Etape 28 : A la conquête de l'Altiplano (par Julie)

Après notre semaine de travail dans le potager, nous enfourchons nos bécanes au départ de Jujuy, avec nos amis bretons - croisés sur la route, et qui voyagent en famille avec 2 enfants de 6 ans (Méline, sur un Pino avec son papa Olivier) et 9 ans (Ewen, sur son propre vélo, bravo!, encouragé par sa maman Solenn)- et avec qui nous avons partagé 10 jours à Aldea Luna... -- jouansurlescheminsdu monde.wordpress.com--

Mardi 13 janvier, nous repartons donc sur les routes avec 5 vélos dont 3 pinos ! La classe ! Physiquement, la reprise est un peu difficile: pas de vélo depuis 10 jours + ça monte + on commence à être en altitude ! (en une semaine, nous sommes passés de 1200 m à 3780 m d'altitude)
Ce qui réconforte, c'est que la route est magnifique (nous passons notamment par la Quebrada de Humahuaca, classée depuis 2 ans au patrimoine mondial de l'UNESCO: "muy linda!")
Nous roulons pendant environ 30 km par jour (ce qui est largement assez - en tous cas, c'est ce que me dit mon corps!), puis nous préparons le campement vers 17 heures. Ensuite, il faut faire à manger avant que la nuit ne tombe et avant qu'il ne fasse trop froid, car ici, le froid tombe vite et assez fort). Nous bivouaquons lorsque nous sommes en dehors des grandes villes (environ 2 nuits sur 3), en allant demander aux gens si nous pouvons planter notre tente vers chez eux. En général, ils arrivent à nous dégoter un petit coin: un bout de jardin, la maison du voisin abandonnée...

La Quebrada de Humahuaca est une vallée entre les montagnes, et ici, les roches ont des formes et des couleurs surprenantes ! Mercredi 14 janvier, nous passons une journée dans la ville de Purmamarca, et nous prenons le temps de nous promener dans la vallée des 7 couleurs. C'est magnifique !
Vendredi 16, nous arrivons dans la ville d'Humahuaca, très touristique, mais qui ne nous transporte pas plus que ça... Les hôtels sont chers et pas géniaux. Nous y arrivons après 4 journées de vélo assez intenses, et nous avons très envie de nous poser et nous reposer, adultes comme enfants. Mais le repos ne durera qu'une après-midi, car notre hostel est bourré de gens, entreposés dans des lits sur 3 étages, tassés 12 par chambre (même 13 car nos 2 enfants dorment dans le même lit), avec les bagages en tas dans un coin, coincés entre la porte, les lits et les bagages des autres occupants. Bref, nous décidons de reprendre la route avec en rêve une petite cabana que l'on trouverait par hasard sur la route... Mais de cabana de rêve, nous n'en rencontrons point !

Samedi 17, après une nuit peu reposante dans notre goulag, nous grimpons des côtes et des côtes à n'en plus finir ! (oui, j'en rajoute un peu, mais en vrai, c'était dur!) Le midi, nous nous arrêtons à une "fête aborigène". Nous essayons de trouver à manger, mais les policiers ne veulent pas que nous laissions nos vélos sur le site. Nous attendons donc sur le parking pendant que Julien commande 2 douzaines d'empanadas. Pendant ce temps, nous cuisons au soleil, nous écoutons la musique de loin et nous regardons passer les gens "bourrachos" (et il y en a pas mal !) La cuisinière nous apporte notre première douzaine d'empanadas, mais nous ne verrons jamais la deuxième... Commande zappée... Nous repartons un peu déçus, le ventre ayant reçu un tout petit peu à manger, mais pas assez, et avec pour paysage une super maxi montée ! Nous nous arrêtons en haut de la côte, une demi-heure plus tard, pour nous faire cuire une gamelle de riz sous un des rares arbres du coin, doté d'épines grandes de 3 cm... La vie est rude ici, dans les montagnes désertiques, pour les hommes comme pour les plantes !
Vers 15 heures, nous nous arrêtons et cherchons un endroit pour dormir. Des policiers sur la route nous confirment qu'il n'y a rien -nada- d'ici 40 km. Nous voyons 2 maisons sur le bord de la route et nous appelons de loin car 3 chiens nous aboient dessus lorsqu'on s'approche... Personne ne sort et nous pensons qu'ils sont peut-être à la fête aborigène. Hypothèse confirmée lorsqu'une voiture s'arrête et que les gens nous parlent (eux-même s'y rendent). Nous leur expliquons que nous cherchons un endroit pour planter la tente. Les gens parlent entre eux un petit moment puis la dame nous dit qu'elle a pitié des enfants et qu'elle nous propose d'aller chez eux. Le monsieur nous emmène chez lui, dans la vallée remplie de cactus, et nous montre un espèce de garage où il y a 2 lits poussiéreux et nous dit qu'il y a peut-être d'autres lits dans la maison du bas, et que l'on pourra voir ça ce soir, quand ils rentrerons de la fête, vers 20h30... Nous ne comprenons pas bien quel est cet endroit où il y a des dortoirs, des toilettes avec un message écrit dans plusieurs langues, mais qui n'est pas un hôtel et qui n'est pas du tout indiqué sur la route! Nous ne savons pas quoi faire, attendre pour voir s'il y a des lits disponibles? planter la tente? (mais où?)... Pendant la pluie de l'après-midi (car tous les jours il fait beau le matin et il pleut l'après-m), nous décidons de mettre nos vélos à l'abri sous un petit abri dans la cour de la maison du bas, où nous n'avons pas vraiment été invités à entrer... Le soir, lorsque les gens rentrent vers 21 h, nous avons couché les 4 enfants dans une espèce de salle à manger en terre battue (sur les bancs et la table!), après s'être torturé les méninges pour savoir si c'était correct ou pas. Nous nous excusons platement pour notre intrusion, mais cela n'a pas l'air de poser problème aux gens, et la dame nous offre même un dortoir pour tous les 8 ! En discutant, nous résolvons le mystère de cet endroit: c'est une ferme qui fait partie du réseau wwoof, et à qui nous avions envoyé une demande pour passer 1 semaine chez eux (en même temps que notre demande à Aldea Luna, mais ici, il fallait rester 2 semaines minimum). Cette famille fait partie d'une communauté aborigène qui vise l'autarcie. Le lendemain, nous faisons des photos, nous leur achetons du pain et nous partons avec moultes aux revoirs et remerciements... 10 minutes plus tard, nous voyons la dame nous courir après et nous demander un peu de sous pour le service rendu... Un peu honteux de ne pas y avoir pensé avant qu'elle nous ne le réclame, nous lui donnons les fameux pesos...

Le lendemain, nous arrivons à Tres Cruzes, la grosse ville du coin. Mais en arrivant, nous nous rendons compte qu'il n'y a pas d'hôtel. La ville est un glauque: il y a beaucoup de camions qui s'arrêtent pour la nuit, la moitié des maisons a l'air abandonnée... On fait le tour du village pour trouver un endroit où dormir, mais ce n'est pas très fructueux: école fermée (et le gardien n'est pas là car on est dimanche), la salle du terminal de bus aussi (et la dame de la mairie qui a les clés n'est pas là car on dimanche...) Les 2 propositions que l'on a sont: soit planter la tente dans le parc de jeux mais on a peur du froid car nos nouveaux duvets, achetés à Mendoza, censés tenir chaud jusqu'à -5°, sont justes à environ 10°; soit poser la tente dans un espèce de hangar abandonné, à côté de poubelles sauvages... Pas très emballant... Finalement, nous trouvons la dame qui a les clés de l'église, et, après avoir demandé à on-ne-sait-pas-qui, elle nous ouvre et nous autorise à passer la nuit ici... On est bien contents d'avoir trouvé ce site insolite...
Le lendemain, nous remontons en selle pour rejoindre la ville d'Abra Pampa. Nous passons un col à 3 780 mètres d'altitude, mais le reste de la route est assez facile. Et en arrivant, joie bonheur: il fait beau, les gens nous sourient, nous aident, et il y a des hôtels... Nous choisissons d'aller à l'hôtel au nom qui nous fait rêver: "l'hôtel de la lagune" (ladite lagune se trouvant tout de même à 50 km...) C'est un grand hôtel sur 3 étages pas du tout bien isolé, mais nous avons une cuisine et nous passons 3 jours dans cette petite ville sympathique. Enfin, nous goûtons au repos tant attendu! Le dernier jour, nous allons visiter la lagune des Pozuelos (beaucoup de route dans les chemins, et flamands roses vus de loin, mais dans un paysage superbe: un immense plateau entouré par les montagnes. Pas de doute, nous sommes bien dans l'Altiplano...)

Jeudi 22 janvier, dernier jour de vélo en Argentine! Nous rejoignons la paisible ville frontalière de La Quiaca. Nous trouvons un hostel très sympathique et où il n'y a que nous ("El Apolillo"), nous visitons le paisible marché...

Vendredi 23 janvier, nous commençons à écrire une nouvelle page de notre aventure, et celle-ci se passe en Bolivie !

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