Etape 53 : Ko Samui, oh oui ! (par Julien)

 Bienheureux de nos premiers jours dans la capitale, il est l’heure pour nous de descendre vers des terres moins grouillantes et plus sableuses. Nous avons rendez-vous avec les eaux chaudes du Golfe de Thaïlande, sur l’île de Ko Samui, à 700 km plus au sud.

Pour cela, nous prenons la direction de la gare. Nous arrivons une heure avant le train pour pouvoir être tranquille pour charger les vélos, mais on apprend que celui-ci

sera en retard d’au moins 2 heures. Ça ne semble pas gêner les gens qui patientent tous tranquillement. Tous ? Non ! Gabin et Zoé, très excités par l’idée du wagon couchette, résistent encore et toujours à la bouddhatitude et courent partout en faisant l’avion. D’un coup, les centaines de personnes présentes dans le hall se taisent et se lèvent. Les haut-parleurs diffusent l’hymne national. Nous essayons de faire atterrir en douceur nos enfants tout en observant cette scène surréaliste. La chanson s’arrête et la vie reprend son cours. Le temps passe très vite depuis notre arrivée en Asie tant tout est nouveau pour notre œil ! Tout à coup, sans crier gare, un militaire avec des beaux galons (il y en a beaucoup ici) fait le tour du hall prestement pour nous informer un par un que le train qui devait être très, très en retard n’est finalement pas si en retard que ça et va partir… tout de suite ! Nous qui étions pourtant cette fois si bien organisés, nous voilà à pousser nos vélos avec notre fourbi et nos gamins au milieu du mouvement de foule qu’a immanquablement créé notre cher gradé. Mais bon, les pays pauvres ont ça de magnifique que les salaires sont sans doute tellement misérables ici que pour chaque menu service il y a 3 fois trop de personnel. Aussi, ce curieux départ qui aurait pu être très stressant s’est passé dans une relative décontraction grâce aux 2 employés qui m’ont aidé à charger les vélos et aux 2 autres qui nous ont porté les bagages.

Nous voilà dans le train ! Il y a trois classes différentes. Les billets n’étaient pas trop chers, nous nous sommes donc offert des couchettes 2ème classe. Dans notre wagon, alors qu’il y avait une majorité d’autochtones dans le hall de gare, il n’y a que des blancs ! Cette situation d’apartheid touristique est un signe de plus qui nous montre

que les interactions avec les thaïlandais ne vont pas être évidentes. Un homme passe faire nos lits 1 par 1. Impressionnant d’efficacité ! Nous discutons un peu avec des voyageurs français et nous nous assouchons à 2 par mini-couchette (c’est la position entre assis et couché) Après une courte nuit dans ce trop petit lit nous arrivons fatigués à Surat Thani. Nous avons un peu de route pour rejoindre le ferry, nous n’avons pas de carte et c’est toujours assez compliqué de se diriger avec les panneaux en thaï et d’obtenir des informations auprès des gens. Pour cette partie du voyage, nous avons donc fait un grand pas dans le monde de la technologie, nous avons investi dans un smartphone afin d’avoir un GPS et arrêter de perdre du temps en détour et en orientation. Nous n’en avons pas eu besoin cette fois-ci car un cycliste Thaï parlant bien anglais nous rejoint et vient nous faire la causette. Il tient à nous guider jusqu’à bon port. Il fait un détour de 20 km juste pour nous aider alors qu’il était arrivé chez lui. Sympa le mec ! Grâce à lui, nous trouvons rapidement notre embarcation, c’est un bateau de nuit, il va falloir encore attendre. Nous achetons nos billets au capitaine qui nous fait un bon prix farang (c’est le surnom donné aux blancs) pour nous et pour les vélos (3 fois plus cher que le prix normal). Son rafiot ressemble à une vieille péniche. Ca nous parait fou qu’ils prennent la mer avec ça. Julie n’est pas très rassurée. Il se met à pleuvoir des cordes. C’est toujours la mousson ici. Apparemment, elle a commencé tard et donc va finir tard. La pluie sous toutes ses formes, c’est un peu le fil rouge de notre voyage. Ce n’est pas grave, on a un mental en acier (trempé) ! On court s’abriter dans une pizzeria où nous passons la

journée. A 21 heures, nous embarquons. A l’intérieur, il n’y a rien qu’une grande pièce vide. Chaque passager va se chercher son petit matelas et s’installe sur les côtés de manière à laisser un couloir de circulation pour les jeunes mousses. Le vieux moteur se met en route. Dans la calle, un marin veille sur son ronronnement en fumant des cigarettes sous un ventilateur. Nous voguons en direction de Ko Samui sur une mer calme.

A 6 heures du matin, nous accostons sur l’île. Nous rejoignons la côte est et sa fameuse plage de Lamaï. Sur la route, nous espérons croiser des éléphants mais nous ne verrons que des buffles et d’énormes serpents écrasés sur les bas-côtés.

Notre objectif, pour les 5 jours à venir, est de nous relaxer et de prendre des vacances farniente seuls avec les enfants. J’en connais certains que cette phrase va amuser J.

Nous nous mettons donc en quête d’un petit hôtel confortable pas trop cher. Nous trouvons notre bonheur et nous laissons couler les jours entre la plage, la piscine et les cocktails.

Nous sommes arrivés en Asie remplis d’espoir de rencontrer des familles de voyageurs pour revivre notre super expérience d’Amérique du Sud avec les Jouan sur les chemins du monde. Malheureusement, nous n’étions visiblement pas au bon endroit ou pas au bon moment. Ici, la majorité des « touristes » viennent pour la prostitution. Le profil type du touriste est un blanc, la soixantaine, avec des cheveux teintés quand il en a. Il déambule seul dans les rues sur son scooter, souriant, tel un Don Juan sur son cheval, aux « masseuses » aguicheuses devant leur salon aux vitres teintées. Il se promène main dans la main avec une jeune beauté sur la plage. Grand adolescent, il joue à l’éclabousser dans la piscine de son hôtel. Ici, il peut vivre son amour d’un jour au grand jour. S’il était seul dans la ville, ça pourrait passer mais des comme lui, il y en a partout, partout, partout, si bien que même notre charmant hôtel s’apparente plutôt à une maison close. Heureusement, nos enfants innocents ne ressentent pas ce côté malsain, donc nous arrivons à faire abstraction de ce triste décor, mais pour nous, c’est quand même insupportable !

Je me demandais quel pouvait être le discours de ce genre de touriste pour justifier son attitude. Il balaye toutes les critiques morales argumentant qu’elles viennent de cerveaux lobotomisés par une éducation judéo-chrétienne alors que lui, il sait élargir sa pensée à l’orient. A l’entendre, il fait presque un voyage humanitaire ! Grâce à lui et à ses 20 euros par jour, il sort la pauvre petite et sa famille de la misère. Le pire

c’est qu’il a raison quand il dit qu’il participe à faire tourner l’économie, « il » est tellement nombreux !

Nous avons, malgré tout, bien profité de cette petite coupure et nous avons

maintenant repris les vélos pour de nouvelles aventures.

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Commentaires : 2
  • #1

    lili (jeudi, 15 octobre 2015 17:50)

    Coucou les voyageurs
    je mets pas souvent des commentaires malgré que je vous suis avec passion
    depuis deja un bon moment
    Je suis 100% avec vous quand vous parlez de ses vieux qui ce prennent pour des petits jeunes et qui avec leur fric profitent de ses filles mêmes si elles sont la pour ça ..... J'ai 61 ans je suis seule car les hommes qui ont mon âges veulent pas une femme de cette âge , ils veulent une plus jeune ..... j'aurais jamais imaginée finir ma vie seule , les années passées a m'occuper de mes 3 enfants etait rempli de bonheur et je sentais pas le besoin de faire la rencontre ........Tout ses vieux me degoutent et j'en connais plusieurs autour de moi .... bref ... je suis hors sujet ...lol ........ Continué a me faire rêvée et puis qui sait vous connaissez peu être un papy normal ...... lol ... Bisous a vous 4 Lili

  • #2

    Romain (jeudi, 15 octobre 2015 21:18)

    Oh... il n'y a pas de photos de serpents !

Heureux qui comme Ulysse...

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