Etape 59: Visite des temples d'Angkor et promenade le long du Mékong (par Julie)

Nous arrivons dans la ville de Seam Riep en bus. Nos vélos ont bien passé l’épreuve de la cale. Ouf ! Nous les remontons sous un soleil de plomb, dans la poussière rouge et derrière les pots d’échappement. Les enfants attendent patiemment pendant que nous nous activons. Dès que nous arrivons dans le centre-ville, nous voyons des hôtels défiler tout au long des rues. On s’arrête devant une petite guest house où on aperçoit une piscine. Ce sera parfait pour se rafraîchir après nos petites virées sur le site archéologique des temples d’Angkor ! On entend parler français dans tous les coins. Nous faisons la connaissance d’Alice et de Rémy, une Parisienne et un Bruxellois, et également d’une petite famille avec qui nous passerons plusieurs bonnes soirées, en voyage pour un an : Cyril, Véro, Fanette (12 ans) et Elliott (7 ans).

Dès le lendemain matin de notre arrivée, nous pédalons jusqu’au site, 5 kilomètres à l’extérieur de la ville. Sur la route, nous passons devant un hôpital pour enfants avec une grosse pancarte rouge « épidemie de dengue ». Nous pédalons assez vite pour qu’aucun moustique n’ait le temps de nous piquer ! Nous arrivons ensuite sur le site archéologique.

Sur 3000 km² se trouvent un palais royal et plus d’une centaine de temples en pierre, construits entre le 9è et le 16è siècle. Il s’agissait de temples hindouistes à la gloire de Vishnou et Shiva. La civilisation Khmer était alors très puissante et couvrait tous les pays de l’Asie du Sud-Est actuels. Les rois voulaient rapprocher leur pouvoir de la religion et ils bâtissaient des cités autour des temples (selon les recherches, 500 000 personnes pouvaient vivre ici). Pour cela, ils avaient développé des techniques de récupération d’eau et d’irrigation très impressionnantes. En effet, dans cette partie du monde, il faut s’organiser avec une saison des pluies de 7 mois et une période de sécheresse de 5 mois. D’ailleurs, cette ancienne cité se trouve à proximité du plus grand lac du pays, le Tonlé Sap. Il est une formidable réserve d’eau et sa superficie varie de 300 km² en saison sèche à 10 000 km² à la fin de la saison des pluies. Le courant du Tonlé Sap  change même de sens selon la saison ! Les eaux s’écoulent vers le lac en saison des pluies, puis le courant s’inverse et le lac « se vide ».

Le déclin de cette civilisation reste mystérieux, mais les hypothèses retenues sont une catastrophe environnementale et la montée en puissance de la civilisation Siam (actuelle Thaïlande).

Les temples sont difficiles d’accès et souvent entourés de douves. Il y a une explication religieuse : les sommets des temples représentent le centre mythique de l’univers et les douves l’océan cosmique. Cela n’engage que nous, mais nous avons vu également un aspect défensif : en plus des douves et des escaliers escarpés, des murs d’enceintes se succèdent, avec des galeries ayant des petites ouvertures, où nous imaginons parfaitement défiler des gardes. Et certaines gravures représentent des hommes avec des grandes épées…

Nous commençons la visite par le temple le plus connu : Angkor Vat. C’est celui qui se trouve sur le drapeau national. C’est le plus grand et le mieux conservé. Pour y accéder, nous devons faire le tour des douves de 200 mètres de large, et nous entrons dans le temple grâce à un pont gardé par deux serpents à 9 têtes, et dallé avec de très grosses pierres. Nous arrivons dans un premier niveau de galeries. Il reste quelques statues assez abîmées, des bas-reliefs sur les murs, avec des restes de teintes rouges. Beaucoup représentent des danseuses. Puis nous traversons un grand jardin avec des bassins et nous arrivons dans une deuxième galerie. On peut admirer des bas-reliefs très bien conservés qui racontent l’histoire de Vishnou. C’est une véritable bande dessinée taillée dans la pierre, longue de 400 mètres, avec des scènes de combats, des scènes religieuses et des scènes du quotidien. A différents endroits, on trouve des petits recoins où brûlent des bâtons d’encens devant des statues représentant Bouddha, une écharpe orange sur le torse. Enfin, nous entrons au cœur du temple, où 5 tours majestueuses se dressent.

 

Puis nous enfourchons nos vélos pour continuer notre promenade. Nous passons par d’autres ponts, des portes sculptées, nous empruntons parfois des chemins délaissés par les autres touristes. Sur certains temples,  la végétation reprend ses droits, et les racines des fromagers se mêlent aux pierres. Certains sont en bon état, d’autres ont de grandes parties démolies ou en cours de restauration.

Les jours suivants, nous longeons le Mékong pendant 150 kilomètres. Il y a beaucoup de cultures : des bananiers, des champs de petite taille mais avec des plants variés, et bien sûr toujours des rizières. Nous passons dans des villages paisibles, mais où nous savons que la vie est dure. Pourtant, les gens sont toujours souriants. Parfois, ils éclatent de rire en nous voyant passer ; parfois, ils montrent les enfants du doigt en ouvrant de grands yeux. Et toujours ces voix enfantines qui nous saluent « Hello ! Hello ! Hello ! » jusqu’à ce que nous soyons trop loin… Le jeu est toujours de repérer l’enfant qui crie pour nous dire bonjour (pas évident quand il est dans l’ombre, sous sa maison sur pilotis, ou derrière la végétation). Un autre plaisir est de croiser les écoliers dans leur uniforme sur leur vélo trop grand. Ils nous offrent de magnifiques sourires et des coucous timides… Nous traversons des villages musulmans, et voyons beaucoup de mosquées. Certaines très grandes, certaines petites, et plusieurs en train d’être construites.

Par contre, nos intestins ne suivent plus trop la route, notamment celui de Zoé, que nous aimerions bien voir se rétablir… Il faut dire que l’hygiène n’est pas au top : cantine avec cuisine les pieds dans la terre battue, produits du marché à même le sol jonché de déchets, morceaux de viande qui attendent le chaland sur les étals… Dans les parties rurales, il n’y a quasiment pas de frigo mais de grandes glacières remplies avec des blocs de glace. Ils sont livrés en charrettes et découpé à la scie devant le stand. Nous préférons voir les glaçons dans les glacières et pas dans nos verres… Il y a souvent du pain sur les marché et beaucoup de fruits (chers par rapport au niveau de vie des gens) : bananes, pastèques, noix de coco, fruits du dragon, mandarines, fruits du lotus, mangues…

Nous arrivons à Kratie en 3 jours. Pendant une promenade le long du Mékong, nous scrutons le fleuve dans l’espoir d’apercevoir un dauphin d’eau douce. Une dame cambodgienne, tenant sa petite fille par la main, s’approche alors de nous en nous demandant « Parlez-vous français ? », puis elle nous invite à venir boire le café chez elle et son mari qui est Français. Chouette, c’est une occasion qui ne se présente pas souvent. Didier vêtu comme un vrai Khmer (un tissu rouge et blanc  porté en pagne jusqu’aux genoux), nous accueille. C’est un ancien brocanteur Parisien qui vit ici depuis 4 ans avec sa femme et leur petite fille. Ils se sont construit une jolie maison en bois sur les bords du fleuve. Il vit au cœur d’un quartier populaire et semble intégré à la population. Il dit n’avoir jamais ressenti de rejet de la part des gens, mais maintenant, ils viennent le voir lorsqu’ils ont besoin d’une aide précise, notamment pour la santé. Il nous explique que les médecins au Cambodge sont, pour faire vite, incompétents et voleurs. Ils n’ont pas d’honoraires et se payent en vendant eux-mêmes les médicaments. Ils n’auscultent pas et ne posent de questions sur les antécédents. Difficile alors de prescrire le bon traitement. Une fois, une vieille dame a montré les remèdes que lui avait vendus son médecin : il y en avait pour 400 dollars de vitamines pour 3 mois ! Et à renouveler en plus. Seule une boite était un vrai médicament ! Didier, avec son désinfectant et quelques antibiotiques est plus efficace que les généralistes du coin. En ce qui concerne la santé, nous avons pu voir un hôpital. Nous ne sommes pas allés le visiter, non, non. Nous l’avons vu car c’était deux pièces qui étaient grandes ouvertes sur la rue. Les lits des malades étaient presque sur le trottoir ! Les personnes dans les lits, sous perfusion, n’avaient pas l’air bien du tout… Dans ces cas-là, nous mesurons, même si nous le savons tous les jours, la chance que nous avons d’être nés du bon côté de la planète !

Pour la scolarité de ses petits voisins, il leur a acheté les uniformes pour l’école (8 dollars chaque) car sinon, ce n’était pas assuré qu’ils y aillent (il pense qu’ils seraient autorisés à y aller, mais que ce serait très mal vu). En les inscrivant, il s’est rendu compte qu’ils n’étaient pas déclarés à l’état civil. Il a dû en déclarer un avec sa mère, et l’autre avec sa tante. Et là, surprise, il faut payer 10 dollars pour chaque enfant déclaré ! On se demande, avec de telles sommes à payer, le pourcentage d’enfants déclarés, et comment savoir le nombre d’habitants dans le pays !

Nous allons maintenant découvrir un petit bout du pays voisin : le Laos.

Bonnes fêtes de fin d’année !

 

A bientôt…

Écrire commentaire

Commentaires : 2
  • #1

    Martine Garnier (mardi, 29 décembre 2015 22:27)

    Bonjour les Jujugazou,
    Je vous souhaite un bon début d'année 2016,
    et bon courage pour ces mois encore à découvrir ces pays.
    Bises Martine

  • #2

    Pascale Bonnet (jeudi, 07 janvier 2016 20:08)

    Meilleurs voeux de joie et de santé pour la nouvelle année. J'espère que la petite Chloé va mieux. Les enfants ont bien changé durant ces quelques mois. Bonne année à vous tous.
    Bises Pascale

Heureux qui comme Ulysse...

Dernières news

  Suivez-nous sur Facebook...

       avec "Juju Gazou"

Sites amis