ven.

02

oct.

2015

Etape 51 : Veni, vidi, vici ! (par Julien)

En repartant de Taupo, nous avons longé le magnifique lac avec, comme phare, le mont Ruapehu au loin. C’est le volcan le plus haut de l’île (il mesure un peu moins de 3000 m). Ce passage était vraiment très dangereux ! Nous ne pouvions pas jouir pleinement du panorama car nous devions rester concentrés en permanence sur notre guidon. Les voitures et les camions nous frôlent à grande vitesse, le moindre écart peut nous être fatal. Alors que nous pestons sur les chauffards que sont une grande partie des conducteurs kiwis, pendant le pique-nique, une voiture de police vient à notre rencontre. Quelqu’un a téléphoné pour prévenir de notre présence sur la route. La dame en uniforme est très gentille mais elle nous fait un peu peur. Après nous avoir dit que la suite de la route était encore plus étroite, elle observe Zoé et Gabin avec des yeux tendres et tristes. Elle nous dit que c’est elle qui est chargé d’intervenir en cas d’accident aujourd’hui et qu’elle ne voudrait vraiment pas, mais alors vraiment pas, nous ramasser en plusieurs morceaux. « Cause, they are so cute ! ». Y-a-t-il une autre route ? No. Avons-nous une autre solution ? No. Merci d’être passée nous remonter le capital confiance alors ! Nous terminons notre journée un peu stressés en nous appliquant de faire plaisir à cette dame, nous ne voudrions pas lui gâcher sa journée. Le soir, Kerry nous accueille chez lui. Autour d’une belle assiette de spaghettis faites maison, il nous explique une des raisons du comportement irresponsable de certains. Ici, si quelqu’un mord la ligne jaune, n’importe qui peut le filmer ou le prendre en photo et prévenir la police qui verbalise sur dénonciation. Ambiance Big Brother. Du coup, les gens sont tellement obnubilés par ne pas dépasser la ligne jaune qu’ils rasent les cyclistes. Pour moi, ça ne les excuse pas de ne pas ralentir. Kerry a trouvé la parade, quand il fait une sortie vélo, il sort lui aussi sa caméra. Aujourd’hui, il a envoyé 4 rapports à la police !

Les 4 jours suivants, nous faisons le tour du parc Tongariro sous un beau soleil. C’est pour moi la partie la plus belle que nous ayons traversée en Nouvelle-Zélande. Les routes sont calmes, on est en pleine nature, tous les km, on s’arrête prendre ces volcans enneigés en photo. De temps en temps, on se fait doubler par des voitures avec skis et snowboard sur le toit. Il y a toujours des moutons dans cette région, les vaches n’ont pas encore conquit toute la Nouvelle-Zélande.

Ensuite, nous sommes redescendus dans les vallées plus au Sud. Une fois, nous avons été accueillis dans une maison avec des caméras partout, même dans notre chambre ! Nous n’avons rien osé dire mais nous n’en pensions pas moins. Le dernier jour avant Masterton, Zoé a vomi dans son bol de céréales chez Steve et Jenny. Ils nous proposent de rester une nuit de plus, mais la météo annonce du très mauvais temps pour les jours suivants. Après avoir longtemps réfléchi, nous choisissons de rouler. Le temps était atroce : un fort vent de face, la pluie, un froid que rien ne peut arrêter, même pas les gants, les 2 manteaux, les 2 gilets, le pantalon de K-way, le jogging, le collant, les chaussettes… Nous étions congelés. Pour la première fois en 7500 km de vélo, Gabin et Zoé pleurent sur les vélos. Nous arrivons le soir chez George (encore un septuagénaire qui travaille), qui nous chouchoute bien (cuisine 3 étoiles, bon vin, feu de cheminée…). Il nous convainc (ce n’était pas très dur !) de finir en train jusqu’à Wellington pour éviter une grosse colline sous une météo horrible.

Nous sommes donc arrivés à la capitale avec quelques jours d’avance. Cette semaine a fait du bien aux enfants après plus de 20 jours d’itinérance. Nous avons fait une super rencontre. Brett et Rachel nous ont accueillis dans leur colocation pendant 5 nuits. Entre les bons petits repas et les promenades au jardin botanique, nous ne nous sommes pas ennuyés. Rachel, qui est avocate pour le gouvernement et qui s’occupe des relations avec les Maoris, nous a appris beaucoup de choses. Elle a, elle aussi, fait un grand voyage avec ses parents dans sa jeunesse, elle en garde des supers souvenirs et elle est convaincue que cette expérience a participé à sa construction personnelle. Brett nous a accompagnés à l’aéroport à 4 heures du matin (peut-être avaient-ils peur qu’on ne parte jamais J ). Merci mille fois pour votre générosité, nous espérons vous revoir en Bourgogne.

C’était Julien, en direct du vol Wellington Bangkok, à 10 000 mètres au-dessus du Pacifique. A vous les studios !

Bye 

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dim.

20

sept.

2015

Etape 50 : Visite de la Nouvelle-Zélande en mode vélo : allez, en selle ! (Julie, 10/09/15)

Il fait toujours froid et on doit rendre notre voiture de location. On retrouve nos bons vieux vélos ! On est très contents de les revoir, même si on sait que ça va être un peu dur. Et ce pour plusieurs raisons : en plus du froid dont je ne vous reparle pas(!), nous avons vu l’état des routes néo-zélandaises. Il y a beaucoup de côtes (mais ça nous le savions, c’est même pour ça que c’est joli…), mais surtout il y a des passages étroits, sans bas-côté pour les cyclistes, et les voitures roulent très vite ! Heureusement, sur notre chemin, il y aura parfois des trails et des routes plus tranquilles… Nous allons passer par des endroits déjà vus en voiture : Tauranga, Rotorua, le lac Taupo. Mais en vélo, nous redécouvrons les paysages d’une autre manière. 

S’il y avait du soleil tout le temps, pas de pluie, pas de vent, et plus de pistes cyclables, ce serait génial !

Grâce à nos vélos, nous avons enfin pu rencontrer des gens ! Ca nous manquait. Nous avons été accueillis par des cyclistes très sympathiques (Nous devons nous habituer à l’accent d’ici, notre pourcentage de compréhension a sacrément baissé, et nous devons souvent faire répéter les gens!) Avec nos hôtes d’un ou deux soirs, nous pouvons en savoir un peu plus sur cette société néo-zélandaise.

Michelle et Simon nous invitent à la « Graduate party » de leur fils David le jour de ses 5 ans, dans son jardin d’enfants. En effet, c’est son dernier jour ici, il va intégrer l’école dès le lendemain. C’est une possibilité qu’ont les familles néo-zélandaises. Pas facile pour l’enseignant, qui intègre des enfants tout au long de l’année scolaire… Mais, avant 5 ans, pas d’école pour les petits kiwis : des jeux et des activités selon leurs goûts ou leurs envies. Pendant la Graduate party, le petit David est assis au bout de la table avec une couronne. C'est toute une cérémonie! Avec des discours, une remise de diplôme, un échange de cadeaux. Et enfin, un buffet avec fruits et gâteaux ! Pour cette journée, le papa de David a pris une journée de congé, et sa grande soeur loupe une matinée d'école.

Margaret, une dame d’environ 70 ans, nous reçoit gentiment dans sa petite maison. Elle nous explique qu’elle apprend un nouveau métier depuis quelques mois, elle s’occupe des personnes âgées. Elle est très active, elle fait du vélo, du kayak, etc, et elle est contente d’aller travailler. Quand je le lui demande, elle me dit qu’elle aurait l’âge d’être en retraite, mais qu’elle n’aurait pas assez d’argent pour vivre. 

Erin, médecin pour une clinique privée à quelques kilomètres de Rotorua, apprend la langue maori car 80% de ses patients la parlent. Nous nous sommes fait la remarque en voiture qu’il y a beaucoup de musées avec de l’art maori (très beaux et gratuits d'ailleurs...), mais nous ne voyions pas trop de descendants de Maoris. En vélo, nous avons traversé des villes, notamment au Sud d’Auckland, qui avaient l’air plus pauvres, où vivent des Polynésiens. 

Le soir, elle et son mari Andrew passent un temps fou à prévoir avec nous notre futur itinéraire: entre les dénivelés, les routes principales, les villes ou villages où nous pourrons trouver un hôtel… c’est un vrai casse-tête !

Toni et Llewyn nous ont très gentiment accueillis 2 jours, en attendant que la pluie se passe, au bord du lac Taupo. Ils nous ont raconté leur long voyage à vélo en Asie, comme un avant-goût à notre aventure.

Côté écologie, nous avions l’image naïve d’un pays très « vert », mais parfois, nous voyons jusqu’à l’horizon des prés remplis de vaches aux mamelles surgonflées (les vaches ont remplacé les moutons car le prix du lait avait beaucoup augmenté il y a environ 10 ans), des éleveurs aspergent leurs champs d’engrais pour que l’herbe repousse plus vite, des collines entières sont ravagées aux bulldozers pour l’exploitation du bois…

Autre problème écologique auquel est confrontée la Nouvelle-Zélande : le possum, un marsupial importé d’Australie pour sa fourrure. Il n’a pas de prédateur ici et mange les œufs, notamment des kiwis, qui sont eux menacés.

Mais nous avons vu aussi de très beaux paysages : les collines arrondies et verdoyantes de la Conté des Hobbits, la baie de Tauranga, des cratères et des fumerolles vers Rotorua (dommage que l’on ne puisse pas vous faire parvenir l’odeur d’œuf qui va avec !). Nous nous sommes baignés dans des piscines d’eau chaude, nous avons goûté la glace « Oki poki »…

Bref, nous profitons malgré notre erreur de saison…

Il nous reste environ 500 kilomètres à parcourir pour arriver à Wellington, la capitale, et un peu plus de 2 semaines.

Bye bye! 

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mer.

26

août

2015

Etape 49 : Premières semaines chez les Kiwis (Julien)

 

Kia ora,

Ca y est ! Le rêve polynésien est terminé. Nous avons

fait un bond spatio-temporel spectaculaire. Nous sommes arrivés à Auckland, en

Nouvelle Zélande, le premier pays où le jour se lève. Nous comptons désormais

10 heures d’avance sur la France et c’est avec une certaine excitation que je

vous envoie ce premier message du futur.

Nous avons dit au revoir aux noix de coco fraiches le long

de la route. Ici, en arrivant, c’était plutôt ambiance Antarctique, nous sommes

en plein hiver ! Les limites de la générosité ont une fois de plus été franchies. Janet, une cyclotouriste cinquantenaire

nous accueille à l’aéroport à plus de 10 heures du soir. Elle a préparé des

barres de toit pour transporter nos vélos. Les doigts glacés, j’attache les

tandems pendant que Julie attend que l’inspection de l’Hygiène des douanes

termine d’analyser la terre qui est sur nos sardines de tente. Les néozélandais

sont très attentifs à tous les organismes, même micros, qui pourraient rentrer

sur leur territoire pour protéger leur écosystème si spécifique. Ces îles sont

parmi les plus isolées du monde et la plupart des espèces animales et végétales

y sont endémiques. Après une demi-heure de route, où Janet nous confirme ce que

le douanier nous a dit, à savoir que les routes ici ne sont pas tellement

adaptées au voyage à vélo, nous arrivons dans une jolie petite maison. Les

mandariniers et citronniers de son jardin, couverts de fruits, nous laissent

espérer des jours meilleurs. Après une tisane bien chaude, Janet nous prépare

des bouillotes pour mettre au fond des lits ! Bien emmitouflés sous notre

édredon, on se demande avec Julie comment nous allons pouvoir réussir notre

épopée jusqu’à Wellington, la capitale, à 1000 km au Sud par la montagne.

Le lendemain, nous remontons (de plus en plus rapidement)

nos tandems. Pour le dîner, Janet nous cuisine un bon petit plat que nous

partageons autour d’un Chardonnay néo-zélandais en discutant de ses voyages. Au

matin, après les adieux, nous prenons la route d’Auckland, à une vingtaine de

kilomètres à l’Est. La Sky Tower, une immense tour de plus de 300 mètres

surplombée par une « soucoupe volante » est notre phare. C’est la

première fois de notre voyage que nous roulons du côté gauche. Il faut un petit

temps d’adaptation. Nous avons froid !

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Heureux qui comme Ulysse...

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