sam.

21

févr.

2015

Etape 31 : Lac Titicaca et Copacabana (par Julien)

Julien, un instit de La Paz au lycée français, nous a gentiment remonté les vélos jusqu'à El Alto avec son 4x4. Merci à lui, parce que la route pour sortir de la ville est bien raide et un peu dangereuse. Une fois revenus sur l'Altiplano, nous remontons en selle et prenons la direction de Huarina au bord du lac Titicaca, à environ 60 km. Le carnaval n'est toujours pas fini (il dure une semaine entière !). Beaucoup de voitures et de maisons sont décorées. Chaque fois qu'on entend un moteur, nous sommes sur nos gardes, car régulièrement, un affreux gamin armé d'un pistolet à eau nous arrose ou nous "emmousse" par la fenêtre en nous doublant. Cette première journée est assez facile. La route est plate. Par contre, le temps est couvert et il fait très froid. Nous ne pouvons pas voir la Cordillière blanche qu'on nous avait décrite si belle, et notre balade est assez monotone. En arrivant à Huarani, c'est la fête ! Tout le monde est déguisé et aussi complètement "bouracho" ! Egalité homme, femme! On n'a pas trop envie de dormir ici et on choisit de rouler encore un peu. Il y a plein d'endroits pour poser la tente mais les enfants sont congelés et nous avons peur que notre équipement inadapté ne soit pas suffisant pour avoir assez chaud la nuit. On finit donc dans le seul hôtel qu'on trouve, un 25 étoiles avec piscine chauffée et jaccuzi. A travers la baie vitrée géante, le lac Titicaca. Finalement, l'eau est moyennement chauffée, on se mouille les fesses pour la forme et on rentre en courant dans notre chambre en claquant des dents. Après une bonne nuit réparatrice et un super petit déj, nous attaquons notre deuxième journée de vélo. Il y a un peu plus de relief mais il fait beau et la vue sur le lac nous fait pédaler sans y penser. A 15 heures, nous arrivons à Tiquina. Nous prenons une barque géante avec un camion et un 4x4 pour traverser un bout du lac et prendre la direction de Copacabana. Sur l'autre rive, nous trouvons un petit "alojamiento" 11 fois moins cher que l'hôtel de la veille! On en a pour notre argent, nous dormons dans une sorte de grange, sans salle de bain ni toilette (ici, tout le monde va au "Bano Publico"). Pour isoler du froid (car il y a des carreaux cassés...), nous avons un gros sac rempli de paille qui s'encastre dans la fenêtres. Une fois dans le lit, impossible d'en sortir ! Nous sommes piégés par sa forme en coquille d'oeuf. Au réveil, je suis touché à 2 endroits : mon dos est bloqué et en plus, j'ai un ongle incarné! N'ayant pas du tout envie de me le faire "désincarné" dans un "centro de salud" local, je prends mon mal en patience et je roule. Cette journée fut la plus difficile de notre virée Titicaca. 40 km avec 2 cols qui chatouillent derrière les genoux. La récompense, c'est la vue. A un moment, on aperçoit le lac des 2 côtés, toujours les cordillières enneigés à l'horizon, encore un paysage magique ! L'étape finit par une grande descente de 15 km, nous plongeons sur Copacabana, destination balnéaire pour ce grand pays sans accès à la mer, malgré une eau très froide (le lac est à 3800 m d'altitude). Une superbe cathédrale blanche à l'architecture andalouse surplombe les toits de tôle. A côté du port, deux grandes montagnes se dressent. Un chemin de croix permet d'accéder à leur sommet. Nous passons 3 jours ici. Au programme : jeux sur la plage, visite de la ville et randonnée. C'est le point de départ pour aller visiter l'Isla del Sol, une petite île à quelques kilomètres du port de Copacabana, qui est le berceau de 3 civilisations (successivement Tiwanaku, Aymara et Inca). L'endroit est magnifique, tous les flans de montagne ont été aménagés en terrasse et ici, sont encore cultivés. Quand on imagine le travail que cela représente, on ne peut être qu'impressionné ! Nous suivons un petit sentier dans un paysage qui est un mélange d'île méditerranéenne et de lac alpin, jusqu'à un site de ruines incas. Un gros rocher (sacré) en forme de puma est à l'origine du nom Titicaca. A côté, on peut pique-niquer sur une table de sacrifices. Gabin et Zoé s'inventent des aventures dans la cité de pierre labyrinthique. Pour stimuler leur imagination, on leur a fait avaler l'intégral des Cités d'or avant d'arriver en Bolivie! Un peu plus loin, une petite île en forme de cône au pied de laquelle, parait-il, on aurait trouvé une cité immergée. L'Atlantide ? Le commandant Cousteau et son bonnet sont venus faire des recherches, ils ont trouvé des céramiques mais pas de trace de la cité perdue.
Nous passons notre dernière journée dans ce pays surprenant de la femme au chapeau melon à préparer notre départ jusqu'à Cusco et à faire des bains de pied pour tuer mon gros orteil qui tente de se réincarner en saucisse de Morteau. Demain, on attaque notre dernier mois en Amérique du Sud, direction le Pérou.

Hasta Luego !

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ven.

20

févr.

2015

Etape 30: La Paz (par Julie)

Nous passons 2 jours à Uyuni avec nos compagnons en revenant de notre excursion en 4x4. Ensuite, nous prévoyons de rejoindre la ville de Potosi, fameuse pour ses mines d'argent, puis Sucre. Nous savons que le chemin va être un peu difficile, mais la veille, nous lisons un blog de cyclotouristes et nous nous rendons compte que cela va être très difficile. Ils ont même mis un graphique avec les altitudes qui, il faut bien le dire, me scie les jambes ! La nuit porte conseil et je me réveille en me disant que je ne me sens pas capable de le faire, et que l'on va prendre un bus. Mais pendant le petit déjeuner, mes compagnons me motivent, et on se lance tous.


Mais mon moral ne suit pas, et après la première petite côte (et avant la première grosse), je suis essoufflée et je demande à Julien de faire demi-tour. Après un pique-nique pluvieux sur le pouce, nous disons au revoir à nos amis Jouan, qui continuent courageusement leur aventure (bravo !) et redescendons vers la ville sous les grêlons! Nous arrivons trempés et transis de froid, et les enfants mettront une bonne heure à se réchauffer sous la couette, devant un petit dessin animé... Nous pensons avec émotion à Oliv, Solenn, Ewen et Méline qui doivent être gelés aussi, mais sur leurs vélos et qui devrons se réchauffer dans leurs duvets sous leurs tentes !


Pour ne pas mettre nos vélos 3 fois dans un bus, nous décidons d'en prendre un et d'aller directement à La Paz , où nous attend Caroline, une amie d'amis. Nous verrons sur place, une fois nos vélos rangés, si nous revenons à Potosi en bus. Mais pendant le trajet, nous nous rendons compte qu'il y a au moins 10 heures à refaire en sens inverse; nous abandonnons donc l'idée... Il faudra que l'on revienne en Bolivie un jour !


Nous arrivons à La Paz après une nuit de bus, lundi 2 février. Nous découvrons Caro, qui est super sympa, et qui nous offrira sa bonne humeur et son sourire pendant tout notre séjour dans sa ville. Elle nous propose (l'inconsciente!) de rester jusqu'au week-end suivant (le 14 février) pour participer au Carnaval de La Paz. Tope-la !


Nous passons donc 2 petites semaines dans cette ville, qui est la capitale économique mais pas la capitale administrative (qui est Sucre). Nous visitons la ville et prenons notre temps, cela fait du bien à tout le monde ; les enfants font de belles siestes, ils jouent avec les marionnettes de Caroline, on va lire des livres à la bibliothèque de l'Alliance française, on fait des crêpes, … on peut même cuisiner un gâteau (au chocolat, s'il-vous-plait !) pour mon anniversaire!

Le midi, nous mangeons des "almuerzos" (des menus) à environ 15 bolivianos (= 2 euros), ce qui parait fou car dès que l'on fait la moindre course pour acheter un paquet de nouilles, des tomates, du pain, 1 litre de lait, on en a tout de suite pour 40 bolivianos! Dans ce menu, il y a une soupe, toujours très bonne, avec soit des nouilles, soit des pommes de terre (parfois de la quinoa, qui est cultivée ici mais qui est plus chère), un plat avec un peu de viande, et du riz et des frites, plus un fruit ou une petite compote...


Julien fait la « route de la mort », qui doit son surnom à un grand nombre d'accidents mortels lorsqu' elle était passante car elle est étroite et à flanc de falaise, mais maintenant, une autre route a été construite et celle-ci n'est presque plus utilisée. Les agences se sont multipliées pour faire vibrer les touristes et leur faire miroiter des sensations fortes sur des 2 roues. Julien veut surtout la descendre pour les paysages magnifiques, qui changent au cours de la journée. En effet, cette route part de 4800 mètres avec de la neige et finit à 1200 dans la chaleur de la jungle des Yungas. Un sacré changement de climat en quelques heures !


Nous flânons dans les rues en levant toujours les yeux sur les quartiers hauts de cette ville, construite dans une cuvette. Les quartiers chics se trouvent tout en bas, où les gens bénéficient de quelques degrés supplémentaires ! En montant, jusqu'à 800 mètres plus haut, on trouve des quartiers plus pauvres. Mais la ville (et le pays d'ailleurs lorsque l'on voit toutes les routes neuves) nous paraît en plein développement. Ici, notamment, se trouvent 3 lignes de téléphérique neuves et 6 autres sont en projet. Les habitants semblent très contents de cela (même les chauffeurs de taxi) car cette ville à la géographie si particulière, est sans arrêt embouteillée. D'une manière générale, les Boliviens que nous rencontrons semblent satisfaits de leur président (Evo Morales), qui a été réélu en janvier 2015 pour un troisième mandat.


Nous prenons justement un des 3 téléphériques pour aller à El Alto, la ville la plus haute du monde, située sur les hauteurs de La Paz, pour aller regarder un spectacle de catch, où on peut voir des femmes habillées de manière traditionnelle (les cholitas) se battre contre des hommes, avec un burlesque certain.

Nous passons au-dessus du cimetière, impressionnant par sa taille, où nous voyons des "immeubles" de caveaux. Nous apprenons en lisant notre guide qu'ici, comme dans la plupart des pays d'Amérique latine, les corps sont enterrés, puis exhumés et incinérés 10 ans plus tard. Les cendres sont alors déposées dans ces petites cavités, achetées ou louées par les familles.


Nous nous promenons sur la Plaza Murillo où se trouve le Parlement et le palais présidentiel, dans la rue des sorcières où se trouvent quelques boutiques avec des herbes aux vertus en tout genre et surtout des souvenirs pour les touristes, nous admirons l'église San Francisco, nous visitons le très chouette musée des instruments de musique (où l'on peut essayer des instruments), tenu par un célèbre musicien bolivien, joueur de charango.

Vendredi 13 février, nous assistons à un défilé d'une école pour le Carnaval. (Zoé participe malgré elle car elle se fait « emmousser », cela ne la fait pas beaucoup rire ! Gabin, lui, s'est caché derrière son grand papa...) Ici, le Carnaval est une grande fête, le lundi et le mardi sont fériés. Les élèves ont terminé leurs grandes vacances le lundi d'avant, et après une semaine de travail, ils ont un week-end de 4 jours.

Dès la sortie de classe des collèges et lycées, on sent l'ambiance monter : les ados commencent à se lancer de l'eau et de la mousse dans des batailles géantes. Un chauffeur de taxi nous rassure et nous dit que le samedi est le jour des enfants, et que les ados n' « attaquent » pas les petits... On verra demain !


Le lendemain, nous nous préparons pour participer à notre tour au fameux Carnaval. (Nous avons prévenu les enfants que nous allions peut-être nous faire un peu arroser...) En arrivant sur les lieux, nous voyons plein d'enfants tout mimis avec des bombes de mousse, alors nous décidons d'en acheter une pour nous défendre ! Mais dès que nous sommes armés, nous devenons une cible prioritaire ! Il faut changer de tactique et acheter et enfiler en vitesse au coin d'une rue des imperméables-sacs poubelles ! Plus nous montons dans la rue, plus l'ambiance est agitée et plus les enfants sont grands ! C'est maintenant carrément la guerre de mousse et d'eau ! Julien est aux anges et va même se prendre un bain de mousse en allant attaquer un groupe d'ados ! Mais les enfants rigolent beaucoup moins... Nous nous replions donc dans une rue plus calme pour manger un sandwich à la saucisse. Puis nous rentrons chez Caro par des rues plus calmes, en évitant le plus possible les coups de fusils à eau... Matinée très rigolote pour nous adultes, contents d'avoir vu ça, même si nous n'avons pas vu de défilé de fanfares et danseurs. Gabin-Spiderman et Zoé la princesse, eux, sont plus tempérés (mais contents tout de même)...


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sam.

31

janv.

2015

Etape 29 : Premiers pas en Bolivie et Excursion dans le Sud Lipez (par Julien)

Au passage aux douanes pour entrer en Bolivie, nous observons le ballet de pousseurs de charrettes, des dizaines de personnes font des allers retours entre les 2 pays. Ils partent en Bolivie remplis et reviennent à vide. Ca fait un peu penser à Intervilles sans la vachette.
Là, nous faisons une nouvelle rencontre paranormale. Marie et Sébastien, un couple de Parisiens, sont eux aussi en train de faire une grande balade dans le monde sur le dos d'un Pino (c'est le nom de notre tandem étrange). Ils rejoignent les rangs de notre grande équipe avec leur bonne humeur. Nous formons maintenant un peloton de 10 aventuriers.
On franchit un pont pour passer en Bolivie. On pensait ne pas trop être dépaysé car depuis 200 km, on avait déjà l'impression d'avoir changé de pays, mais pourtant, l'ambiance est tout de suite différente. Les femmes avec leur grand châle, leur chapeau melon et leur jupe à la forme si particulière, les enfants qui mendient... Une impression de plus grande pauvreté se dégage de Villazon par rapport à La Quiaca, juste de l'autre côté du pont. Après une nuit dans un hôtel tenu par un senor de 92 ans, nous partons en direction de Tupiza. C'était la journée de tous les records. 93 km parcourus et une pointe à 65 km/h. A 15 km de l'arrivée, Julie ne trouve plus la force d'avancer. Elle craque, elle se dépasse et finalement nous arrivons à rejoindre Tupiza avant 19 h. Le soir, je vais chercher des pizzas à 3 quadras de notre auberge. Un énorme orage éclate et les rues se transforment en rivières. L'eau dépasse les hauts trottoirs, par endroit il y a plus de 20 cm d'eau avec beaucoup de courant. Sur la dernière traversée, je tombe, je perds une tong (que je retrouverai miraculeusement dans un parterre de fleurs le lendemain 100 mètres plus bas), la bouteille de vin m'échappe et finit dans le mur de la maison d'en face mais je sauve les pizzas.
Nous passons la journée suivante à chercher une agence pour faire une excursion de 4 jours dans le Sud Lipez, une région réputée comme une des plus belles du monde. Ici, nous croisons énormément de Français de tous les âges. Nous finissons par trouver une agence et une façon d'expédier nos vélos jusqu'à Uyuni, 200km plus au Nord.
Le lendemain, départ à 7 heures du matin. Ici c'est l'été (mais comme on oscille entre 3000 et 5000m il fait froid quand même et c'est aussi la saison des pluies). Les prévisions nous annonçaient de la pluie pendant 4 jours, nous n'en verrons pas une goutte.
Nous chargeons les 4x4 et nous partons dans un monde surnaturel guidés par Edwin, Ismael et Celia (la cuisinière). Pendant toute l'excursion, on en prend plein les yeux. Nous n'avons eu aucun problème avec l'altitude bien que nous soyons montés à 5000 m. Il faut dire que quand on voyage au rythme du vélo, on a le temps de s'acclimater.
Les sols ici regorgent de richesses (de l'or, de l'argent, du cuivre, de l'arsenic...) Tous ces minéraux donnent des couleurs surprenantes aux montagnes et aux lagunes. Nous avons visité également une ancienne cité Inca. Nous croisons souvent des autruches, des vigognes et des lamas avec des petits chouchous roses sur les oreilles. Sur les lagunes (verte, turquoise, rouge, noire...) nous observons des milliers de flamands roses. Nous nous sommes approchés tout près de geysers. On entend l'énorme souffle de la Terre et on regarde la lave bouillir tranquillement. Nous nous sommes baignés dans une source d'eau chaude (35 degrés) au bord d'un grand lac, les gamins ont adoré. Et le clou du spectacle, le salar d'Uyuni. Un grand désert de sel, plat et blanc. Notre oeil n'arrive pas à distinguer le sol du ciel. Lever de soleil magnifique, magique, incroyable... Gabin et Zoé, debout depuis 5 heures du matin sont eux aussi émerveillés par le spectacle. On visite ensuite l'île des pescadores et ses cactus géants. Après une séance photo rigolote où on se joue de la perspective, nous voyons comment est exploité le sel dans le salar (en gros avec une pelle on remplit des camions qui le transporte dans une autre ville pour le laver et le commercialiser). Enfin, nous visitons un cimetière de train et nous rejoignons la triste et touristique ville de Uyuni. Nous récupérons nos vélos à la gare en bonne santé. Nous galérons un peu à trouver un hôtel sympa et bon marché. Ici la ville est remplie de voyageurs étrangers et les prix sont un peu élevés.
Nous sommes dans l'incertitude quand à la suite du programme. Nous avons envie de traverser le salar à vélo mais c'est fortement déconseillé en saison des pluies car en cas de mauvais temps, il est impossible de se repérer. Nous allons donc probablement rejoindre Potosi à 200 km au Nord Est pour visiter les mines et pousser ensuite jusqu'à la capitale Sucre avant de rejoindre La Paz.

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