Etape 43 : Portland (Julien)

Nous sommes enfin arrivés dans la ville de Portland, la capitale de l'Oregon. On va prendre 3 ou 4 jours pour la visiter. Nous sommes assez intrigués car toutes les personnes qui nous ont parlé de cette ville en ont fait l'éloge. On commençait à se lasser du mauvais temps et on est heureux d'être arrivés à destination après avoir franchi la barre des 6000 km.

Les premiers jours, nous sommes accueillis dans le jardin d'un couple francophile, Lisa et Michael. On a droit à 2 supers dîner, à la française s'il vous plait, avec petits plats dans les grands et plateau de fromage ! Merci mille fois.  

Ils habitent sur la rive droite du fleuve, essentiellement résidentielle, avec une fois encore un parfait quadrillage de maisons en bois. Les villes se ressemblent toujours un peu mais elles ne manquent pas de charme. Le bois a l'air plus facile à bricoler que le parpaing, intéressant énergétiquement et en plus c'est quand même moins laid. Après c'est sûr qu'ici ce n'est pas compliqué de trouver la matière première, il y a des forêts partout. On a droit à un soleil magnifique et une température à se mettre en short, ce qui permet aux enfants de profiter pleinement des nombreux parcs hallucinants de la ville. Ils ont des installations sportives incroyables. On peut voir des matchs de base ball, de foot américains et d'un sport étrange avec des cannes filets. Dans l'ensemble, ce sont des activités assez statiques, qu'on peut pratiquer en buvant un soda, pas besoin de prendre une douche après une partie de baseball.   

 Ensuite, nous sommes de nouveau invités, cette fois par Nikki qui nous a doublé sur le pont au dessus de la rivière Columbia. Encore une chouette rencontre grâce à nos vélos.  Elle est mariée à Grégoire, un travailleur social. Ils ont 2 jumeaux de 2 ans et plein de jouets. Gabin et Zoé sont aux anges ! Ils nous parlent beaucoup de leur ville comme étant la place mouvante des Etats-Unis. Une cité pleine d'énergie positive et d'enthousiasme. La nouvelle San Francisco ! Ils viennent d'ailleurs de Californie. Comme beaucoup d'autres personnes, après la crise de 2007, le prix des maisons a recommencé a grimpé et ils ont du migré au Nord pour pouvoir accéder à la propriété. Tous les hippies, les rêveurs et les utopistes ont suivi ce mouvement de population.

Dans nos nombreuses discussions avec des américains, c'est marrant de voir à quel point on prend la France pour un pays socialiste, presque soviétique. Ici, la société est complètement libéralisée et individualisée avec tous les travers que ça entraîne : une santé et une éducation selon les moyens de chacun, des étudiants surendettés, des laissés pour compte en grand nombre... Du coup, comme l'état social est quasi inexistant (malgré les plans d'Obama), il y a davantage d'entraide communautaire et il faut compter sur les âmes riches et charitables pour résoudre les problèmes de société (les fondations des gentils millionnaires, les gentils volontaires...). Lorsqu'on raconte qu'on a été choqués par le nombre de sans abris dans le centre ville, on nous explique que c'est parce que la ville de Portland a une politique d'aide aux démunis alors que dans les anciens états du sud, comme le Texas, ils sont évacués à la campagne manu militari.

Toutefois, nous sommes surpris de constater aussi des aspects positifs à cette absence d'état. Ici, les gens s'organisent en quartier pour faire avancer le bien commun. Bien sur, cela crée encore des déséquilibres et des inégalités géographiques. Mais c'est quand même intéressant de noter que la dérégulation permet de voir apparaître dans certains quartiers de classe moyenne des initiatives populaires intelligentes pour améliorer le bien commun. Ainsi, chaque année, les gens se réunissent pour organiser, désigner, fabriquer un nouveau parc. Ils deviennent après de vrais lieux de vie où les gens viennent fêter leur anniversaire, pique-niquer... Ils se réunissent aussi pour décorer des carrefours, ils peignent la chaussée. Ils ont  créé un "marché" où les vêtements sont gratuits.  Grégoire est en train d'aménager son garage avec des outils qu'il empreinte gratuitement dans une bibliothèque à outils. Tout le monde roule à vélo et il y a des dizaines de tours  vélo à thème qui sont organisés (historique, géologique, rock métal... et le fameux naked tour où plus de 13000 personnes viennent faire une randonnée cyclo dans le plus simple appareil). Au final, le vélo s'est vraiment imposé comme moyen de transport dans la ville. Des vraies pistes cyclables partout, des stations de pompage et d'outillage gratuites rendent la ville vraiment très agréable. Après Seattle et Victoria, c'est la troisième grande ville que l'on traverse où tout est fait pour faciliter les déplacements à 2 roues. Ca met des ambiances urbaines super sympas ! Le vélo, c'est ça le moyen de transport du futur !

Après avoir bien profité de la ville, nous prenons maintenant un train pour Los Angeles où nous allons retrouver mes parents pour un intense road trip en camping-car dans les grands parcs de l'Ouest.


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