Etape 51 : Veni, vidi, vici ! (par Julien)

En repartant de Taupo, nous avons longé le magnifique lac avec, comme phare, le mont Ruapehu au loin. C’est le volcan le plus haut de l’île (il mesure un peu moins de 3000 m). Ce passage était vraiment très dangereux ! Nous ne pouvions pas jouir pleinement du panorama car nous devions rester concentrés en permanence sur notre guidon. Les voitures et les camions nous frôlent à grande vitesse, le moindre écart peut nous être fatal. Alors que nous pestons sur les chauffards que sont une grande partie des conducteurs kiwis, pendant le pique-nique, une voiture de police vient à notre rencontre. Quelqu’un a téléphoné pour prévenir de notre présence sur la route. La dame en uniforme est très gentille mais elle nous fait un peu peur. Après nous avoir dit que la suite de la route était encore plus étroite, elle observe Zoé et Gabin avec des yeux tendres et tristes. Elle nous dit que c’est elle qui est chargé d’intervenir en cas d’accident aujourd’hui et qu’elle ne voudrait vraiment pas, mais alors vraiment pas, nous ramasser en plusieurs morceaux. « Cause, they are so cute ! ». Y-a-t-il une autre route ? No. Avons-nous une autre solution ? No. Merci d’être passée nous remonter le capital confiance alors ! Nous terminons notre journée un peu stressés en nous appliquant de faire plaisir à cette dame, nous ne voudrions pas lui gâcher sa journée. Le soir, Kerry nous accueille chez lui. Autour d’une belle assiette de spaghettis faites maison, il nous explique une des raisons du comportement irresponsable de certains. Ici, si quelqu’un mord la ligne jaune, n’importe qui peut le filmer ou le prendre en photo et prévenir la police qui verbalise sur dénonciation. Ambiance Big Brother. Du coup, les gens sont tellement obnubilés par ne pas dépasser la ligne jaune qu’ils rasent les cyclistes. Pour moi, ça ne les excuse pas de ne pas ralentir. Kerry a trouvé la parade, quand il fait une sortie vélo, il sort lui aussi sa caméra. Aujourd’hui, il a envoyé 4 rapports à la police !

Les 4 jours suivants, nous faisons le tour du parc Tongariro sous un beau soleil. C’est pour moi la partie la plus belle que nous ayons traversée en Nouvelle-Zélande. Les routes sont calmes, on est en pleine nature, tous les km, on s’arrête prendre ces volcans enneigés en photo. De temps en temps, on se fait doubler par des voitures avec skis et snowboard sur le toit. Il y a toujours des moutons dans cette région, les vaches n’ont pas encore conquit toute la Nouvelle-Zélande.

Ensuite, nous sommes redescendus dans les vallées plus au Sud. Une fois, nous avons été accueillis dans une maison avec des caméras partout, même dans notre chambre ! Nous n’avons rien osé dire mais nous n’en pensions pas moins. Le dernier jour avant Masterton, Zoé a vomi dans son bol de céréales chez Steve et Jenny. Ils nous proposent de rester une nuit de plus, mais la météo annonce du très mauvais temps pour les jours suivants. Après avoir longtemps réfléchi, nous choisissons de rouler. Le temps était atroce : un fort vent de face, la pluie, un froid que rien ne peut arrêter, même pas les gants, les 2 manteaux, les 2 gilets, le pantalon de K-way, le jogging, le collant, les chaussettes… Nous étions congelés. Pour la première fois en 7500 km de vélo, Gabin et Zoé pleurent sur les vélos. Nous arrivons le soir chez George (encore un septuagénaire qui travaille), qui nous chouchoute bien (cuisine 3 étoiles, bon vin, feu de cheminée…). Il nous convainc (ce n’était pas très dur !) de finir en train jusqu’à Wellington pour éviter une grosse colline sous une météo horrible.

Nous sommes donc arrivés à la capitale avec quelques jours d’avance. Cette semaine a fait du bien aux enfants après plus de 20 jours d’itinérance. Nous avons fait une super rencontre. Brett et Rachel nous ont accueillis dans leur colocation pendant 5 nuits. Entre les bons petits repas et les promenades au jardin botanique, nous ne nous sommes pas ennuyés. Rachel, qui est avocate pour le gouvernement et qui s’occupe des relations avec les Maoris, nous a appris beaucoup de choses. Elle a, elle aussi, fait un grand voyage avec ses parents dans sa jeunesse, elle en garde des supers souvenirs et elle est convaincue que cette expérience a participé à sa construction personnelle. Brett nous a accompagnés à l’aéroport à 4 heures du matin (peut-être avaient-ils peur qu’on ne parte jamais J ). Merci mille fois pour votre générosité, nous espérons vous revoir en Bourgogne.

C’était Julien, en direct du vol Wellington Bangkok, à 10 000 mètres au-dessus du Pacifique. A vous les studios !

Bye 

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