Etape 39 : Reprise de l'aventure, cap au Nord ! (Julien)

A peine nous retrouvons nous à 4 que l'aventure reprend. Nous récupérons nos vélos au down town de San Francisco avec 2 heures de retard et 100 euros de plus que prévu de réparation. Ca tombe bien, comme ça on est plus léger, surtout que j'ai la guitare à accrocher au porte-bagage. Ca tient ! On peut même investir dans un saxophone si on veut, il y a encore une petite place...

Nous voulons honorer une invitation que nous a donnée un couple de canadiens que nous avons croisés sur nos vélos vers Bordeaux, il y a presque un an. Ils nous ont dit qu'ils habitaient sur l'île de Vancouver, le plus bel endroit du monde ! L'idée farfelue de ce rendez-vous du bout du monde nous plait assez.

Notre objectif du jour c'est de rejoindre la gare pour prendre un train qui nous mènera vers le grand nord. Pour cela, il faut aller à la station qui se trouve de l'autre côté de la baie. C'est grisant de descendre les grandes avenues de San Francisco sur nos bicyclettes chargées. On pensait traverser jusqu'à Berkeley en empruntant le Bay bridge, mais, en arrivant vers le pont, je demande à un agent de police, avec une voix pleine de fleurs :

" Hello. We need some help. Can we cross the bridge with bikes ?

- GO ON THE WALKSIDE ! NOWW !

- But...

- ON THE WALKSIDE ! ! !

On s'exécute. Julie lui repose la question sous forme encore plus printanière. Il tourne la tête et nous braille

"NOOOOO !" et il retourne la tête de l'autre côté.

Bon, un peu échaudés par ce gros cornichon en uniforme, nous cherchons une autre solution. Nous rejoignons la station de ferry pour essayer de rejoindre l'autre rive. On trouve très vite une navette, en moins de 15 minutes nous sommes sur l'eau. J'aime quand un plan se déroule sans accroc !

Mais, une fois de l'autre côté, on va demander à une gentille dame comment rejoindre la gare, elle nous dit de prendre le ferry ??!? On vient d'en descendre ! ! ! "Mais, vous êtes sur une île ! nous dit-elle". Oups, on avait regardé un peu trop vite les destinations.

On finit par trouver un autre moyen de repasser sur le continent par un étroit passage de 2 km qui longe un tunnel d'autoroute. Après ce moment désagréable, nous nous retrouvons dans des quartiers cregnos d'Oakland. Pas vraiment envie de s'arrêter là, on appuie un peu plus sur les pédales.

On arrive enfin à la gare, les billets sont achetés. La mauvaise nouvelle c'est qu'il va falloir redémonter les vélos entièrement pour les mettres dans un carton. Pfff.

Après une trop courte nuit dans un hôtel trop cher, nous nous rendons donc sur le quai, de bon matin, une heure avant le départ. Pris par le temps, nous démontons nos tandems à la hâte dans une grande tension. Ce n'est qu'une fois prêts qu'on réalise qu'on a fait une petite erreur. Le train part à 10 h mais 10h PM. Nous avons donc 12 heures d'avance sur notre départ ! Une journée sympa s'annonce à errer dans le centre commercial d'à côté.

Arrivent le soir et le train. Nous nous installons dans un wagon confortable, tant mieux car nous avons 23h de trajet pour rejoindre Seattle. Nous traversons des paysages magnifiques, des montagnes enneigées, des grands lacs. Incroyable un endroit aussi sauvage ! Le voyage passe tranquillement.

Une fois à Seattle, nous prenons la route du Canada. Nous avons contacté plusieurs warmshowers (un site internet d'entraide entre cyclotouristes). Nous avons reçu tellement d'invitations qu'on ne va pas pouvoir toutes les honorer. Un lit chaud nous attend dans chaque ville sur les 500 km à venir ! Ca rassure un peu Julie car nous entrons sur le territoire des ours et elle n'est pas très à l'aise avec la chose. Il faut dire qu'on est allés voir sur le site internet des parc du Canada et que le chapitre sur les ours fait un peu peur. Nous sommes rapidement rassurés à ce propos. Les autochtones nous disent tous que si on croise un ours noir, il "go away". Par contre, il y a dans ces forêts une autre grosse bête appelée couguar ou lion des montagnes, et qui est plus à craindre.

Imaginez notre état d'esprit lorsque nous lisons ça la veille de partir dans les forêts.

C'est le dernier chapitre en cas de mauvaise rencontre avec un ours :

"DÉFENDEZ-VOUS! Intimidez l’ours : criez, frappez-le à coups de branche ou de roche, faites tout ce que vous pouvez pour lui montrer que vous n’êtes pas une proie facile. Les attaques de ce genre sont très rares, mais elles peuvent avoir des conséquences graves, parce qu’elles signifient généralement que l’ours vous considère comme une proie."

et ça c'est celui sur les cougars :

"Posé, calme, maître de soi…

Si vous apercevez un couguar au loin, éloignez-vous. Ne vous approchez pas afin de prendre une photo ou pour le voir de plus près. Les couguars sont imprévisibles.

Si vous vous retrouvez à proximité d’un couguar, demeurez calme, tenez-vous bien droit et éloignez-vous de lui en reculant lentement et en lui parlant d’un ton confiant.

Prenez immédiatement dans vos bras vos enfants ainsi que vos animaux domestiques.

Il ne faut JAMAIS tourner le dos à un couguar ou tenter de s’enfuir en courant. En tout temps, gardez un contact visuel direct avec le couguar et offrez-lui un moyen de s’échapper.

Si un couguar se montre agressif envers vous, essayez de vous donner une apparence plus grande que nature en ouvrant votre manteau, en vous servant de bâtons, de branches d’arbres ou encore d’un vélo et agitez-les au-dessus de votre tête. Démontrez au couguar que vous êtes une menace.

Si un couguar vous attaque, défendez-vous avec tout ce que vous pouvez trouver : bâtons, pierres, sac à dos, poings…

Profitez des vastes étendues sauvages canadiennes et considérez toute rencontre avec un couguar comme étant une expérience positive. "

J'ai fait un peu d'Aikido dans mon jeune temps,comme Steven Seegal. Plus l'adversaire est fort, plus il est facile de lui briser le bras. On peut donc y aller tranquille ! Julie, elle, a fait du karaté à la fac et elle se souvient encore de quelques catas. Gabin a fait du judo et Zoé est plus sauvage que le plus sauvage des animaux. Autant dire qu'on ne craint rien ! Surtout que théoriquement, si on fait du bruit, on ne croise personne, et ça du bruit, on en fait plein.

Le moral gonflé à bloc, nous traversons la ville de Seattle avec sa tour "soucoupe volante" et nous préparons à nous enfoncer dans les sombres forêts centenaires du grand Nord...


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Commentaires : 1
  • #1

    Anthony et Emmanuelle (samedi, 09 mai 2015 22:17)

    Impressionnant...

Heureux qui comme Ulysse...

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