Etape 68 : Dans le haut de la botte.

Depuis 4 semaines, nous arpentons l’Italie. Nous avons traversé l’Adriatique depuis Split (en Croatie) pour arriver à Ancône. Après une petite nuit due aux agitations hormonales de 100 à 200 adolescents sans surveillance, nous sommes heureux de retrouver des pistes cyclables tranquilles, plates… mais sous la pluie. Heureusement, celle-ci ne fait que nous accueillir, nous avons presque tout le temps eu le grand soleil et des températures clémentes, ce qui nous a permis de nous remettre sérieusement au camping. Nous remontons la côte est en papillonnant, on a le temps. Nous sommes épatés par le patrimoine de ce pays. Chaque petit bourg est grandiose et généralement très bien conservé. Les bords de mer par contre sont pas mal bétonnés. Les bars et les parcs de jeux pour enfants s’enchaînent le long d’interminables plages de sable. Passée Ravenne, une grosse cité industrielle vers le delta du Pô, nous pénétrons sur le territoire de l’ancienne république de Venise. Partout, le lion ailé marque son territoire. C’est le symbole de cette puissante république qui a duré 1000 ans jusqu’à ce que Napoléon arrive au début du 19ème siècle. Pour les amoureux de la belle pierre et de la brique parfaitement empilée, il faut absolument faire un détour par cette région (Comacchio, Chioggia…)!  Nous sommes étonnés de voir sur les murs qu’il existe un mouvement pour l’indépendance de la Vénétie. On ressent une forte identité régionale ici. Les gens parlent un dialecte local (assez proche de l’espagnol), ils ne peuvent pas se comprendre avec certains de leurs concitoyens du sud.

 

Le  réseau « warmshowers » fonctionne très bien et beaucoup d’italiens nous ont ouvert leur porte. La famille est très importante, nous avons partagé plusieurs repas intergénérationnels. Chaque fois que nous échangeons sur nos cultures (la politique, l’éducation, les relations entre les gens…), nous finissons par « c’est pareil en France ». Les Italiens sont vraiment nos proches cousins !

Nous sommes contents d’avoir pu visiter Venise avant qu’elle ne soit engloutie par les eaux. Malgré le hors saison, les ruelles sont remplies de touristes, mais la ville est tellement exceptionnelle qu’elle mérite bien le détour. Les gondoliers entassent les amoureux sous le pont des soupirs.

Ensuite, nous avons filé à Vérone en passant par Padoue et par une série de petits villages fortifiés (la route du sel). Nous y avons retrouvé des amies, on commence à sentir le retour s’approcher. Les antipasti, les pizzas, le chianti, le spritz… Nous renflouons tranquillement nos bas-flancs. Nous passons par le lac de Garde où nous sommes à 6 dans un appartement chez Andrea. Encore une belle leçon de générosité de cet ambulancier volontaire à la croix rouge (l’organisation internationale est née dans cette région après la bataille de Solferino). Nous tacherons d’en prendre de la graine à notre retour !

Sur le chemin de Crémone, nous croisons un cyclotouriste de 93 ans qui nous offre le pique-nique et le café.

Ensuite, nous remontons tranquillement le cours du Pô. Nous roulons souvent sur l’eurovélo 7 qui le longe en haut d’une digue impressionnante. Partout autour de nous, la plaine à perte de vue. Nous avançons de clocher en clocher au travers des grands champs de céréales.

Nous traversons ensuite les Apennins au niveau de Gênes. Arrivés au bord de la Méditerranée, alors que nous venons de dire au revoir à nos amis, nous sommes rejoints par d’autres amis : la famille Jouan. Ils ont eux aussi fait un grand voyage à vélo avec leurs enfants, nous avions voyagé ensemble  en Amérique du Sud. La côte est très agréable, une ancienne voie ferrée a été reconvertie en piste cyclable. Cette dernière semaine hors de France a filé bien trop vite.

Dans le dernier village avant la frontière, nous voyons des dizaines de migrants entassés sur la plage en train d’attendre. A côté, de jolis abris ont été construits pour que les cygnes puissent pondre sereinement.

Nous sentons au passage de la frontière que bien des choses ont changé en France ces 2 dernières années. Nous devons passer entre des hommes armés.

La joie de retrouver notre pays est immense ! Nous sommes bien heureux du mois à venir et de la douce remontée jusqu’à Auxerre.

 

A bientôt.

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