Etape 60: Les Jujugazou fêtent Noël au milieu des 4000 îles (Julie)

Nous sommes arrivés par le Sud du Laos et nous ne pourrons pas visiter le Nord de ce pays car les distances sont beaucoup trop grandes. Le passage de la frontière est  un peu crispant. Nous décidons d’accepter le racket organisé des douaniers (côté Cambodge en sortant et côté Laos en entrant) car nous n’avons pas le temps d’attendre 3 ou 4 heures, le temps de les faire flancher (certains voyageurs le font) car nous avons encore 20 kilomètres à faire avant d’arriver au premier hôtel.

La route traverse des rizières. Mais ici, plus de vert tendre comme au Cambodge. Les champs sont moissonnés. Le Mékong n’est qu’à quelques kilomètres, mais les herbes sont toutes jaunes, toutes sèches. Quelques buffles paissent dans ces rizières. Il y a aussi beaucoup de vaches qui se promènent sur les routes, sans berger. D’ailleurs, ici, les jardins et les potagers sont clôturés pour que les vaches en liberté ne viennent pas tout dévorer ! Les maisons, qui bordent la route, sont toujours en bois et sur pilotis. Devant les habitations, il y a encore beaucoup d’enfants qui nous font des grands coucous, mais aussi tout un tas d'animaux: des poules et des poussins, des coqs de combat sous leur cloche en osier, des chèvres et des cochons noirs.

Pour nos vacances de Noël, nous avons choisi un endroit très calme, bien que très touristique, appelé « les 4 000 îles ». Ici, le Mékong fait 14 km de large. Il y a 2 îles principales, où on ne peut pas circuler en voiture. Pour y accéder, on monte tout le chargement dans une pirogue, vélos, bagages, homme, femme et enfants. La ligne de flottaison est à ras de l’eau, et les enfants ont un peu peur de chavirer ! Nous sommes déposés sur une petite plage de sable sur la première île, Don Det, la plus au Nord. Puis nous roulons sur un petit chemin en terre parsemé de ponts en planches de bois, qui en fait le tour.

Nous trouvons un hôtel un peu à l’écart de la route, voisin d’une piscine. Nous avons un petit bungalow le long du fleuve. Nous sommes très bien, mais la gestion du lieu nous laisse rêveurs… Le deuxième jour, par exemple, le patron vient nous voir pour nous prévenir que le soir, il y aura beaucoup de monde à leur restaurant et que lui doit partir au village avec son « staff » (comment utiliser un mot professionnel pour dire qu’il va boire des bières avec ses potes…) Sa femme sera seule pour assurer le service de restaurant, donc on risque d’attendre longtemps... Bon, d’accord, pas de problème. En fait, quand on sort pour aller à un autre resto, il n’y a personne : ni clients, ni patronne.

Le lendemain, la dame est seule pour faire notre petit déjeuner. Nous attendons 1 heure et 30 minutes pour être servis. La pauvre, pour s’excuser, essaie de nous expliquer que « papa » a trop bu hier soir et qu’il dort. Oui, t’en fait pas, va, on avait compris…

Le soir, à nouveau personne à l’heure du dîner. Cette fois, nous n’avons pas été prévenus… Nous irons de nouveau chercher un autre restaurant. Ça ne manque pas trop ici. Nous traversons le pont en pierre qui a été construit par les Français lorsqu’ils occupaient le pays, et qui mène à la deuxième île, Don Khon. Nous n’oublions pas notre lampe torche, car ici, il n’y a pas de lumière dans les rues. A 18 heures, il fait nuit et il ne faut pas trop traîner pour aller dîner (surtout dans les campagnes), car sinon, tout est fermé et tu peux aller te coucher le ventre vide !

Nous avons passé des journées tranquilles où les enfants ont fait des petits ploufs et ont joué avec les cadeaux que le Père Noël leur a apportés (il est fou ce Père Noël, comment on va mettre ça dans nos sacoches de vélos ? Au-dessus de la guitare ?)

Une après-midi, nous sommes allés voir des dauphins d’eau douce depuis l’île de  Don Khon. Nous avons fait une jolie promenade sur le Mékong, au milieu des arbres couchés par le courant, et nous avons réussi à apercevoir ces mammifères très timides. Il faut observer très attentivement  car ils prennent une brève respiration. On voit juste le haut de leur dos et leur nageoire dorsale. Parfois, on peut apercevoir leur bec un peu « carré ».

 

Nous avons aussi vu une course de bateaux, où une vingtaine de rameurs, dans une immense pirogue, scandent une chanson et rament en rythme.

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