Etape 22: Mendoza (par Julie)

Et oui, déjà Mendoza! Si vous regardez sur une carte de l'Argentine, vous vous dites "whoua, qu'est-ce qu'ils vont vite les Jujugazou! " Et oui, c'est vrai, les bus sont assez rapides dans ce pays... Alors là, peut-être que vous vous dites "un bus? Mais ce n'est pas un tour du monde en vélo?" Si, si, on vous rassure, on garde notre idée, mais seulement, on s'adapte! La route que l'on voulait prendre jusqu'à Cordoba nous a été déconseillée plusieurs fois (route en double voie pas géniale pour les vélos et des centaines de kilomètres de pampa, de pampa et de pampa...) Et comme des amis d'amis étaient prêts à nous accueillir à Mendoza, ... et ben on a choisi d'y aller, et comme ça faisait un détour d'environ 1 000 kilomètres de notre route du Nord, on a choisi le bus comme moyen de transport! Voilà pour les explications...


Revenons à notre récit...

Après être rentrés de Buenos Aires (un jour plus tard que prévu car nos vélos n'étaient toujours pas prêts), nous retournons pour une dernière nuit chez Lautaro et Mai. En fait, cette dernière nuit se transforme en avant-dernière nuit car nos vélos ne sont toujours pas terminés. Lundi 24 novembre, nous croisons la route d'une famille française qui voyage à vélos avec 2 garçons de 3 et 7 ans (lien de leur site: "Par 4 chemins à vélo"). Nous les suivions sur internet. Le matin, nous voyons sur leur site internet qu'ils sont à Tigre, nous les contactons et nous arrivons à passer l'après-midi ensemble. Moment très sympathique. Gabin et Zoé sont ravis de jouer avec ces copains qui parlent français! Merci à vous Guillaume, Servane, Gaspard et Anatole; et continuez bien votre aventure!

Le soir, nous récupérons nos vélos entiers, et nous comprenons que le copain de Lautaro a eu du mal à réparer la pièce cassée (il est allé en fabriquer une autre dans l'usine de son frère) et qu'il n'a pas pu changer les disques de frein vrillés ni l'huile de nos moyeux car il n'y a pas les pièces en Argentine, et que comme les importations sont bloquées, on ne pourra pas non plus en recevoir... Il faudra donc attendre les Etats-Unis dans 4 mois; où il y a des revendeurs Hase (marque de notre vélo) pour avoir des vélos en bon état...

Mais bon, nous continuons l'aventure, et ça, ça fait déjà plaisir!

Après des aux revoirs chaleureux à nos hôtes longue durée Lautaro et Mai, nous voilà partis sur les routes avec nos "bicicletas" pour 20 kiomètres environ, jusqu'à la gare de train de Tigre puis nous prenons un bus pour Mendoza (après avoir confié nos vélos à une entreprise qui va les acheminer en camion...)

 

Mendoza

Après une petite nuit dans le bus, nous arrivons le mercredi 26 novembre à Mendoza, où nous attendent Timothée, Rocio et leur petite Chloé qui aura bientôt 1 an. Nous sommes encore une fois super bien accueillis. Les enfants sont contents qu'il y ait une petite, et ils passeront pas mal de temps dans la semaine à marcher à 4 pattes avec elle!

Nous effectuons nos achats pour lutter contre le froid (duvets chauds, manteaux) car nous allons monter un peu la Cordillère des Andes! Difficile de se rendre compte de la température que l'on pourra rencontrer la nuit... Par contre, on a bien compris que la journée, on allait avoir très, TRES chaud! Le soleil tape dur!

 

Nous prenons aussi le temps de visiter la ville.

C'est une ville avec des rues perpendiculaires (comme toutes les villes d'Amérique du Nord et du Sud que l'on a vues en fait). Elle a été reconstruite après un tremblement de terre qui a eu lieu en 1861, et qui a tué environ 10 000 personnes. Comme la ville se trouve sur une zone sismique, les bâtiments ne sont pas très hauts. Les rares immeubles ayant beaucoup d'étages ont des murs légers pour ne pas écraser les gens dans leur appartement. Dans la ville, il y a plusieurs places construites exprès pour que les gens se rassemblent après un séisme (le mot d'ordre, pendant le tremblement de terre étant de rester dans sa maison, sous le linteau des portes d'entrée, endroit le plus solide de la maison).
Nous nous promenons dans la ville: le centre-ville avec ses boutiques, la place de l'Indépendance avec des grandes fontaines, le parc San Martin.
Le vendredi soir, nous sommes présents pour fêter l'anniversaire de Tim avec ses amis qui vivent à Mendoza. Nous rencontrons des gens très sympathiques, dont Rodrigo, un "chico" qui a vécu... à Auxerre! C'est à peine croyable! Il travaille dans le vin, donc forcément, un passage en Bourgogne est obligatoire! ;)
Nous rencontrons aussi Angéline et Mathias, deux Argentins qui ont vécu un an en France. Ils nous invitent à manger chez eux le dimanche midi. Ils nous cuisinent un plat typique argentin, que les gens mangent plutôt l'hiver (bon là, c'est l'été, mais depuis 2 jours, il ne fait pas très beau...): un "pollo al disco", traduction: poulet au disque, car le plat dans lequel est cuit le poulet puis les légumes, tout ça revenu dans une délicieuse sauce au vin blanc et à la crème fraîche, est un ancien disque de charrue! C'est un régal! Leur propriétaire, qui habite au-dessus, nous apporte une assiette de "matambre a la pizza" (prononcez "pissa", c'est comme une pizza avec tomate et fromage, mais à la place de la pâte, c'est un steak très fin! C'est vraiment le pays de la viande ici!

Tous ceux à qui nous racontons notre projet de trajet en Argentine nous déconseillent de le suivre car la région est très très chaude! Bien bien... Nous réfléchissons donc pendant plusieurs jours et ne savons pas quelle décision prendre. (Effectivement, déjà à Mendoza, le mauvais temps ne dure pas longtemps et il fait vite très chaud, comme un temps caniculaire en France).
La veille de notre départ, nous croisons à nouveau Rodrigo qui nous précise que ce jour-là, il a fait 52° à l'ombre à La Rioja, une ville qui était sur notre trajet. Lui et Rocio nous conseillent d'aller en bus jusqu'à Tucuman, et d'éviter ainsi les parties les plus chaudes et les plus "désertiques" du trajet, pour se rapprocher des montagnes et du "frais" relatif. C'est ce que nous ferons.

 

Pendant notre séjour à Mendoza, nous passons aussi 3 jours chez le papa de Rocio, à Tunuyan, un grand village à 80 km au Sud de Mendoza, au milieu des bodegas (grands domaines viticoles). Il habite une maison qui est une ancienne finca (exploitation d'arbres fruitiers), qui a un grand terrain et qui donne sur une petite rivière... De l'autre côté, les Andes. C'est magnifique!
Le paysage a changé depuis quelques années car le pletit village s'est agrandi et beaucoup de maisons sont apparues en face de la maison, toutes identiques, à 2 mètres les unes des autres. Ce sont des maisons dont la construction est payée par la province de Mendoza, mais les gens doivent acheter le terrain. Celui-ci est apparemment très très cher. De cette façon, les gens de la classe moyenne peuvent devenir propriétaires. La question que nous nous sommes posés après est "à qui profite ce business?" A qui appartiennent ces terrains? Pour l'instant, mystère, mais l'enquête continue...
NB: Les Argentins de la classe moyenne ne peuvent pas acheter de maisons car les taux des banques sont de 50% ! Les gens hallucinent quand ont leur dit que les taux français sont de 4,5% environ...

Nous faisons une journée de balade dans les environs pour visiter un village, "El Manzano historico", où se trouve un musée et une statue consacrée à San Martin, "el Liberador", un général argentin qui a fait ses armes en Angleterre et en Espagne, et qui a libéré le Chili et le Pérou en 1817. Nous allons aussi dans une bodega au pied des Andes, et dégustons 3 vins: un blanc Chardonnay, un rouge Pinot noir et un rouge Malbeck, typique de la région, très astringeant et qui se marie bien avec la viande rouge, qui elle, fait beaucoup saliver... Et oui, la gastronomie est aussi une affaire de chimie!
Pour notre dernier jour à Tunuyan, Tim et Chloé viennent nous rejoindre, et Felipe nous prépare un asado (vous savez, la viande cuite à la braise...). Des côtes de boeuf, de la saucisse, du boudin... Délicieux! Merci encore pour tout!

Vendredi 5 décembre, nous quittons la charmante maison de Tim et Rocio, qui nous ont si bien reçus! Merci beaucoup à vous!
L'aventure nous appelle!

 

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Heureux qui comme Ulysse...

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