lun.

01

févr.

2016

Etape 62: Le tour des Bolavènes à vélo (par Julien)

Nous n’avons pas trouvé grand intérêt à la ville de Paksé, à part sa boulangerie française. La clochette sur la porte, l’odeur de croissant chaud… C’est fou comme nos sens enregistrent des petits instants en les associant à des émotions. Nous avons donc fait une petite entorse à notre budget pour nous offrir chaque matin notre petite madeleine de Proust. Au passage, amis boulangers, vous faites un bien beau métier pour vous expatrier, les Français, peuple de grands voyageurs, sont prêts à échanger un bras contre un bon pain au chocolat quand ils sont loin du pays. 

Nous logions dans un hôtel tenu par Papa, un Laotien francophone de 69 ans au coude bien huilé. Un matin, à 7 heures, je lui propose un café. « Merci mais j’en ai déjà pris un. » me répond-il en remplissant un verre de Lao Lao, le whisky local. A 10h, il nous invite à partager un moment pour fêter la nouvelle année avec ses amis (Nous étions le 2 janvier). Nous sommes autour d’une table avec quelques autres voyageurs français d’un côté et un groupe de Laotiens de l’autre. Nous nous enivrons tranquillement, sans pouvoir vraiment échanger autre chose que des verres de bière, dans une atmosphère conviviale, au son de 2 guitares qui tournent entre les gens. Un peu fatigués, nous repoussons notre départ d’une journée.

Cela nous permet d’attendre Simon et Nina, nos deux nouveaux amis, qui, inspirés par le voyage à vélo, ont investi dans 2 beaux VTT. Nous les aidons à bricoler un porte-bagage avec des bouts de bambou. Ces deux intrépides compagnons se sont lancés dans un grand voyage avec un budget très serré mais les yeux grands ouverts et le cœur sur la main. Ils ont l’habitude de dormir dans les temples bouddhistes. Ils partagent avec nous les vertus de cette philosophie (la générosité, la vie simple, le respect des autres…) et les déceptions, qui ont parfois été les leurs, de ce qu’ils ont observé dans les pagodes.

Le premier soir de notre ascension du plateau des Bolavènes (1000 mètres de dénivelé), accompagnés par Simon et Nina, l’idée de camper dans un temple nous séduit. Nous entrons donc dans une grande pagode et recherchons la plus belle des maisons (pour trouver le « chef » des moines). Celui-ci nous autorise à nous mettre à l’aise. Il y a des déchets un peu partout. Il y a beaucoup de jeunes gamins. On peut devenir moine à partir de 10 ans. Certaines familles qui ne peuvent pas assumer la scolarité de leurs enfants, les placent au temple pour quelques années. Il y a très peu d’adultes et aucune femme. Pendant que nous dressons notre bivouac, ils nous observent en se cachant derrière les sculptures de dragons. Puis, la curiosité gagnant peu à peu sur leur timidité, ils se rapprochent et finissent par regarder partout, dans la tente, sur les vélos… Gabin et Zoé se sentent un peu oppressés par cette présence, ils peinent à accepter que nous soyons les intrus. Un vieux moine vient nous parler en laotien avec un grand sourire. Quand il comprend que je veux me faire à manger, il donne l’ordre à un des jeunes en robe orange de faire un petit feu pour faire bouillir notre eau. Le moment est vraiment sympa. Malheureusement, c’était sans compter sur l’équipe de motards du coin : 4 policiers débarquent comme des cow-boys sur leur scooter à l’intérieur du temple. Ils prennent nos passeports et nous somment de partir, pour notre sécurité. Nous refusons car la nuit est tombée et nous essayons d’argumenter qu’il est sans doute plus dangereux de rouler de nuit que de dormir dans un temple. Ils ne veulent rien savoir ! Au bout de trois quart d’heure de palabres stériles, nous pensons être sauvés par l’arrivée du chef du temple mais au lieu de nous soutenir, il nous demande lui aussi de partir. Soit ! Partons alors ! Je vide la gamelle d’eau bouillante devant le gentil petit gars qui était tout fier de nous avoir aidés, nous démontons la tente, rechargeons toutes nos affaires sur nos vélos, et enfin, demandons aux policiers de nous escorter jusqu’au prochain hôtel. Nous sommes un peu déçus et agacés par cette fin de soirée. Les enfants, eux, ont joué un peu plus tard que d’habitude, c’est déjà ça !

Le lendemain, nous partons explorer une cascade en fin d’après-midi. Nous roulons pendant deux kilomètres dans des chemins de terre rouge cabossés au milieu des plantations de café. La chute d’eau est très sympa. Après 5 heures, il n’y a plus personne. L’eau est glaciale mais ça n’arrête pas Simon et Nina. Nous pouvons passer derrière le rideau d’eau par un petit chemin. Nous dînons sur place et rentrons de nuit sous un magnifique ciel étoilé.

Nous disons au revoir à Simon et Nina et leur souhaitons bonne chance dans leur aventure puis nous rejoignons Tad Lo pour nous reposer 1 ou 2 jours. Nous y étions tellement bien que nous y sommes restés 4 ! Nous avions établi notre camp de base à la Fandee Family, un repaire de voyageurs français attirés par le camembert mis bien en évidence dans la vitrine. Nous faisons encore de belles rencontres. Tad Lo est un village assez touristique mais qui conserve encore beaucoup de charme. Les habitants vaquent à leurs occupations, l’atmosphère est paisible mis à part le crieur de nouvelles avec son haut-parleur tous les jours à 5 heures du matin. On se demande bien ce qu’il peut crier. Faire des balades le long du torrent, aller voir les éléphants prendre le bain, pique-niquer sur une petite île des poissons grillés (merci Loïc), sauter dans la cascade, discuter, lire… On se serait cru en vacances ! Vite, nous remontons sur nos vélos et terminons la boucle par une grande descente de 30 kilomètres sur Paksé.

Nous faisons là encore une belle rencontre sur la route : Nathalie et Louis. Ce couple de Français est arrivé ici à vélo depuis la France. C’est très intéressant d’écouter leurs récits et leurs impressions de leur traversée de la Géorgie, de l’Iran, de l’Ouzbékistan… Nous roulons une journée ensemble et nous repassons en Thaïlande. Nous nous faisons un super bivouac derrière un petit restaurant. La propriétaire nous offre l’accès à la douche et aux toilettes. Super soirée à discuter et jouer de la musique. Nous adorons retrouver l’ambiance décontractée de la Thaïlande. Nous allons dire au revoir au Mékong, puis nous rejoignons la ville d’Ubon Rachathani pour prendre un train à destination de Bangkok.

Nous nous sommes envolés pour Athènes, des souvenirs plein la tête, bien heureux de retrouver l’Europe et d’avoir encore 4 mois de route pour en profiter.

A très bientôt…

1 commentaires

jeu.

14

janv.

2016

Etape 61 : On termine l'an sur un éléphant (Julie)

Après 5 journées d’inactivité, nous étions tous heureux de reprendre la route. (Oui, peut-être que le retour à la vie sédentaire va être un peu difficile au début…) Nous avons visité la réserve naturelle de Phou Asa. 10 kilomètres de piste de terre rouge, en haut d’une colline pour parvenir à un village. Après cet effort, nous avions bien mérité notre promenade à dos d’éléphant. Nous sommes tout de même au pays du million d’éléphants. Malheureusement pour eux, ils ont tellement été utilisés pour la déforestation qu’il en reste moins d’un millier (il y en avait 40 000 dans les années 1 900). Ils n’étaient souvent pas assez nourris (il faut environ 200 kg par jour pour ce pachyderme). Ils mouraient de faim en détruisant leur lieu de vie ! Finalement, il semblerait que promener les touristes ne soit pas si mal que ça… Pour notre soirée du réveillon, nous mangeons… du riz bien sûr. Mais nous sommes dans un hôtel tenu par un Européen, et il y a du vin français sur sa carte. La fête !

Le lendemain, lorsque nous traversons les villages, nous entendons des dizaines de karaokés tout au long de la journée. Nous sommes le 1er janvier. Mais ici, ce n’est pas le même calendrier. Au Laos, comme en Thaïlande et au Cambodge, c’est le calendrier bouddhiste, et nous sommes en l’an 2558, qui a commencé en avril.   Les gens fêtent-ils tout de même le nouvel an ?  Nous en avons la confirmation lorsque nous nous arrêtons manger dans une petite cantine au bord de la route. (Au Laos, les restos ont le sol en béton et non en terre battue, et les frigos ont remplacé les glacières cambodgiennes ; nous sommes un peu rassurés pour nos estomacs…) Le monsieur parle très bien français, il a vécu plusieurs années en France. Il nous explique que la veille, pour fêter la nouvelle année, ils ont beaucoup trop bu. 5 minutes après, il arrive avec une bouteille et il nous offre un verre d’alcool de riz. Puis il boit lui aussi et offre un verre aux clients de la table d’à côté. A 11h30, un lendemain de fête, il y va fort ! Dans son jardin, un groupe d’hommes et de femmes qui boivent aussi de l’alcool de riz en faisant tourner un verre. On se dit que si tout le monde fait pareil ce midi, notre promenade de l’après-midi risque d’être un peu dangereuse. Les chauffeurs de voiture roulent vite, si en plus ils ont trop bu, ouille ! Mais heureusement, tout se passe bien, et nous arrivons dans la ville de Paksé sains et saufs.

Nous passons la soirée avec un couple d’Indiens, Krishna et Kamakshi, des cyclotouristes très sympas, rencontrés par hasard. Et une invitation de plus pour les Jujugazou, en Inde cette fois ! Bien sûr, comme à chaque fois, nous invitons aussi les gens dans notre belle région. Cela nous ferait vraiment plaisir de revoir les gens que nous avons aimé croiser pendant notre voyage.

Le lendemain, 2 janvier, pour fêter la nouvelle année (encore !), le patron de l’hôtel nous invite à partager une bière. Après la première, il ouvre la deuxième puis la troisième etc… Dès qu’un verre est vide, il le remplit ! Des amis à lui sont là. Certains parlent français, les autres parlent anglais. Ils jouent de la guitare, boivent et discutent tout l’après-midi.

Nous recroisons aussi un couple de Français, Nina et Simon, qui sont au début d’un grand voyage. Nous les avions rencontrés à Phnom Penh. Ils nous disent qu’ils aimeraient s’acheter un vélo pour le reste de leur voyage ; ce qu’ils font. Comme ils n’ont pas de porte-bagages, ils s’en construisent un en bambou pour poser leur gros sac-à-dos. Cela fait bien rire le patron et sa femme ! Nous partirons donc avec ces fous pour une petite boucle sur le très joli plateau des Bolavènes…

 

Nous vous souhaitons à tous une très bonne année, et vous envoyons tous nos vœux de bonheur et de paix.

2 commentaires

jeu.

14

janv.

2016

Etape 60: Les Jujugazou fêtent Noël au milieu des 4000 îles (Julie)

Nous sommes arrivés par le Sud du Laos et nous ne pourrons pas visiter le Nord de ce pays car les distances sont beaucoup trop grandes. Le passage de la frontière est  un peu crispant. Nous décidons d’accepter le racket organisé des douaniers (côté Cambodge en sortant et côté Laos en entrant) car nous n’avons pas le temps d’attendre 3 ou 4 heures, le temps de les faire flancher (certains voyageurs le font) car nous avons encore 20 kilomètres à faire avant d’arriver au premier hôtel.

La route traverse des rizières. Mais ici, plus de vert tendre comme au Cambodge. Les champs sont moissonnés. Le Mékong n’est qu’à quelques kilomètres, mais les herbes sont toutes jaunes, toutes sèches. Quelques buffles paissent dans ces rizières. Il y a aussi beaucoup de vaches qui se promènent sur les routes, sans berger. D’ailleurs, ici, les jardins et les potagers sont clôturés pour que les vaches en liberté ne viennent pas tout dévorer ! Les maisons, qui bordent la route, sont toujours en bois et sur pilotis. Devant les habitations, il y a encore beaucoup d’enfants qui nous font des grands coucous, mais aussi tout un tas d'animaux: des poules et des poussins, des coqs de combat sous leur cloche en osier, des chèvres et des cochons noirs.

Pour nos vacances de Noël, nous avons choisi un endroit très calme, bien que très touristique, appelé « les 4 000 îles ». Ici, le Mékong fait 14 km de large. Il y a 2 îles principales, où on ne peut pas circuler en voiture. Pour y accéder, on monte tout le chargement dans une pirogue, vélos, bagages, homme, femme et enfants. La ligne de flottaison est à ras de l’eau, et les enfants ont un peu peur de chavirer ! Nous sommes déposés sur une petite plage de sable sur la première île, Don Det, la plus au Nord. Puis nous roulons sur un petit chemin en terre parsemé de ponts en planches de bois, qui en fait le tour.

Nous trouvons un hôtel un peu à l’écart de la route, voisin d’une piscine. Nous avons un petit bungalow le long du fleuve. Nous sommes très bien, mais la gestion du lieu nous laisse rêveurs… Le deuxième jour, par exemple, le patron vient nous voir pour nous prévenir que le soir, il y aura beaucoup de monde à leur restaurant et que lui doit partir au village avec son « staff » (comment utiliser un mot professionnel pour dire qu’il va boire des bières avec ses potes…) Sa femme sera seule pour assurer le service de restaurant, donc on risque d’attendre longtemps... Bon, d’accord, pas de problème. En fait, quand on sort pour aller à un autre resto, il n’y a personne : ni clients, ni patronne.

Le lendemain, la dame est seule pour faire notre petit déjeuner. Nous attendons 1 heure et 30 minutes pour être servis. La pauvre, pour s’excuser, essaie de nous expliquer que « papa » a trop bu hier soir et qu’il dort. Oui, t’en fait pas, va, on avait compris…

Le soir, à nouveau personne à l’heure du dîner. Cette fois, nous n’avons pas été prévenus… Nous irons de nouveau chercher un autre restaurant. Ça ne manque pas trop ici. Nous traversons le pont en pierre qui a été construit par les Français lorsqu’ils occupaient le pays, et qui mène à la deuxième île, Don Khon. Nous n’oublions pas notre lampe torche, car ici, il n’y a pas de lumière dans les rues. A 18 heures, il fait nuit et il ne faut pas trop traîner pour aller dîner (surtout dans les campagnes), car sinon, tout est fermé et tu peux aller te coucher le ventre vide !

Nous avons passé des journées tranquilles où les enfants ont fait des petits ploufs et ont joué avec les cadeaux que le Père Noël leur a apportés (il est fou ce Père Noël, comment on va mettre ça dans nos sacoches de vélos ? Au-dessus de la guitare ?)

Une après-midi, nous sommes allés voir des dauphins d’eau douce depuis l’île de  Don Khon. Nous avons fait une jolie promenade sur le Mékong, au milieu des arbres couchés par le courant, et nous avons réussi à apercevoir ces mammifères très timides. Il faut observer très attentivement  car ils prennent une brève respiration. On voit juste le haut de leur dos et leur nageoire dorsale. Parfois, on peut apercevoir leur bec un peu « carré ».

 

Nous avons aussi vu une course de bateaux, où une vingtaine de rameurs, dans une immense pirogue, scandent une chanson et rament en rythme.

0 commentaires

Heureux qui comme Ulysse...

Dernières news

  Suivez-nous sur Facebook...

       avec "Juju Gazou"

Sites amis