Etape 40: De Seattle à Tofino, notre rendez-vous du bout du monde (Julie)

Après nos 24 heures de train, nous traversons Seattle le samedi 18 avril. Cette ville est très agréable pour rouler en vélo, il y a beaucoup de pistes cyclables qui évitent les rues les plus pentues de la ville. En quittant le centre-ville, nous nous retrouvons vite le long du bras de mer, et la promenade est très agréable. Nous voyons des hydravions. Ces drôles d'engins intéressent beaucoup Gabin et Zoé. Des avions qui savent flotter ! Nous voyons aussi des maisons flottantes assez mignonnes, qui font un peu rêver Gabin. Il se dit qu'il aimerait bien être riche pour s'acheter une telle maison quand il sera grand !

Pour cette première journée, nous n'arrêterons pas tard car les enfants ont besoin de se dégourdir les jambes. Nous faisons une pause dans un parc et cherchons un hôtel. Nous préférons éviter le camping pour l'instant : il fait beau mais pas très chaud, les nuits risquent d'être fraîches... 


Le jour suivant la traversée de Seattle, nous prenons un ferry pour aller sur Whidbey Island. Là, nous roulons sur nos premières collines de sapins (il y en aura beaucoup d'autres!) en apercevant la mer à travers les arbres et sous un doux soleil. A Freeland, une petite ville qui nous parait très calme en ce dimanche après-midi, nous attend une maison rien que pour nous que nous a gentiment laissée David. Il y a même des jouets d'enfants! Génial pour les nôtres, qui sont un peu en manque de nouveautés en la matière... David est inscrit sur "Warmshowers". C'est un site internet où les cyclistes du monde entier peuvent se connecter et accueillir ou demander l'hospitalité (et la douche chaude, très appréciable après une journée de vélo!) Pour cette partie du voyage, nous l'avons beaucoup utilisé. On a trouvé ça vraiment génial, car cela permet de rencontrer des gens ouverts sur les autres et d'en savoir un peu plus sur le mode de vie des habitants du pays. Chaque personne rencontrée a évidemment un parcours (familial, professionnel...) différent, et on a adoré discuter et partager un repas avec chacun d'eux ! (En plus, notre anglais progresse de jour en jour!) Par contre, lorsque l'on arrive le soir, après la douche, le repas et souvent une bouteille de vin tout en discutant, il ne reste guère de temps pour écrire sur jujugazou.com! Préparer le trajet du lendemain, et dodo!


Pour cette fois, nous étions seuls dans la maison, et nous avons pris notre temps le lendemain et nous sommes partis tranquillement en début d'après-midi en direction du Nord de l'île. 30 km plus loin, nous arrivons à Coupeville, dans l'appartement de Patrick qui donne sur la mer. Celui-ci nous raconte qu'il est resté dans le coma pendant 19 mois et qu'il a perdu tout ce qu'il avait car sa femme a tout vendu. Ses frais médicaux ont été pris en charge, mais s'il retravaille et regagne de l'argent, il devra rembourser des millions de dollars à l'Etat! 

Le lendemain, il nous accompagne pour un bout de route. Nous  longeons la mer par une petite route, et ça grimpe sec! On voit encore de jolies maisons au bord de l'eau. Chacune a son espace au milieu des sapins, les voisins sont loin! Nous roulons ensuite seuls sur une "highway", une "2 fois 2 voies" autorisée aux vélos car il y a un bande à droite. Le ciel se couvre et le vent durcit. Nous traversons un pont en structure métallique, qui donne sur une rivière en contre-bas. Le paysage est à couper le souffle, mais on ne peut pas trop prendre le temps de s'extasier car il y a beacoup de vent et beaucoup de voitures derrière nous (mais elles ne nous doublent pas!) Après la traversée, nous avons tout le loisir d'observer ce paysage... Quelques kilomètres avec une fine pluie, et nous arrivons à Anacortes, sur une autre petite île qui a été "fabriquée" avec la construction d'un canal qui la sépare du continent. Là nous attendent Julia et Paer, des trentenaires qui sont installés ici depuis quelques années comme fermiers bios. Ils habitent une ancienne grange transformée en maison par leurs propriétaires. Dans leur cuisine, de jeunes plants de tomates. Dans leur salle de bains, des poussins dans une baignoire recyclée en nursery. Et une douche apportée dans un bateau par leurs propriétaires depuis le Japon, avec bain, massage, radio et lumières intégrées...

Le mercredi, lever des parents à 5 heures et des enfants à 6 heures pour attraper le ferry qui va nous emmener au Canada!

Pendant la traversée, nous entendons le capitaine parler au micro et nous voyons tout le monde venir du côté de nos fenêtres. Alors, on regarde, forcément! ... Ce sont des orques! Gabin les regarde un long moment; Zoé dit "Ah oui...". Bref, nous sommes tous émus! 

En posant le pied à terre, nous sommes au Canada, et plus précisément dans la province de Colombie britannique. Nous "lunchons" dans la proprette ville de Sidney puis nous pédalons gaiement, sous un beau soleil, en direction de Brentwood, pour prendre notre deuxième ferry de la journée, qui, lui, nous fait traverser un bras de mer et nous fait gagner une centaine de kilomètres. Mais quand nous arrivons à l'embarcadère, en bas de l'énorme côte, nous restons cois devant la pancarte "closed" clouée en travers du panneau des horaires! Le ferry est fermé depuis 2 semaines et pendant encore 1 mois, et aucune indication sur leur site internet, ni même sur la route principale de la petite ville, ou au moins en haut de la rue qui mène au niveau de la mer! Nous restons désappointés quelques instants devant cette maudite pancarte quand une gentille dame qui a son cabinet d'avocate un peu plus haut dans la rue vient nous proposer son aide, ses fauteuils et son accès à internet. Elle nous aide même à trouver notre camping du soir, quelques kilomètres en arrière. 

Cette petite blague nous a rajouté 2 jours de vélo. Nous devons donc passer par Victoria, la capitale de la Colombie britannique. Mais c'est un plaisir car depuis notre camping, nous n'avons roulé que sur des pistes cyclables. Et la ville aussi est bien aménagée. Nous arrivons facilement chez Judy et Peter, qui ont une magnifique maison avec, dans le salon du premier étage, une grande baie vitrée qui donne sur la mer! Parfait pour se relaxer après une journée de vélo! Et le soir, nous avons même droit à du  vin français! Franchement, si on n'est pas chouchoutés...


Le lendemain, nous devons grimper le Malahat, une petite montagne dont les gens nous ont beaucoup parlé. Judy nous accompagne sur les pistes pour sortir de la ville, ce qui nous fait gagner beaucoup de temps. Lorsqu'une pluie fine se met à tomber, Judy nous propose de faire demi-tour et de rester chez eux le soir. Mais nous sommes prêts à braver les éléments et à vaincre cette montagne aujourd'hui! Une petite poutine dans l'estomac et c'est parti! C'est vrai que la côte n'est pas facile, et la pluie de plus en plus épaisse n'arrange rien... Mais le pire, c'est la circulation. Pendant la montée qui dure une quinzaine de kilomètres, nous sommes en première vitesse et nous faisons régulièrement des arrêts. Et nous sommes un peu comme sur une bande d'arrêt d'urgence de voie rapide... Et le pire du pire, c'est que nous devons traverser les 4 voies pour tourner à gauche et suivre notre route! Nous attendons 5 bonnes minutes (qui paraissent longues!) que la vue se dégage, et go go go!

Nous arrivons dans l'après-midi à Shawnigan Lake où nous sommes accueillis par Denise et Cass, des jeunes (comme nous!) qui aiment chanter et jouer de la musique. Le soir, ils invitent un couple d'amis et nous passons une très bonne soirée. 

Le samedi, ils partent en week-end mais nous laissent leur maison pour nous reposer. Chouette! Tout le monde profite de cet interlude, parents et enfants!

Dimanche, nous roulons quelques 50 kilomètres pour nous rendre à Ladysmith chez Bridgit et François. Elle est néo-zélandaise et lui français! Ils ont un petit Pierre, âgé de 10 jours. Ils doivent être fatigués, mais ils nous reçoivent très bien. La maman de Bridgit, qui est là pour leur prêter main forte, nous cuisine un boeuf bourguignon aux petits oignons! 

Le lundi 27 avril, c'est à Nanaimo que nous nous rendons. Nous attendons l'heure de rendez-vous avec nos hôtes dans un café, et quand celui-ci ferme à 15 heures, nous allons faire un petit "loup dans la bergerie" dans la pelouse à côté du parking (un jeu où on se court après, rappelez-vous, quand vous étiez petits...) Le soir, nous arrivons chez Cory et Jim et leurs deux fils de 14 et 16 ans (qui vont dans une école où il y a des cours en français, comme beaucoup d'élèves au Canada). Etre bilingue est recherché car c'est un atout ensuite pour trouver un emploi. Nous parlons du système scolaire de nos 2 pays et de nos anecdotes respectives de cyclo-voyageurs. Le lendemain, au petit-déjeuner, nous apprenons que derrière les parents de cette famille sage se cachent 2 terribles aventuriers qui ont parcouru la planète pendant 10 ans en camion et en vélos!... Génial!

Malheureusement, nous ne pouvons pas en parler trop longtemps car tout le monde part travailler. Nous repartons sur les routes jusqu'à Qualicum Beach, puis le lendemain, Port Alberni, après avoir franchi une autre montagne! Ouf! Kevin nous ouvre sa porte. Il est très sympa et nous propose de rester chez lui le temps de décider comment nous rendre à Tofino, notre but ultime. Nous y sommes presque! Quelques 130 km de forêts sauvages, peuplées d'ours et de cougars, nous séparent de cette ville au bout du monde. (En fait, il y a aussi des loups, mais ça, nous ne l'avons appris que plus tard...) Certains me comprendront peut-être: je ne suis pas très motivée pour faire du camping sauvage pour cette fois! Devoir placer la tente à au moins 10 mètres de la rivière et 20 mètres du sac à provisions perché à 4 mètres de hauteur, entre 2 arbres, à au moins 1,50 mètres de chaque tronc ! S'assurer qu'il n'y a pas d'odeur de nourriture sur nos habits ni rien qui reste dans la tente... Non merci... En plus, la route est étroite et sineuse. Désolée pour l'aventure Julien, mais prenons le bus (s'il-te-plait...)!

Après une bonne nuit de sommeil très calme, un voyage de 2 heures en bus dans des paysages superbes et (on nous avait pas menti) très sauvages, entre les lacs, les montagnes et les forêts de sapins, nous débarquons enfin à Tofino, chez Denise et Gurmail ! Nous le pressentons déjà, nous allons passer de très agréables moments en leur compagnie...

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Commentaires : 1
  • #1

    Jouan (dimanche, 17 mai 2015 23:39)

    On n'a qu'une seule chose à dire : votre dernière vidéo est franchement EXCELLENTE !

Heureux qui comme Ulysse...

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