Etape 24; De Tucuman à Cafayate, en vélo ! (enfin...) (par Julie)


Nous sommes partis de Tucuman joyeusement, tout contents de reprendre l'aventure. Enfin, cette sensation de liberté qui nous a manqué depuis notre arrivée en  Argentine ! Nous prenons donc la route la plus longue et qui passe par les montagnes pour éviter la route avec beaucoup de trafic... La première journée se passe sans difficulté (si ce n'est une petite crevaison que l'on répare dans une mission Jésuite), que du bonheur !

Le lendemain, nous savons que nous attaquons la montagne. Matinée très agréable. Le midi, nous trouvons charmant petit pueblo où des enfants jouent sur des jeux même pas cassés! Une dame vient nous voir et prend soin de nous: elle nous ouvre les toilettes de la petite église, nous emmène chez le monsieur qui vend des sandwiches, nous emmène ensuite jusqu'au camion qui vend des fruits, et nous montre sa maison en nous disant de ne pas hésiter à venir la voir si nous avons besoin de quelque chose.

Mais nous ne pouvons pas rester ici, il faut repartir, cet après-m, ça va commencer à monter, doucement mais sûrement... Nous arrivons dans la montagne, nous suivons la rivière, le paysage est très vert, c'est magnifique! Ca me rappelle (même si c'est un souvenir lointain...) le film "Gorilles dans la brume". Il y a même de grands arbres avec des lianes... Nous sommes heureux d'être là, nous profitons ! Nous montons courageusement. Mais au bout d'un moment, nous voyons que la lumière commence à baisser et nous nous rendons compte que nous sommes un peu fatigués... Il est 18 heures, et le village que l'on voulait atteindre est encore à une dizaine de kilomètres... Trop loin pour aujourd'hui. Nous cherchons un endroit accessible pour planter la tente (sous une petite pluie qui est apparue), tout en levant le pouce devant les pick-ups qui passent... Au bout d'une demi-heure, un vieux pick-up s'arrête et 2 hommes sortent tout de suite et chargent nos 2 vélos à l'arrière ! Ouf, on est bien contents ! On roule pendant environ 3/4 d'heure dans la montagne (Julien et l'un de 2 hommes, qui nous a gentiment laissé sa place, aux enfants et moi-même, sont à l'arrière avec les vélos, sous la pluie). (On dépasse d'ailleurs le village -noté sur la carte routière- où l'on voulait dormir le soir; en fait ce sont juste des cabanes de vendeurs d'artisanat indien ! Point de village du tout !...) On arrive enfin à Tafi del Valle (2 000 mètres d'altitude), une jolie petite ville bordée par un lac, et qui a l'air très touristique, vu le nombre de constructions d'hôtels et de cabanas... Julien, en k-way, est congelé. Son compagnon de voyage en extérieur est en T-shirt! Il me dit très poliment que ça va quand je lui pose la question, mais il a forcément froid ! Je me sens un peu mal de lui avoir pris sa place à l'abri, je le remercie "mucho"!

Nous trouvons une mamie qui loue des chambres. Nous avons un petit studio avec de  bonnes couvertures de montagne et une déco indienne. Nous y resterons 2 nuits car le lendemain matin, Julien est un peu malade (l'eau "potable" du robinet? le froid? la fatigue?) Nous nous reposons et nous promenons dans le village. Nous voyons nos premiers lamas.

Le lendemain, nous repartons vaillamment pour une montée infernale: 30 km pour monter de 1 000 mètres de dénivelé environ ! C'est super dur! En plus, nous n'avons plus trop d'entrainement depuis 2 mois et nous sommes déjà à une altitude où on a le souffle vite coupé... Après notre pique-nique avec vue sur le lac, les montagnes et les chevaux sauvages, nous nous trouvons vite dans les nuages: la brume, puis la pluie, fine et continue. C'est vraiment difficile! Malgré les feuilles de coca que l'on a mâchouillées (offertes par 2 personnes qui se sont arrêtées pour nous aider), à 16h30, je ne peux plus avancer. Nous cherchons un endroit pour planter la tente, mais ici, c'est un peu trop marécageux. On fait du stop, mais il y a beaucoup moins de pick-ups que la veille. Un monsieur nous indique que dans 5 kilomètres, la brume et la pluie diparaissent... Le col ! Mais comment être sûrs des distances? On nous a très souvent mal renseignés ! Même les panneaux ne sont pas fiables ! (ni notre carte IGN d'ailleurs!) Si les 5 kilomètres sont en fait 10, ce n'est pas possible!

Un quart d'heure après, un pick-up s'arrête! 2 hommes, qui veulent bien charger nos vélos et nous emmener jusqu'au village suivant, Amailla del Valle, à 30 kilomètres environ... Encore une fois, ouf! Nous passons le col à 3 000 mètres environ 2 kilomètres plus tard. (Nous étions tout près du but!)

Après le col, le paysage change radicalement: c'est complètement désertique, avec des cactus à perte de vue ! (vous ne verrez pas de photos car l'appareil est resté à l'arrière, sur les vélos!) Julien est un peu frustré de ne pas avoir fait la descente ("nous sommes les seuls cyclistes à faire du stop dans les descentes!"); moi, je suis plutôt contente de ne plus faire d'effort, surtout que la route est complètement abîmée!

Lorsque nous sortons de la voiture climatisée, une chaleur surprenante nous enveloppe. On a changé de saison en 30 minutes!

Les jours suivants sont tranquilles à coté de celui-ci. On redescend à 1200 m à Cafayate, 40 km plus loin. Le paysage est toujours magnifique, et nous empruntons un petit bout (goudronné) de la célèbre route 40 qui traverse l'Argentine du Nord au Sud (sur près de 5 000 km).

Nous passons 2 jours à Cafayate, petit ville très sympa, où nous rencontrons beaucoup de touristes au long cours (notamment au camping). Beaucoup de rencontres intéressantes!

 

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