterre pour venir vivre au Maroc. Il était surnommé le roi de Tanger et organisait les soirées Jet Set jusqu'à sa mort en 1995. Beaucoup de magazines et livres racontent l'histoire de la maison. C'est rigolo de se dire que l'on s'assoit sur le même siège que Truman Capote ou Churchill ! Il a légué sa maison à son jardinier, Nourdine. Lorsque celui-ci évoque son ancien patron, on ressent une immense reconnaissance envers « l'honorable » David Herbert. Le mélange arabo-british de la villa lui donne beaucoup de caractère. Le jardin est luxuriant, il y a plein de petits endroits pour se poser. Patrick nous a offert une pension complète 5 étoiles. Entre les visites guidées de la ville, les restos et la petite côte de bœuf la veille du départ, nous avons été gâtés. Lorsque nous sommes en ville, je n'ose pas trop prendre de photos. Je me "semi-cache" ce qui donne des images "semi-belles". Dommage ! Poser à une terrasse du Petit Soco, tout en dégustant un délicieux jus d'orange pressé, nous nous régalons des nombreuses scènes insolites: un gars qui pousse une brouette remplie d'abats, des gamins qui n'arrivent pas à faire avancer un bélier qui a bien compris qu'il y avait un traquenard dans la promenade...

 

Malheureusement, il a bien fallu partir et reprendre la route en direction de Rabat. Ravis de notre escale à Tanger, nous filons donc vers le sud.

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Commentaires : 2
  • #1

    Mathieu (samedi, 04 octobre 2014 12:25)

    C'est quoi ces chaussures???? Où sont passées tes tongs toutes trouées????

  • #2

    Julie (jeudi, 09 octobre 2014 23:38)

    T'inquiète, elles sont dans le sac! Il est même en train de rêver de les faire réparer par un cordonnier dans le souk de Rabat et de leur donner un 2è (enfin une 3è) vie...

Heureux qui comme Ulysse...

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