Etape 20 : Le delta de Tigre (par Julien)

Nous avons enfin récupéré nos vélos. Il y a malheureusement eu des petites casses pendant le transport. 2 disques de frein vrillés (je ne les avais pas assez protégés) et une petite pièce manufacturée spécialement pour nos vélos qui soutient la béquille et le porte-bagage avant. Nous devons donc de nouveau attendre nos montures qui sont chez un mécanicien !

Si vous vous posez des questions du type "Mais où dorment les Jujugazou pendant toute cette attente ? Ca doit leur coûter un bras l'hôtel dans une grande ville comme Buenos Aires ? ", ne vous inquiétez plus ! Nous avons notre quartier général dans la maison de Lautaro, Mai et Homero (1 an) à Benavidez à 40 km au nord de Buenos Aires. Ils vivent dans un barrio cerrado, c'est à dire un quartier sécurisé avec barbelés, miradors et check-point. Ils n'approuvent pas ces barrières mais ils ont saisi une opportunité en achetant cette maison en banlieue. Ils voulaient sortir de Buenos Aires où la vie est chère et un peu folle, apparemment la ville ne dort jamais. A l'intérieur de cette bulle qu'est le barrio cerrado, la vie est plutôt tranquille entre la piscine, les oiseaux et la lagune. La générosité incroyable de nos hôtes nous aura permis de traverser cette galère de vélos tout en douceur. Muchas gracias amigos y no cambian nada !

Même si on pouvait confortablement laisser couler les journées à jouer avec Carlota, notre labrador d'adoption, ou à faire du canoé, on a préféré partir avec nos gros sacs à dos et notre tente en direction de la ville de Tigre.

L'Argentine n'est pas un pays pour les timides. Il faut se jeter sous le bus pour l'arrêter. Si tu lèves le doigt comme à l'école, tu restes sous l'abri-bus ! Après 30 minutes de route, nous arrivons donc au centre de Tigre. La ville porte ce drôle de nom car les premiers européens qui ont débarqué ici ont confondu les jaguars avec des tigres. Toute une partie de la cité est batie sur les nombreuses îles formées par le delta du rio Parana.

Pendant que Julie (qui parle espagnol) va chercher les billets pour la lancha collectiva (c'est le nom des bâteaux-bus) pour nous rendre dans un camping situé sur une île , je surveille les enfants dans un parc. Une senora vient me faire la conversation. Avec mon look d'ermit hollandais, elle repère immédiatement que je ne suis pas argentin. Elle me parle français (car elle est d'origine suisse-francophone) et au bout de 5 minutes, elle nous invite chez elle. Elle s'appelle Mariana, c'est une habitante du delta. Elle habite sur une petite île. Après une nuit dans le camping le plus cher (et en plus pas terrible) qu'on n'ait jamais vu "El Galeon de Oro", Mariana vient nous chercher avec son petit bateau à moteur et nous conduit à sa petite maison sur pilotis.

Nous sommes accueillis avec un bon maté frio (sorte de thé très amer et froid) qui se boit dans une tasse arrondie avec une paille en fer. Nous étions venus boire un coup, nous resterons 48 heures !

Mariana et son mari Fernando ont 3 enfants. Ils ont achete cette maison car c est bon marche sur le delta. Il faut dire que la vie d insulaire est une vrai vie d aventurier. Plusieurs fois par ans, le rio sort de son lit, ca veut dire faire le guet a tour de role et surelever les affaires au fur et a mesure que l eau monte. Il n y a pas de voiture ici mais des lanchas : la lancha taxi, la lancha camion de poubelle, la lancha transport scolaire... Aller en course, aller a l ecole, aller au foot... Tout est une mission ici !

A la tombee de la nuit, des escadrons de 'mosquitos' attaquent sur tous les fronts. Cette annee en plus, il y a une invasion d une sorte de chenille poilue urticante. Mais malgre tout ca, on se sent etonnament tranquille dans ce lieu si singulier ! Il parait que lorsqu il y a des inondations, le lieu devient encore plus magique (mais qu au bout de deux jours, la magie se transforme en calvere car dans ces moment la, l electricite, l eau, internet... tout est coupe !) Pour les enfants, il y a un cote paradis ici : plonger du ponton, aller chez son copains en canoe, vivre dans une cabane en haut des arbres. Par contre, pour les parents, ca a un cote stressant tant que tes enfants ne savent pas nager.

Le deuxieme jour, on est reste pour l anniversaire de Chiara (l ainee). Elle m a appris a jouer El condor pasa au charango (guitare des Andes). Nous avons deguste un asado (barbecue geant) et mange du boeuf jusqu a n en plus pouvoir. Nous faisons la connaissance de cette belle famille. Beaucoup parlent francais, ca ne nous etait pas arrive depuis le Maroc, il y a un mois deja ! Nous faisons la connaissance de Ruben et Marta qui nous invitent a venir passer la nuit suivante sur une autre ile. Nous sommes aussi invites a faire un tour de voilier a l embouchure du delta par Matias mais malheureusement, le niveau de l eau nous empeche de prendre le large.

Autant de rencontres, autant de parcours originaux. Nous avons vraiment adore notre passage a Tigre et nous avons croise des gens que nous esperons revoir un jour.

Pour l anecdote, nous n avons pas eu le temps de faire la visite touristique et de voir la maison du president Sarmiento sous cloche de verre, ca fera un pretexte pour revenir...

Muchas gracias aux gens du delta de Tigre et a la revoyure!

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Commentaires : 1
  • #1

    Anthony (jeudi, 20 novembre 2014 20:59)

    J'attends toujours la photo de dorado ! Sympa et dépaysant comme lieu de vie. Vous vous êtes baignés dans le fleuve ?

Heureux qui comme Ulysse...

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