mar.

07

avril

2015

Etape 36 : Rencontre avec Mano à Mano à Lima (Julien)

De retour du Machu Picchu, nous nous reposons une journée à Cusco pour pouvoir emballer les vélos et faire nos adieux à nos amis les Jouan qui vont prendre la route du Mexique alors que nous nous envolons chez l'oncle Sam. Le lendemain, nous prenons le bus pour Lima. Un supplice de plus de 20 heures pour nos estomacs.
Nous avons un contact dans la capitale péruvienne. Pendant 3 jours, nous logeons dans les locaux d'une association, "Mano à mano". Sylvie, la présidente fondatrice, met toute son énergie depuis plus de 20 ans pour améliorer la vie d'un quartier pauvre à la périphérie de Lima, l'Ensenada. Les habitants de ce bidonville sont arrivés là il y a plus de 20 ans pour échapper aux terroristes narco-trafiquants des sentiers lumineux. Depuis, la population croît dans la misère. Des petites maisons colorées poussent comme des champignons sur les flans arides de petites montagnes. L'éducation, la lutte contre le chomage, l'aide aux femmes, l'accès au soin, à la culture... Autant de domaines où l'association Mano à mano essaye d'apporter des solutions. Des volontaires, venus d'un peu partout, mais surtout de France, viennent donner un coup de main sur les différents projets de Mano à Mano. Nous visitons le quartier, guidés par Socoro (merci à toi). C'est une habitante de l'Ensenada qui travaille dans l'association depuis longtemps. La vie du quartier a beaucoup changé grâce aux actions de Mano à Mano.
Après ces 3 jours de repos, direction l'aéroport. Nous nous envolons pour une autre planète; aux Etats-Unis, à San Francisco. Nous quittons le continent sud américain avec un peu de nostalgie et beaucoup de souvenirs. C'est avec plaisir que nous y reviendrons...

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mer.

01

avril

2015

Etape 35: Trek du Salkantay, Machu Picchu (Julie)

Parmi le large choix des randos et autres trajets en bus qui sont possibles pour rejoindre le Machu Picchu, nous avons choisi un trek de 5 jours (ce qui est gonflé avec des enfants de 5 et 3 ans, c'est vrai...) qui passe vers les glaciers de la montagne Salkantay et qui se termine dans la jungle entourant le Machu Picchu... Nous y allons avec nos amis les Jouan.


Nous commençons notre trek dans le village de Mollepata, au milieu des montagnes verdoyantes, et surplombant une magnifique vallée... Zoé, dans ce décor à couper le souffle, fait sa première promenade à cheval. Gabin monte aussi un petit peu sur « Anita » pour se reposer les jambes...

Le soir, après avoir marché 7 heures avec un peu de pluie, et être montés de 1 000 mètres, nous trouvons notre campement au pied des glaciers. Un dîner et nous allons au lit sans demander notre reste !


Le lendemain, réveil à 4h30 (!) avec un maté de coca (une infusion avec des feuilles de coca, recommandée contre le mal d'altitude) servi dans la tente, ½ heure avant le petit-déjeuner.

Et c'est parti pour 4 heures de montée jusqu'au point le plus haut du trek (4 630 mètres!) au pied du Salkantay, puis 5 heures de descente (dans la boue et les cailloux, et sous la pluie) jusqu'à environ 3 000 mètres d'altitude... Encore une journée difficile, surtout pour Gabin, qui a quand même marché plus de 7 heures ! Chapeau ! En descendant, on voit les paysages changer et nous dormons au milieu d'une forêt tropicale.


3è jour : Réveil à 6h environ pour une petite journée : seulement 5 heures de marche, et tout ça avant le repas du midi ! Nous sommes toujours dans une forêt tropicale et nous passons à côté des arbres à fruits de la passion (il y a d'ailleurs beaucoup de cultures), des avocatiers, des caféiers, des cacaoyers et des bananiers. Encore une très jolie promenade, avec de la pluie, et des douleurs aux genoux, qui se rappellent de la descente de la veille...

Après le repas de midi, nous rejoignons une autre petite ville en bus, Santa Rosa, puis nous allons profiter de magnifiques sources d'eau chaude. Ca nous fait beaucoup de bien, et détend nos muscles, soumis à rude épreuve !


4è jour : Grasse matinée ! Nous nous réveillons à 7h30 environ et nous nous rendons à Hydroélectrica (les femmes et les enfants en taxi, et les hommes en randonnant), puis nous marchons tous le long des voies ferrées, toujours dans une forêt tropicale, jusqu'à la ville d'Aguas Calientes qui se trouve au pied du Machu Picchu.

5è jour : Enfin le grand jour ! Nous allons découvrir les ruines incas du Machu Picchu !

Et pour être parmi les premiers à entrer sur le site, il faut aller faire la queue à partir de 4h45, pour le premier bus qui part à 5h30. 20 minutes de montée pendant lesquelles nous dépassons les braves qui ont décidé de monter à pied pour éviter de se faire voler les 12 dollars que nous prend la compagnie privée du Machu Picchu... Mais il ne faut pas penser à l'argent que l'on dépense vers ce site phare du tourisme péruvien, car ici, les prix flambent !

Quand on entre sur le site, on est émus. Dans la brume du matin, notre guide commence à nous expliquer comment le Machu Picchu a été découvert, et la magie opère...

Un jour de l'année 1911, l'historien américain Hiram Bingham, de l'Université de Yale, dort chez un paysan et lui demande s'il connaît une cité perdue (que beaucoup cherchent, pour trouver de l'or notamment). Celui-ci lui parle du Machu Picchu, mais refuse d'abord de l'emmener car il a là-haut des cultures et des lamas, et il a peur que cet étranger le vole. Pour un peu d'argent, il accepte finalement, et Hiram Bingham découvre les ruines sous une végétation dense, et leur accorde enfin l'importance qu'elles méritent ! (car il semblerait que cette ville n'était pas vraiment oubliée, mais elle n'intéressait pas les habitants des alentours...) Hiram Bingham fait connaître cette ville aux Etats-Unis et dans le monde entier. (Pour l'anecdote : cet historien, qui a apparemment inspiré le personnage d'Indiana Jones, emmène dans son pays les poteries découvertes « le temps de les étudier ». Mais ce n'est qu'en 2010 que le Pérou, avec des menaces de poursuites judiciaires, récupère ces poteries de la part de l'Université de Yale...)



En haut de la colline, entourée par la partie agricole et ses terrasses qui descendent pratiquement jusqu'au fleuve Urubamba en contre-bas, se trouve la partie habitée, où vivaient environ 1 000 personnes (au vu du nombre des maisons et du système de récupération de l'eau).

Les habitations avec les gros murs étaient celles des notables. La façon de tailler les pierres est encore un peu mystérieuse. Il y a sur le site une pierre qui permet de faire des hypothèses. On suppose qu'ils plantaient des bouts de bois dans des failles de la roche, qu'ils mouillaient ensuite ce bois, qui gonflait et fendait la pierre. Puis ils devaient lisser la pierre en la frottant avec d'autres roches. (Des chercheurs essaient pourtant de fabriquer des murs à la manière des incas, mais n'y arrivent pas !)

Il y a aussi au Machu Picchu beaucoup de temples, dont le temple du Soleil, le temple du Condor, le temple des 3 fenêtres (pour les 3 animaux emblématiques des Incas : le condor pour le monde des airs, le puma pour le monde sur la terre, et le serpent pour le monde sous la terre), et un peu plus loin sur la montagne Huayna Picchu, le temple de la Lune. Des momies ont été retrouvées à côté des temples, elles sont supposées être celles des gardiens des temples.

Devant le temple du Soleil, nous écoutons, ébahis, le guide nous expliquer que lors du solstice d'été, le soleil passe à travers la porte du Soleil, située sur la montagne d'à côté, et entre par une petite fenêtre pour former une partie de la croix inca. Et lors du solstice d'hiver, la lumière du soleil passe par une autre fenêtre et forme l'ombre de l'autre partie de la croix inca. Les connaissances qu'avait le peuple inca sur les astres semblent incroyables ! Sur combien d'années ont-ils dû observer le soleil pour savoir exactement où ils devaient ouvrir ces fenêtres ?

Nous voyons aussi la maison de l'Inca. L'Inca était en fait le chef de cette civilisation, dont le territoire s'étendait de l'actuelle Colombie jusqu'au nord de l'Argentine. Pour diriger un territoire aussi vaste, il envoyait des messagers à pied. Pour parvenir au Machu Picchu, les touristes peuvent d'ailleurs suivre le chemin de l'Inca, pavé de grosses pierres lisses, que seuls l'Inca et ses messagers avaient le droit d'emprunter. Cette ville aurait été construite dans les années 1440 sous le règne de Pachacutec, qui l'aurait appréciée, puis elle aurait été délaissée par les monarques suivants. Bien sûr, tout cela s'utilise au conditionnel car aucune écriture inca n'est connue. Ils utilisaient, pour tenir compte des réserves alimentaires notamment, des quipus (un système complexe de cordes et de nœuds).

Au moment de la guerre de succession inca (en 1531, après le mort de Huayna Capac) et de l'arrivée des conquistadors espagnols dirigés par Francisco Pizarro à Cusco en 1534, la ville s'est rapidement dépeuplée, et a été laissée à l'état de ruines, vite recouvertes par la végétation tropicale.


Nous quittons ce lieu situé au cœur de la Vallée Sacrée, la tête pleine de rêves et de pensées sur cette civilisation qui avait autant de savoirs mais qui n'a duré qu'une centaine d'années, décimée par les Espagnols de Pizarro, après avoir soumis beaucoup de peuples à leur autorité...

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dim.

22

mars

2015

Etape 34: Cusco (Julien)

Bienvenue à Cusco, ancienne capitale des Incas et actuelle capitale du tourisme péruvien. La ville est très étendue. Alors que les alentours sont assez sales et populaires, le coeur historique, magnifique, est habité par les gringos. Les hôtels étoilés jouent du coude pour se faire de la place. Nous plantons notre campement dans un hospedaje, "L'Estrellita", réputé chez les cyclotouristes. Nous pouvons à notre tour vous le recommander. On s'y sent comme à la maison, les chambres ne sont pas trop chères, il y a une salle avec cuisine en libre accès, une grande cour intérieure... Bref, le lieu idéal pour "descansar un poco" de cette dernière semaine itinérante. Nous sommes d'autant plus enthousiastes que nous avons été rattrappés par nos amis, la famille Jouan.

Cette petite pause à Cusco prend vite des airs de vacances et les journées s'écoulent paisiblement entre flâneries et apéros.

Nos promenades et nos lectures nous en apprennent davantage sur l'empire Inca. Celui-ci n'a duré finalement que très peu de temps, un peu plus d'une centaine d'années, aux alentours de 1500. Il s'étendait de la Colombie actuelle jusqu'au Nord du Chili et de l'Argentine. Il s'est fini avec l'arrivée des conquistadors qui, par chance pour eux, ont débarqué en pleine guerre de succession. L'Empire, qui reposait sur une très grande organisation administrative et pyramidale, était déjà bien affaibli par ses conflits internes. La langue quechua avait été imposée sur tout le territoirre. Aujourd'hui encore, c'est la langue maternelle de beaucoup de nativos sur les hauts plateaux. Le peuple Inca ne connaissait pas l'écriture mais ils utilisaient des quipus (des noeuds sur des cordes) . Aujourd'hui, on ne sait toujours pas les déchiffrer. Les personnes importantes étaient momifiés en position foetale. Les Incas croyaient en la résurrection. De temps en temps, ils faisaient prendre l'air à la momie. Ils avaient des connaissances (scientifiques et agricoles notamment), et un savoir-faire architectural qui s'est perdu dans le temps. Les vieux murs incas sont impressionnants, taillés à la perfection. Chaque pierre a une forme différente et elles s'emboitent parfaitement (Dans une petite ruelle, on peut même rencontrer une pierre à 12 angles). Les murs ont tous une inclinaison de 10 degrés. Ils ont été construits ainsi pour résister aux tremblements de terre fréquents dans cette région. Comment les Incas ont fait pour réaliser ces puzzles géants avec des pièces pesant jusqu'à plus de 100 tonnes? Ceci est encore assez énigmatique. Comment se transmettaient-ils ces connaissances ? La religion inca est elle aussi chargée de mystères. Il y a trois dieux importants représentés par des animaux. Le condor qui en gros correspond au Paradis, le Puma à la vie sur Terre et le Serpent à l'Enfer. Il est très difficile de comprendre cette civilisation, puisqu'en arrivant, les espagnols ont à peu près tout détruit et tout pillé. Sur les fondations des plus grands palais incas, ils ont bâti des églises et des cathédrales. Le résultat est assez joli et unique. Une architecture coloniale avec des balcons en bois sculpté un peu partout et ces grosses pierres emboitées à la perfection, qui rappellent sans arrêt que l'Histoire a commencé ici bien avant "les Grandes Découvertes" et le "Nouveau monde".

On comprend que ce lieu rassemble énormément de back packers un peu farfelus en quête de spiritualité venus ressentir l'énergie. On voit parfois des scènes un peu drôles, généralement jouées par un ou une jeune européen(e) avec des dreads, qui caresse une pierre en fermant les yeux. Que la force soit avec toi !

Même si la ville est splendide, il y a un côté pénible à s'y perdre. Nous sommes termite le touriste piègé dans une fourmillière. Chaque petite fourmi t'accoste par un "Hola amigo!" pour essayer de te vendre un trek, un tour de la ville, une peinture, un bracelet, un massage...

L'autre difficulté que l'on rencontre à Cusco, c'est l'organisation de la visite du Machu Picchu. Comment s'y rendre de la façon la plus économique et la plus sympa possible ? Après maintes réflexions, nous choisissons de nous y rendre en randonnant 5 jours par le col de Salkantey. Mais tout ça, c'est une autre histoire...


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sam.

07

mars

2015

Etape 33 : De Puno à Cusco (Julien)

Après 4 jours de repos à Puno, nous avons repris la route de Cusco. Nous attaquons raide, sans échauffement, par un mignon petit col de 4 km avec pas mal de circulation et pas trop de bas-côté. Je ne sais pas à quoi roulent les véhicules ici, mais en tout cas, ça colle aux dents. Évidemment, il pleut !

Arrivés en haut, nous disons au revoir au lac Titicaca que nous voyons pour la dernière fois et nous attaquons une grande descente en pente douce en direction de Juliaca, une ville de 200 000 habitants qui a la réputation d'être malfamée.

Au bout de quelques kilomètres, nous avons la bonne surprise d'être rejoints par nos compagnons de route du Sud Lipez, Seb et Marie. Nous faisons le chemin ensemble. Effectivement, l'entrée dans la ville ne donne pas envie d'y planter la tente. Nous arrivons pour manger et nous nous réchauffons avec une bonne soupe dans un almuerzo végétarien.

Nous sommes attendus à quelques rues de là, à la Casa de ciclistas tenue par Geovanni. Il existe 5 ou 6 Casas de ciclistas en Amérique du Sud. Ce sont des lieux d'hospitalité pour les cyclotouristes. C'est assez roots, mais on a un toit, des toilettes et un accès à la cuisine. On y rencontre Mitchel, un Colombien en vadrouille depuis presque déjà un an avec des bidons en plastique en guise de sacoches et une petite guitare.

Geovanni est un ange gardien pour les cyclos. En 5 minutes, il répare le klaxon de Seb qui n'avait finalement pas dit son dernier pouet. Ensuite, il offre des petites marionnettes à Gabin et Zoé, des bonnets à Julie et Marie. Le lendemain, il nous guide par des chemins de traverse pour éviter la circulation dense et anarchique.On longe un marché, on slalome avec les vélos-taxis et les mobylettes-taxi pour éviter les trous et après une demi heure, alléluia, nous sortons de la jungle urbaine. Muchas gracias !

A la sortie de Juliaca, on voit un gros attroupement autour de la voie ferrée. Un train rempli de touristes a percuté un collectivo. Heureusement, il n'y a pas eu de victime !

Pendant toute la journée, la route est plate, les kilomètres défilent. Seuls quelques affreux clébards viennent gâcher notre balade. On crie, on leur lance des pierres, mais les sales bestioles sont vraiment très agressives ! Par deux fois, on a vraiment failli se faire croquer. Après un pique-nique 3 étoiles sandwichs thon chips, nous disons à bientôt à Seb et Marie que nous retrouverons à Cusco. Nous arrivons tranquillement en début d'après midi à Pucara après 64 km. C'est un tout petit village. Nous y trouvons un hospedaje avec douche chaude en face de la gendarmerie. Gabin et Zoé commencent à réclamer la tente. Malheureusement, à cause du froid, nous ne voulons pas nous risquer au bivouac. C'est vrai que les enfants n'ont pas le même cadre en hostel ou en camping où ils peuvent gambader partout, courir, s'inventer des aventures sans limite. Ils veulent davantage de liberté !

Ensuite, nous avons enchaîné des petites journées jusqu'au plus haut col de notre voyage, le col de la Raya à 4 338 m. La pente n'est pas très raide mais l'épreuve n'est pas pour autant facile. Nous cherchons un peu l'oxygène, nous avons le vent de face et la pluie. Une fois franchi le col, on se dit « Chouette ! Dix kilomètres de descente jusqu'à Aguas Calientes (des sources d'eau chaudes) où nous comptons nous détendre. Malheureusement, une fois de plus, la Pachamama nous met à l'épreuve et nous descendons à 25 à l'heure en clignant des yeux pour éviter les grêlons. Arrivés à destination, nous sommes congelés et l'envie de nous mettre en maillot de bain nous est passée. En plus, en allant nous renseigner, l'ambiance est un peu « Oh regardez les gringos ! ». Une femme nous parle en Aymara et tout le monde rigole. Ce genre de petits épisodes arrivent de temps en temps. Dans ces moments-là, on se sent un peu le nègre de l'exposition coloniale. Bref, nous avons passé notre chemin et nous avons continué de descendre une trentaine de kilomètres jusqu'à la ville de Sicuani à 3500 m d'altitude. La campagne de ce côté-là est beaucoup plus verdoyante. Le soleil, de retour, a fini par nous réchauffer. Nous trouvons un super hôtel à l'entrée de la ville avec un grand jardin habité par des colibris. Gabin et Zoé s'amusent tellement qu'on décide de s'y reposer une journée entière.

Nous ne sommes maintenant plus qu'à 2 jours de Cusco. Nous sommes impatients de découvrir la capitale des Incas.

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sam.

07

mars

2015

Etape 32 : De Copacabana à Puno au Pérou (Julie)

L'entrée au Pérou se fait sans trop de gros changements. Comme en Bolivie, les gens sont dans l'ensemble assez discrets. Certains viennent nous parler, nous sourient, disent que nos enfants sont beaux quand ils nous croisent (normal!).

Mais dans la première ville que l'on traverse au Pérou, on a droit à un attroupement comme jamais. Deux adolescentes essaient de prendre en photo Gabin et Zoé de près mais ils sont en train de jouer et ne se prêtent pas au jeu... Peu après, une dame demande même à prendre Zoé dans ses bras pour se faire prendre en photo avec elle! Au moment de partir, il y a une quinzaine de personnes de tout âge qui nous regardent, dont la moitié (les jeunes bien sûr), nous prennent en photo avec leur téléphone portable. (Mais quand Julien dit qu'il veut prendre une photo de la photo, beaucoup s'écartent...) Bon, je vous rassure, une fois nos vélos rangés, nous sommes beaucoup moins des stars! Nos 2 petites têtes blondes aux yeux bleus et verts gardent toutefois leur succès (s'il-vous-plaît!)

On voit aussi des mobylettes-taxis avec une carlingue tunning, et des vélos tricycles-taxis avec un petit banc devant, et un homme derrière, qui transporte ses clients.

Par contre, une chose ne change pas: c'est Carnaval! Cela fait une semaine que l'on serre les fesses à chaque fois qu'une camionnette nous double car on risque des tirs de pistolets à eau, ou que l'on rentre la tête dans les épaules quand on découvre au dernier moment des enfants en embuscade sur le bord de la route! (Attention, ce n'est pas un sort réservé aux touristes. On est d'ailleurs moins touchés que les locaux, qui se font mouiller mais ne râlent jamais!) Et le soir, à l'heure où on aspire au repos du guerrier, on arrive dans un village où les gens dansent, boivent de la bière et titubent au son des fanfares... Nos amigos péruviens nous disent avec joie que le Carnaval va durer toute la semaine! On en retombe sur nos selles de stupeur!

Et ils ont dit vrai ! Chaque soir, lorsqu'on arrive dans une ville ou un village, les fanfares fanfaronnent, les danseurs dansent et les bières bièronnent! (Au-fur-et-à-mesure que la soirée se passe, les fausses notes sont de plus en plus nombreuses et claquent fièrement dans l'air et dans nos oreilles!) Mais tout ça dans une ambiance bon enfant...

Il y a cependant des différences dans le déroulement du Carnaval entre les 2 pays, notamment dans les tenues des danseuses: les péruviennes portent des jupes plus courtes et des talons plus hauts que leurs voisines boliviennes. On voit aussi des chorégraphies et des costumes un peu plus recherchés que dans les petits villages traversés en Bolivie.

La route est jolie, même si nous perdons le lac de vue. Il y a toujours des montagnes où l'on voit les traces des cultures en terrasse qui datent du temps des Incas.

Mais certains dangers nous guettent car il y a beaucoup de chiens pas attachés (mais qui ont des maîtres, quelquefois d'ailleurs assis juste derrière) et qui nous foncent dessus, en nous montrant leurs jolis crocs et en faisant croire qu'ils veulent goûter nos mollets! Parfois aussi, la bande sur le côté de la route disparait et les voitures nous frôlent.

Nous arrivons indemnes à Puno après 4 jours de route. La ville est au bord du lac et est très étendue. Nous traversons les quartiers périphériques et cherchons le charme de la ville, que nous trouvons finalement vers la belle cathédrale et quelques jolies rues piétonnes, remplies de restaurants, d'agences de voyage et de boutiques pour gringos! A part ça, rien d'extraordinaire. Puno est juste une ville où il y a des départs pour visiter des îles du lac Titicaca.

Nous décidons de visiter les îles d'Uros. Ce sont des îles flottantes, fabriquées en roseaux: 3 mètres de racines plus des tiges ajoutées dessus toutes les 2 semaines environ, car les autres pourrissent. Les maisons et les bateaux (à têtes de dragons!) sont aussi en roseau. Des gens ont vécu comme depuis le XVIème siècle . Aujourd'hui, il y a encore des gens du peuple Aymara qui sont censés vivre là, principalement du tourisme et de la pêche. Pour le tourisme, c'est clair, c'est un vrai parc d'attraction, avec ses boutiques souvenirs, ses restaurants chers, ses tours en bateau non compris dans le prix de la visite, la petite fille qui chante sur le bateau et qui vient demander des sous après... Apparemment, il y a encore 2 000 personnes qui vivent ici (il y a 3 écoles et un hôpital). Visite d'un musée vivant, qui malgré tout ça, est intéressante.


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