Etape 57 : Cambodge : des vautours et des sourires (Julien)

Le passage de la frontière cambodgienne a tenu ses promesses ! Devant le bureau des visas, les vautours nous surveillent. La moindre faiblesse et vous devenez une proie ! Certains veulent vous « aider » à remplir les papiers, d’autres, sous un écriteaux « Quarantaine » vous demandent de venir de manière autoritaire pour vous prendre la température !

Ils nous tournent autour… Nous prenons du galon de voyageur, aussi, nous savons

adopter un comportement de self défense, adéquate dans ce genre de situation.

Le secret est de paraître odieux, d’avoir l’air de connaître et de refuser toute aide de manière désagréable. Tout ça en gardant bien sûr une paix intérieure totale, ce n’est que du théâtre !
Nous passons donc assez facilement ce premier obstacle. Le deuxième est plus compliqué ! Nous nous retrouvons dans une salle avec 4 douaniers non souriants dont les gallons annoncent un combat déséquilibré. En fait, c’est plutôt une mise à mort ! Que faire face à une association de malfaiteurs en uniforme ? La corruption est institutionnalisée ici. Nous ne perdons pas de temps et ne cherchons pas à discuter, nous avons encore de la route à faire : nous payons. Pour chaque personne, ils se mettent 10 dollars dans la poche ! Vu le passage, à la fin de la journée, il doit y avoir pas mal à partager. De quoi mettre du beurre dans les épinards. Ils devraient faire attention d’ailleurs parce qu’avec tout ce beurre, ils se boudinent un peu dans leur uniforme. En sortant, nous voyons des malheureux se débattre avec les vautours qui inventent n’importe quoi pour leur soutirer un peu d’argent.

Résolus à garder notre bonne humeur, nous remontons en selle. Julie réalise qu’elle s’est fait dérober sa casquette. Pas grave ! « Allez, on y va ! ».
Ça faisait longtemps qu’on n’avait pas roulé à droite ! Dès les premiers kilomètres, nous ressentons que nous sommes passés dans un pays beaucoup plus pauvre. Les routes sont abimées, les véhicules encore plus chargés. Il y a des déchets partout !

Nous rejoignons rapidement la ville de Koh Kong. Nous allons retirer un peu d’argent, nous sommes étonnés que le distributeur automatique nous « donne » des dollars américains. Nous posons nos sacoches dans une guesthouse remplie de français. Nous sommes bien heureux de pouvoir partager quelques moments sympas avec des compatriotes.

Nous nous offrons une petite sortie sur l’île de Koh Kong. Après deux heures de bateau, nous arrivons sur une plage déserte surmontée par de petites collines couvertes de forêt tropicale. Nous plongeons un peu avec masque et tuba, il y a quelques jolis poissons colorés mais dans l’ensemble c’est assez pauvre. Ce n’est pas très étonnant quand on voit le nombre de pêcheurs qui traînent leur filet en faisant le tour de l’île. Sur le retour, nous sommes accompagnés par des dauphins. Nous faisons une petite balade dans la mangrove. Le tableau surnaturel de ces racines de palétuviers qui s’entremêlent stimule l’imaginaire de Gabin et Zoé qui n’arrêtent pas de s’inventer des histoires d’aventures autour du monde.

Le lendemain, nous chargeons nos vélos derrière un van pour éviter une centaine de kilomètres à travers la jungle, vraiment difficile, sans ravitaillement et sans hébergement. Le bus est bondé, la musique à fond ! Au niveau circulation, c’est encore plus engagé qu’en Thaïlande. Le code de la route, ici, repose essentiellement sur la foi. Parfois, c’est limite dangereux !

En nous débarquant, le chauffeur essaye de nous escroquer en nous réclamant deux fois la somme prévue. Nous négocions. Nous espérons que nous n’aurons pas que des rapports comme celui-ci avec les Cambodgiens.

Heureusement, nous sommes vite rassurés. Une fois sur les routes, nous retrouvons les sourires qui nous accompagnent depuis notre arrivée en Asie. Les enfants crient « Hello ! Hello ! Hello ! » jusqu’à ce que nous disparaissions à l’horizon. Le jeu, c’est d’essayer de les repérer avec toute cette végétation. Sur la chaussée, les gens, essentiellement paysans dans cette région, font sécher leur riz. Ce qui réduit un peu plus notre espace vital. Nous voyons beaucoup de buffles dans les champs. Les maisons sont sur pilotis, elles ressemblent souvent à des cabanes faites de feuilles de pandanus et de tôle. Nous faisons escale dans une petite ville. Là encore, la misère

nous choque. Un vieil homme casse des grosses pierres avec un ridicule marteau pour faire des graviers qu’il étale devant une allée. Nous rencontrons des estropiés. Plusieurs personnes viennent nous demander de l’argent. Le marché est un mélange de souk marocain et de bidonville argentin. Nous nous perdons dans un labyrinthe de palette et de bâches plastiques. Le sol est jonché de déchets piétinés. Les odeurs lèvent le cœur. Malgré ce décor, la vie déborde de partout, les gens s’interpellent, ça grouille, ça rit, ça vit !

Nous voulions passer par le Vietnam mais nous avons appris que malgré la nouvelle loi d’exemption de visa, nous devons aller à Phnom Penh pour faire faire un tampon à l’ambassade ! Nous changeons donc nos plans et nous décidons de repousser notre visite de ce pays à un autre voyage.

Nous sommes arrivés à Kampot. Demain nous roulerons en direction de la capitale et des temples d’Angkor.

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Commentaires : 2
  • #1

    Emmanuelle (dimanche, 06 décembre 2015 13:29)

    "l’imaginaire de Gabin et Zoé qui n’arrêtent pas de s’inventer des histoires d’aventures autour du monde." Est-ce vraiment de l'imaginaire ?

  • #2

    Jujugazou (lundi, 07 décembre 2015 05:33)

    ;) On ne voit pas où ils vont chercher tout ça!

Heureux qui comme Ulysse...

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