mer.

24

févr.

2016

Etape 64: J'ai épousé Rambo ! par Julien

Les jours s’enchainent et se ressemblent au pays de l’Attaque de la moussaka géante. Après une sortie d’Athènes pas trop désagréable, nous avons rejoint la côte et nous suivons notre petite route de corniche. On monte de 100 m, on redescend et on recommence. La mer Egée sur notre gauche et les petites îles compensent largement les efforts ! Puis nous sommes arrivés au canal de Corinthe, un projet commencé il y a plus de 2000 ans et finalement achevé il y a un peu plus de 100 ans. Ils ont fendu une montagne en deux sur 6 km de long et 50 mètres de haut afin de permettre aux bateaux d’éviter de contourner le Péloponnèse. Impressionnant ! De là, nous avons remonté le canal et suivi le Golfe de Corinthe.

Nous avons repris notre petite routine cyclopédique avec cette fois-ci la mer sur notre droite et les Balkans enneigés en toile de fond. Dans les villages, les jeunes semblent avoir déserté le pays ! Nous ne voyons que des vieux ! Des vieux au café, des vieux qui jouent avec leur komboloï (un collier de perle), des vieux à la pêche, des vieilles dans leur robe noire, des vieux, des vieux, des vieux…  Où sont les jeunes ?

Dans les campagnes, nous slalomons entre les vergers d’orangers, de citronniers et d’oliviers. De grands filets sont tendus sous les arbres pour récolter les olives. Nous avons la chance d’être accompagnés par un grand soleil jusqu’à Patras. Nous traversons son magnifique pont à haubans, une œuvre d’art contemporaine et une prouesse architecturale de 3 km de long et c’est là que tout a dérapé…

Julie s’est donnée pour mission de donner une culture musicale aux enfants afin qu’ils ne soient pas trop déboussolés culturellement à leur retour ! Résultat, cela fait 250 km que nous roulons avec le Lac du Connemara dans la tête ! Dès qu’on voit un nuage (et il y en a eu pas mal ces jours-ci, avec de la bonne petite pluie !), ça recommence : « Des nuages noirs qui viennent du Nord, colorent la terre, les lacs, les rivières, c’est le décor du CCOOONNNEEEMMMAARRRRAAAA. (J’espère que ça ne s’attrape pas par la lecture mais en tout cas, ça m’a fait du bien de l’écrire).

De paysage de montagne en paysage de côte escarpée, nous avançons très vite car nous sommes impatients de retrouver des vieux amis, qui nous manquent tant, sur l’île de Corfu. Nous découvrons une île magnifique très différente des autres coins que nous avons vus de la Grèce. Ça grouille de vie dans la ville de Corfu ! En se baladant dans les étroites ruelles labyrinthiques, on trouve toujours une nouvelle place avec des terrasses qui nous appellent au farniente. On est rapidement rejoint par Ced qui nous a fait l’honneur de venir accompagné d’un Chablis et d’un beau plateau de fromages. On apprend avec beaucoup de tristesse que nos autres potes ne pourront pas être des nôtres. Cet ascenseur émotionnel nous fait prendre conscience de ce qui va nous arriver dans une centaine de jours ! Nous essayons de reprendre pied à coup de pitas et d’ouzo.

Ced a loué une petite voiture pour aller visiter l’autre côté de l’île. Du coup, pour rejoindre notre camp de base à une vingtaine de kilomètres, il nous déleste des bagages et des enfants. Avec Julie, on se sent comme des coureurs du tour de France, ainsi allégés ; on envoie ! On envoie tellement que Julie s’est encore fait une petite frayeur. Je roulais devant, dans mes oreilles j’ai entendu :

« Aaaaaaaaaa ! » (cri horrible) « Crrrrrrrrrrrrzzzrrrz » (vélo qui glisse sur le bitume) « Juuuuuuulliieeeennnnn ! » (appel de demoiselle en détresse)

On a eu très peur mais Julie s’en sort juste avec quelques douleurs à l’omoplate, au coude, au genou et à la hanche. Elle est directement remontée en selle, rassurante… héroïque !

Ces quelques jours sont passés bien vite ! Nous avons dit au revoir à Ced, et après avoir longuement hésité entre l’Italie et l’Albanie, nous avons finalement choisi de rester sur l’idée des Balkans.

Nous savons déjà que c’est un bon choix mais ça, c’est une autre histoire…

A bientôt !

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dim.

14

févr.

2016

Etape 63: Arrivée à Athènes (Julie)

Et voilà, nous avons quitté l’Asie, son riz frit et ses soupes de noddles… Nous sommes de retour sur notre continent, très contents de nous approcher de chez nous, mais aussi d’avoir encore 4 mois d’aventures à vivre sur nos vélos…

Une petite escale à Moscou nous permet de tester les atterrissages sur glace, avec applaudissements nourris pour le pilote à la fin des petites glissades. Nous passons la nuit dans une petite chambre pour les mères et enfants (les pères, eux, sont priés de dormir dehors, dans le hall !)

Puis nous atterrissons en Grèce le lendemain, le 27 janvier. L’après-midi est doux, nous découvrons les collines autour d’Athènes et l’ambiance de la ville : orangers, belles boutiques, mais aussi tags et magasins fermés. Dans certains quartiers, la crise est bien visible.

Nous passons devant le Parlement, très beau bâtiment de marbre blanc, où deux soldats effectuent leur garde en tenue traditionnelle grecque et avec une chorégraphie bien particulière. Puis nous allons poser nos bagages pour 4 jours dans un appartement que nous avons loué. Là, les enfants se sentent dans de bonnes conditions pour développer un sacré virus, qui les cloue au lit pendant 3 jours, avec une fièvre qui oscille entre 39 et 40 degrés.

Nous nous promenons dans notre quartier, qui n’a pas l’air d’avoir bonne réputation. Nous voyons beaucoup de migrants. La place est remplie de familles assises sur les bancs, sur les trottoirs. Tous ces gens perdus dans un pays inconnu, cela nous fait un effet très bizarre… Dans certaines rues, il y a des couvertures grises pliées, en tas, qui ont l’air d’attendre leurs occupants du soir. Les Grecs avec qui nous discutons ont l’air ennuyés pour tous ces arrivants, et trouvent qu’ils ne peuvent pas les aider correctement…

Nous devons, un soir, aller à l’hôpital pédiatrique pour faire passer des examens sanguins à Gabin qui est vraiment faible. Nous arrivons dans une salle d’attente bondée, avec 150 personnes avant nous.  Viennent-elles se faire soigner ou peuvent-elles dormir ici au chaud avec leurs enfants ? Pendant que nous attendons, un petit garçon d’environ 5 ans arrive avec deux policiers. Il crie « Turkish, Turkish ! ». Un homme s’avance vers lui et parle avec lui en arabe, puis il se tourne vers les policiers et leur dit « Syrian ». Les policiers repartent alors avec le garçon. Où vont-ils ? Pourquoi l’avaient-ils amené ici ?

Après 20 minutes d’attente et pas de mouvement, nous rentrons chez nous. Nous revenons plus tard, avec nos passeports cette fois, et ils nous permettent (magie) d’entrer tout de suite dans le service. Une fois les portes fermées, nous sommes dans un hôpital normal, avec quatre familles grecques qui attendent avec leur enfant la visite du médecin, mais nous sentons comme un nœud au ventre. Nous assistons tout de même à une scène étrange : une infirmière a une altercation avec des parents, le ton monte, et l’infirmière a les nerfs qui lâchent. Nous essayons d’imaginer la pression à laquelle sont soumis ces personnels hospitaliers, qui ont vu leurs effectifs diminuer depuis le début de la crise, et qui doivent gérer toutes ces arrivées en Europe de gens dans le besoin.

Nous rencontrons aussi le propriétaire de l’appartement qui nous parle de cette crise vécue par les Grecs. Il y a 50% de chômage chez les jeunes. Certains ne veulent pas partir car la famille est très importante et la douceur de vivre dans ce pays est dure à quitter. Mais d’autres s’expatrient quand même pour chercher une meilleure situation. Lui, pour échapper aux taux d’imposition qu’il juge devenus trop importants, a créé sa société aux Pays-Bas.

Bref, la crise économique et la crise humaine des migrants, que nous lisions dans les actualités, nous saute maintenant à la figure…

 

Après 4 jours, Gabin et Zoé retrouvent un peu la santé, et nous pouvons enfin visiter les jolis endroits de la ville (visites sportives pour les adultes car nous devons porter nos enfants tout fatigués). En face des quelques colonnes encore debout du temple de Zeus, nous déambulons dans les ruelles pavées du quartier de la Plaka. L’ambiance méditerranéenne est bien agréable. Vu le nombre de terrasses de cafés et de magasins de souvenirs, il doit y avoir un sacré monde, ici, quand ce n’est pas l’hiver ! Nous marchons jusqu’au quartier Monastiraki, où se trouvent des églises orthodoxes avec les toits ronds et les tuiles méditerranéennes. Sur les places, beaucoup de gens sont assis, sur des bancs, sur des murets, et discutent au soleil. Sur les terrasses des tavernes, nous voyons des groupes d’hommes qui boivent tranquillement leur café (mais pas de femmes).

Nous sommes contents de découvrir la gastronomie grecque. Nous goûtons aux pitas, des sandwiches avec de la viande d’agneau ou de poulet qui rôtit en tournant (et oui, cela ressemble beaucoup aux kebabs, la différence, c’est qu’on peut mettre du tatziki au lieu de la sauce blanche.) Nous retrouvons des olives, des bonnes tomates, du fromage (mmh, la feta…) Quel plaisir !

Le dernier jour, espérant que les enfants auraient un peu plus de forces (encore raté !), nous montons sur la colline où se trouve l’Acropole, avec plusieurs édifices en marbre blanc, datant de plus de 2000 ans. Imposant, le Parthénon, le temple dédié à Athènes, déesse protectrice de la ville, surplombe la ville. Il est en travaux, et une équipe d’archéologues essaient de refaire le puzzle car des morceaux de marbre sont dispersés sur le site (il a en effet subi des pillages et des destructions à chaque vague de conquérants, et a même explosé alors qu’il servait de poudrière). Du haut de l’Acropole, nous avons une vue sur le très beau théâtre de Dionysos, juste en-dessous, ainsi que sur la ville entière et, au loin, le port de Pirée. Malheureusement, la visite est plus courte que prévue, car nous n’avions pas fait attention aux horaires : depuis quelques temps, crise oblige, le site ferme à 15 heures en hiver. Dommage, mais ce que nous avons vu nous a beaucoup plu !

 

 

Enfin en bonne santé, après 8 jours passés dans la capitale, nous nous lançons gaiement sur les routes de la campagne grecque !

A bientôt !

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