jeu.

23

juin

2016

Etape 69 : Et enfin… la France ! (Julie)

Nous entrons joyeusement en France le 21 avril, et il fait beau ! Nous sommes toujours avec nos amis les Jouan, qui sont venus pendant leurs vacances rouler un peu avec nous. Cool ! Nous découvrons la ville de Menton et surtout son joli camping municipal, tout en haut de la colline ! Un très beau panorama pour les cyclistes qui survivent à cette montée… Et les enfants trouvent des copains avec qui jouer. Et en plus, ils parlent français ! Hi, hi !

Nous traversons la Principauté de Monaco, constituée principalement de la ville de Monte-Carlo. Nous ne comptons pas les voitures de luxe, les boutiques de mode et les restaurants de caviar… Nous sommes ici dans un autre monde. La partie que l’on traverse n’est pas spécialement belle, de gros immeubles gâchent un peu le paysage ; mais la partie qui doit être plus belle, avec notamment le palais du prince, est en haut du rocher. Tant pis pour cette fois !

Nous découvrons la ville de Nice et roulons sur la promenade des Anglais (mais attention de ne pas leur rouler sur les pieds, c’est qu’il y a beaucoup de touristes !) Ensuite, nous passons notre dernier jour avec les Jouan à Cagnes-sur-Mer. On visite les Hauts-de-Cagnes, la vieille ville en haut de la colline, beaucoup plus jolie que le bord de mer.  

Antibes, Cannes, le massif de l’Estérel, Saint-Raphaël… Nous avalons les kilomètres, pressés de rejoindre la famille et les amis qui jalonnent notre chemin de retour jusqu’à Auxerre. Nous prenons tout de même quelques jours vers Grasse rendre visite aux parents d’un ami, puis à Cavalaire-sur-Mer : farniente à la plage, à la piscine, lecture de magazines (en français !) pour toute la famille… Mais au bout de trois jours, on est content de repartir sur nos vélos ! (Et oui, on a toujours la bougeotte !)

Le Lavandou, Hyères, Toulon, puis Saint-Cyr-sur-Mer, où nous disons au revoir à la Méditerranée. Rouler au bord de l’eau nous aura beaucoup plu pendant notre voyage, et là, nous avons un petit pincement au cœur… Mais ce n’est que pour mieux repartir car la famille nous attend vers Avignon ! Sur le chemin, à Aubagne, nous sommes accueillis par un couple de cyclistes militants : des vélorutionnaires ! (Vous pouvez aller sur le site velorution.org si vous voulez participer à une promenade à vélo qui prône la non-utilisation des moteurs.)

A Saint-Cannat, nous retrouvons la cousine de Julien, et Gabin et Zoé découvrent ou redécouvrent leurs petits cousins. Le lendemain, nous nous rendons chez la tante et l’oncle de Julien à Pernes-les-Fontaines, et surprise ! toute la famille est là pour passer le week-end avec nous.

Puis nous continuons notre route, d’amis en amis. De Bagnols-sur-Cèze à Lyon, nous suivons la Via Rhona, une piste cyclable bien agréable. Nous sentons que nous allons vers le Nord car il fait de plus en plus frais : nous remontons dans nos pantalons et nos blousons le matin, et il commence à pleuvoir presque tous les jours. Chouette, on rentre chez nous, comme dirait Gabin !

Après Lyon, nous roulons dans le Mâconnais. La Bourgogne ! Après presque 2 ans d’absence, c’est bon de retrouver notre région !

Un arrêt à Dijon, puis à Avallon. JR nous accompagne entre ces deux étapes pour le moins humides.

Enfin, le samedi 4 juin, nous arrivons pour notre dernière étape Auxerre - Monéteau, modifiée à la dernière minute à cause des inondations. Notre famille, des amis et des gens qui nous ont suivis pendant notre aventure sont là pour rouler avec nous ou pour nous accueillir. Merci à eux !

Merci à tous de nous avoir lus, regardés, écoutés, encouragés, félicités… Nous sommes heureux d’avoir fait ce voyage, et le partager a été un vrai plaisir !

A bientôt !

 

Julie, Julien, Gabin, Zoé

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jeu.

12

mai

2016

Etape 68 : Dans le haut de la botte.

Depuis 4 semaines, nous arpentons l’Italie. Nous avons traversé l’Adriatique depuis Split (en Croatie) pour arriver à Ancône. Après une petite nuit due aux agitations hormonales de 100 à 200 adolescents sans surveillance, nous sommes heureux de retrouver des pistes cyclables tranquilles, plates… mais sous la pluie. Heureusement, celle-ci ne fait que nous accueillir, nous avons presque tout le temps eu le grand soleil et des températures clémentes, ce qui nous a permis de nous remettre sérieusement au camping. Nous remontons la côte est en papillonnant, on a le temps. Nous sommes épatés par le patrimoine de ce pays. Chaque petit bourg est grandiose et généralement très bien conservé. Les bords de mer par contre sont pas mal bétonnés. Les bars et les parcs de jeux pour enfants s’enchaînent le long d’interminables plages de sable. Passée Ravenne, une grosse cité industrielle vers le delta du Pô, nous pénétrons sur le territoire de l’ancienne république de Venise. Partout, le lion ailé marque son territoire. C’est le symbole de cette puissante république qui a duré 1000 ans jusqu’à ce que Napoléon arrive au début du 19ème siècle. Pour les amoureux de la belle pierre et de la brique parfaitement empilée, il faut absolument faire un détour par cette région (Comacchio, Chioggia…)!  Nous sommes étonnés de voir sur les murs qu’il existe un mouvement pour l’indépendance de la Vénétie. On ressent une forte identité régionale ici. Les gens parlent un dialecte local (assez proche de l’espagnol), ils ne peuvent pas se comprendre avec certains de leurs concitoyens du sud.

 

Le  réseau « warmshowers » fonctionne très bien et beaucoup d’italiens nous ont ouvert leur porte. La famille est très importante, nous avons partagé plusieurs repas intergénérationnels. Chaque fois que nous échangeons sur nos cultures (la politique, l’éducation, les relations entre les gens…), nous finissons par « c’est pareil en France ». Les Italiens sont vraiment nos proches cousins !

Nous sommes contents d’avoir pu visiter Venise avant qu’elle ne soit engloutie par les eaux. Malgré le hors saison, les ruelles sont remplies de touristes, mais la ville est tellement exceptionnelle qu’elle mérite bien le détour. Les gondoliers entassent les amoureux sous le pont des soupirs.

Ensuite, nous avons filé à Vérone en passant par Padoue et par une série de petits villages fortifiés (la route du sel). Nous y avons retrouvé des amies, on commence à sentir le retour s’approcher. Les antipasti, les pizzas, le chianti, le spritz… Nous renflouons tranquillement nos bas-flancs. Nous passons par le lac de Garde où nous sommes à 6 dans un appartement chez Andrea. Encore une belle leçon de générosité de cet ambulancier volontaire à la croix rouge (l’organisation internationale est née dans cette région après la bataille de Solferino). Nous tacherons d’en prendre de la graine à notre retour !

Sur le chemin de Crémone, nous croisons un cyclotouriste de 93 ans qui nous offre le pique-nique et le café.

Ensuite, nous remontons tranquillement le cours du Pô. Nous roulons souvent sur l’eurovélo 7 qui le longe en haut d’une digue impressionnante. Partout autour de nous, la plaine à perte de vue. Nous avançons de clocher en clocher au travers des grands champs de céréales.

Nous traversons ensuite les Apennins au niveau de Gênes. Arrivés au bord de la Méditerranée, alors que nous venons de dire au revoir à nos amis, nous sommes rejoints par d’autres amis : la famille Jouan. Ils ont eux aussi fait un grand voyage à vélo avec leurs enfants, nous avions voyagé ensemble  en Amérique du Sud. La côte est très agréable, une ancienne voie ferrée a été reconvertie en piste cyclable. Cette dernière semaine hors de France a filé bien trop vite.

Dans le dernier village avant la frontière, nous voyons des dizaines de migrants entassés sur la plage en train d’attendre. A côté, de jolis abris ont été construits pour que les cygnes puissent pondre sereinement.

Nous sentons au passage de la frontière que bien des choses ont changé en France ces 2 dernières années. Nous devons passer entre des hommes armés.

La joie de retrouver notre pays est immense ! Nous sommes bien heureux du mois à venir et de la douce remontée jusqu’à Auxerre.

 

A bientôt.

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mar.

05

avril

2016

Etape 67: La Croatie (Julie)

Nous continuons à rouler le long de la mer Adriatique lorsque nous pénétrons à nouveau en Union Européenne (mais ressortons de la zone euro, vous suivez ?) Il fait beau et les paysages sont magnifiques, bien qu’un peu gâchés par les pubs gigantesques (la preuve en image ci-dessous). Il y a beaucoup de monde sur la route, mais nous n’avons pas trop le choix car les itinéraires secondaires, ça se passe dans la montagne ! Nous longeons la riviera de Dubrovnik, une suite de jolis villages nichés dans des baies aux galets clairs et aux eaux transparentes. Tout en pédalant, nous admirons Dubrovnik, en contre-bas. L’endroit nous séduit déjà : une ville fortifiée entourée d’une haute muraille et qui s’avance dans la mer.

Lorsque nous voulons entrer le soir, nous sommes bloqués dès que nous franchissons les remparts « On ne passe pas ! » Un tournage de film va avoir lieu et ils vident la vieille ville. Rien de moins que Star Wars, number 8. Le lendemain, nous pouvons observer pendant la journée les décors qu’ils laissent (sous surveillance) et c’est vraiment bluffant ; le polystyrène ressemble tellement à la pierre des bâtiments que certains morceaux de décor nous échappent au premier coup d’œil.

Nous déambulons dans les rues de cette cité. Nous observons des photos de certaines rues détruites pendant la guerre, en 1992. Cette ville a subi les tirs d’artillerie de l’armée serbe et a été assiégée pendant 7 mois. Difficile d’y croire lorsque l’on voit les milliers de touristes déambuler aujourd’hui dans les rues ! (Note de la rédaction : La guerre a duré jusqu’en 1995. Finalement, la Croatie a gagné son indépendance et est sortie de la Yougoslavie).

Nous reprenons les vélos après 2 jours sédentaires et nous traversons des villages de bord de mer très calmes, même trop. On voit encore une fois que la haute saison n’a pas débuté. Lorsque nous nous arrêtons après 40 km, nous démarchons les maisons d’hôtes (difficile de demander si on peut planter la tente dans un jardin car dans une maison sur deux, on loue des chambres…) Une dame nous indique celle qui est ouverte dans le village. Un petit T2 avec kitchenette et une chambre séparée ! Ouahh ! Les enfants n’en reviennent pas tellement c’est grand ! Ils sont trop contents. Tant mieux car on restera là deux nuits, stoppés par la pluie. Les propriétaires sont très gentils. La dame nous cuisine même une soupe, plus un gâteau, spécialement pour les enfants. Ils bavardent un peu avec nous : c’est un couple serbo-croate et leur union n’est bien vue dans aucun des deux pays. Les tensions entre les peuples ont l’air de toujours exister, 20 ans après la fin de la guerre.

Quand le beau temps revient, nous sommes contents de pédaler, et nous passons devant la ville de Ston, entourée d’une grande muraille de 5 km de long. Cette ville, comme Dubrovnik, a fait fortune grâce au commerce du sel. Ce même jour, nous passons une heure en Bosnie-Herzégovine, le temps de traverser la petite bande d’une dizaine de kilomètres qui est pour le pays le seul accès à la mer. Le soir, nous voulons dormir dans le village de Krek, mais en arrivant, on s’aperçoit que c’est plutôt un village fantôme. Cette fois, rien n’est ouvert ! Nous nous préparons psychologiquement à planter la tente dans un terrain planté d’oliviers, à côté d’un mini-golf et d’une balançoire. Gabin et Zoé sont contents. Les fous… Nous avons déjà nos gants et nos capuches, et il n’est que 16 heures ! Nous prévoyons de manger nos sandwiches thon-ketchup de la dernière chance dans 1 heure et demie sous la tente puis de nous coucher à 18 heures. La nuit sera déjà tombée de toute façon ! Mais un monsieur très gentil change notre emploi du temps. Il a des appartements qu’il loue pendant l’été, et nous invite à venir nous y réfugier pour la nuit : « Les enfants vont avoir trop froid ! » Il fait un peu frais dans la maison mais nous n’osons pas allumer le chauffage sans que le propriétaire nous ait invités à le faire… Malgré tout, nous sommes bien mieux ici que dehors, où le vent s’est mis à souffler en plus ! Et Gabin et Zoé ne sont pas mécontents d’être dans des murs, en fait…

Le lendemain matin, notre sauveur vient nous dire au revoir avec un café chaud, et des céréales pour les petits. Mille mercis pour cette main tendue ! Sur la route nous attend une deuxième surprise : une compatriote qui fait un tour d’Europe… en trottinette ! Cette trentenaire s’appelle Blandine, et elle nous épate ! (elle avance bien sur sa machine infernale !) Elle a décidé de mettre entre parenthèses sa vie d’avant pour vivre plus simplement. Vous vous voulez découvrir son blog, c’est : www.latrottineuse.com/fr/

En quelques jours, nous arrivons dans la belle ville de Makarska et nous regardons s’il existe une petite route pour éviter la circulation qui est tout de même importante (avec les bus qui passent tout près de nous !) Nous voyons un chemin sur la carte, mais nous ne savons pas s’il est praticable à vélo. Avant de nous y engager, nous demandons à une dame si elle pense que nos vélos pourront passer car il s’agit d’un chemin de pierres. Elle nous dit qu’elle pense que oui. En un sens, elle n’avait pas tort : nous sommes passés ! Mais nous avons dû mettre une heure et demie pour faire 2 kilomètres. Allez, ce n’est pas grave, c’était de bien jolis kilomètres, juste entre les rochers et la mer diaphane ! Superbe !

Ce soir-là, nous avons enfin pu camper (Youpi !), mais c’était bien parce qu’il y avait une salle à manger où l’on pouvait se mettre au chaud en attendant de s’engouffrer dans la tente… Après une journée avec quelques frayeurs sur la route, nous décidons de quitter la Croatie plus tôt que prévu et de prendre un ferry pour l’Italie où nous trouverons plus de routes secondaires, sûrement moins passantes. Nous atteignons Split, une très belle ville médiévale aux murs blancs. Cela fait du bien ! Nous rencontrons notre seul hôte cycliste dans ce pays, et passons notre dernière soirée croate avec lui. Une chouette façon de terminer ce bout de voyage. Tomislav nous parle de son voyage à vélo en Europe de 10 000 km effectués en 100 jours, et aussi de son pays, qui a souffert de la guerre et qui maintenant souffre de la dette et diminue les dépenses publiques pour la santé, l’école… (Ca vous rappelle quelque chose ? Ah, tiens ?) Il nous raconte un souvenir de son enfance pendant la guerre, lorsqu’il devait sortir de sa classe et se mettre à l’abri en entendant retentir l’alarme qui prévenait d’un bombardement. On pouvait croire entendre un grand-père raconter la seconde guerre mondiale, mais non, cet homme a notre âge, et cela s’est passé hier !

C’est avec tous ces souvenirs et ces découvertes en plus dans la tête que nous montons dans notre bateau le lendemain soir, après avoir profité du soleil pendant notre promenade dans les ruelles de Split. Nous sentons le printemps arriver…

Nous débarquons à Ancône, Italie, le 21 mars à 7 heures, les yeux gonflés par une trop petite nuit, due à une invasion, sur notre pont, d’adolescents en voyage scolaire ; mais assez ouverts pour voir le ciel noir et la pluie du côté italien…

 

Mais ne vous inquiétez pas, cela va bien se passer ! (A suivre…)

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mer.

16

mars

2016

Etape 66: Le Monténégro (Julien)

C’est sous une pluie battante que nous passons la frontière du Monténégro, un pays grand comme la Bourgogne. Comme toujours, les enfants ne bronchent pas, ils sont trempés jusqu’aux os, ils attendent le soleil… Nous faisons une courte pause et nous découvrons le Burek, une spécialité qu’on peut trouver dans tous les Balkans, c’est une pâte feuilletée remplie de bonnes choses bien grasses (du fromage ou de la viande). Il va falloir éviter d’abuser de cette bonne chose si on veut garder notre ligne de cycliste ! On reprend la route, toujours sous la pluie. Autour de la frontière, la majorité des gens sont albanais et musulmans. On voit des mosquées avec des grandes tours fines et pointues, de modestes cimetières musulmans, des drapeaux albanais peints sur des murs…

Nous rejoignons la côte à Bar. Nous sommes de plus en plus frigorifiés, la pluie s’intensifie encore. Chaque voiture et camion qui nous double nous envoie un seau d’eau. Alors que nous cherchons un abri, un papi qui a les traits d’un homme qui a beaucoup souri sort d’un restaurant et nous invite à venir auprès du poêle. Il prend en charge les enfants et les installent devant un dessin-animé. Gabin et Zoé oublient instantanément leurs tracas et fixent l’écran comme s’ils comprenaient le serbo-croate. Notre sauveur se présente comme étant serbe. C’est anecdotique mais on imagine les difficultés du vivre ensemble dans des pays si petits et si récents, avec des gens se revendiquant d’une identité culturelle n’ayant aucun rapport avec la nation. Ajoutez à cela les plaies pas toujours refermées de la guerre de Yougoslavie et vous comprenez les défis que devront relever les Monténégrins. Nous restons deux nuits dans la petite chambre que nous louons au-dessus du restaurant pour 15 euros (le Monténégro est dans la zone euro et en attente d’une adhésion à l’UE).

Nous repartons le long de la côte en direction de Budva. La corniche est magnifique mais il faut la mériter ! C’est un peu physique, ça monte et ça descend toute la journée avec des pentes allant de 5 à 10 %. Nous arrivons dans une station balnéaire énorme où les casinos et les hôtels, tous plus étoilés les uns que les autres, jouent de leurs coudes en béton pour se faire une place. Nous cherchons désespérément un logement chaud, car oui il pleut encore ! Tout est fermé ! Nous qui nous faisions des films et qui rêvions de bivouac au soleil au bord de l’adriatique, nous étions bien naïfs. Tout est fermé ! Julie va alors demander de l’aide dans un bar, deux coups de fil plus tard, nous sommes dans un petit appartement. Nous y resterons trois nuits le temps de laisser passer cette mauvaise météo. Nous discutons avec notre voisine, une institutrice à la retraite depuis un an. Elle parle avec nostalgie de la grande Yougoslavie. Elle trouve que c’était mieux « avant » (l’éducation, l’état social…). Elle s’inquiète du monde qu’elle laisse à ses petits-enfants et voit d’un très mauvais œil l’adhésion du Monténégro à l’Union Européenne. Elle y voit un impérialisme sauf qu’au lieu de soumettre les peuples avec des armes, on les soumet en costumes avec des traités et des banques. Elle affirme que c’est ce que pensent tous les gens de sa génération…

Nous quittons cette ville sans âme pour rejoindre un endroit magique ! Après avoir serré les fesses en traversant un étroit tunnel de 1,6 km, nous débouchons dans un amphithéâtre naturel : les bouches de Kotor. Des montagnes abruptes, enneigées au sommet, plongent dans une magnifique baie. Sur les flancs, la ville fortifiée de Kotor (au patrimoine mondiale de l’UNESCO) est en parfait état. Entre les remparts, nous nous amusons à nous perdre dans les ruelles étroites et labyrinthiques de la vieille ville. C’est presque aussi beau qu’Auxerre !
Le lendemain, nous longeons les deux baies. Nous nous arrêtons tous les 100 mètres pour faire une photo (des îles, des petits bastions fortifiés, les voitures Yugo…). Nous arrivons à Herzog Novi, dont le nom n’évoque sans doute rien à personne. Pourtant c’est encore un endroit extraordinaire, une énorme ville fortifiée perchée sur un rocher surplombant l’entrée des bouches de Kotor sur la mer Adriatique. Il est très agréable d’y flâner.

Bien que le temps fasse tout son possible pour nous rendre maussades, nous gardons le sourire et nous prenons beaucoup de plaisir à découvrir cette région que nous vous recommandons (mais peut-être à une autre saison J )

 

A très bientôt, en Croatie !

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jeu.

10

mars

2016

Etape 65: L'Albanie (Julie)

Nous quittons la magnifique île de Corfou sous le soleil, le 22 février, et le ferry nous emmène en Albanie. Nous débarquons à Sarandë, ville à l’architecture soviétique : de hauts immeubles de béton sans charme et sans chichi. Nous passons aux douanes (l’Albanie ne fait pas partie de l’Union Européenne, sa candidature a été déposée en 2009 et reconnue par le Conseil Européen depuis 2014), et entrons dans la ville. Tout de suite, nous sentons une ambiance très différente de chez leurs voisins grecs. Ici, il y a plein de vie : des gens qui se promènent partout dans la rue, des enfants (ouah, ça faisait longtemps!), les musiciens d’Emir Kusturica (oui, nos références en culture balkanique sont assez limitées….) qui jouent à l’entrée du marché couvert, des gens qui ont accroché des habits au grillage pour les vendre dans la rue… Nous sommes scotchés par le nombre de Mercedes que nous voyons. Les gens nous sourient et nous interpellent. Nous leur sourions bêtement, ne pouvant rien leur répondre en albanais. Déjà que ça va être coton de retenir le mot merci à 5 syllabes, et le mot bonjour à 4 syllabes, alors apprendre la phrase « je ne parle pas albanais », ce n’est pas pour tout de suite !

Nous cherchons un hôtel pour pouvoir étudier notre trajet et faire un choix : soit la route de la côte, plus belle mais plus difficile au niveau des dénivelés, soit la route entre les montagnes, peut-être moins jolie mais moins difficile. Nous optons pour la corniche au bord de la mer Adriatique, pour s’en prendre plein les yeux.

Le lendemain, la sortie de Sarandë, avec une pente assez costaude nous coupe un peu les jambes ! En fait, tant pis pour la mer, nous la retrouverons 4 jours plus tard… Si les pentes sont toutes à ce pourcentage-là, le chemin va être très difficile ! Au carrefour des deux routes, nous choisissons donc le chemin de la montagne. Peut-être verrons-nous ainsi des aigles, animaux emblèmes de l’Albanie et figurant sur son drapeau. Le territoire est composé à 80% de montagnes et les rapaces sont très nombreux. Tout au long de la route, nous ne regrettons pas notre choix. Nous suivons une belle rivière, il y a peu de voitures, la pente est longue mais douce, il fait soleil et nous voyons des aigles, des bergers avec des petits troupeaux de moutons, de vieilles maisons en pierre… Nous sommes heureux.

Après un col à  600 mètres, nous descendons tout droit vers la ville de Gjirokastër. Vers 17 heures, nous faisons nos petites courses pour le soir, et sur le parking, un papi nous invite par gestes à venir boire un verre et manger un morceau chez lui, juste là… On accepte l’invitation, curieux de voir où l’on va passer un bout de notre soirée. Il s’appelle Luan, et sa femme Shpresa. Ils habitent une maison assez grande avec leur fille, leur gendre et leur petite fille de 3 mois. On s’installe dans le salon, seule pièce chauffée par un petit radiateur électrique. Il n’est pas aisé de se comprendre. A part quelques mots en grec que nous connaissons, nos gestes et nos sourires, pas d’autre moyen de communiquer. Luan apprend une quarantaine de mots à Julien en albanais pendant les 10 minutes que dure leur promenade entre hommes, pendant laquelle il lui présente sa maison et ses moutons. Shpresa est restée dans la maison avec nous, a mis un dessin animé aux enfants et leur donne à manger presque sans s’arrêter : bonbons, lait chaud, pommes, oranges, œuf, fromage…. Puis ils nous montrent une chambre à l’étage et nous invitent à dormir. Nous partageons le repas du soir : une soupe de haricots blancs, du pain et du fromage faits maison, des frites et de la viande de mouton (décongelée spécialement pour nous ?) Gabin notre grand garçon est fatigué et commence à s’endormir dans le canapé ; Zoé la gourmande reste à table et veut goûter à tout, en faisant son petit numéro de charme… Luan et Shpresa sont vraiment gentils avec nous et les enfants, ils sont au petit soin. Luan sert les verres de raki à Julien (l’alcool made in Albania) à une cadence soutenue, en trinquant à chaque fois : « Gaizoua ! » Mais ce n’est pas pour les femmes ; nous regardons la scène sans pour autant y participer…

Le soir, leur petit-fils de 20 ans vient faire un peu de traduction. Il nous dit que son grand-père voudrait que l’on reste un mois. Rires. Bon, blague à part, on reste au moins 2 jours ? On ne va quand même partir demain ? J

Nous discutons ensuite quelques instants avec le jeune homme. Il nous explique que les gens gagnent en moyenne 150 euros par mois et que beaucoup veulent aller travailler à l’étranger. Lui-même, après ses études en économie, voudrait aller travailler au Royaume-Uni.

Le matin, nous partageons le petit déjeuner et échangeons nos adresses et nos numéros de téléphone avec nos hôtes d’un soir. Luan nous demande de lui téléphoner dès que nous serons rentrés chez nous ! Cette conversation va être vraiment étrange, nous ne savons dire que bonjour, merci, fromage, pain, dormir, bien, santé ! et raki ! …

Nous continuons la route. Dans tout le pays, nous voyons des personnes, hommes et femmes, planter des arbres au bord de la route, tous les 10 mètres. Nous voyons que le pays se développe à grande vitesse. Dans la ville de Karajë, une grande zone piétonne avec parc de jeux en construction se mêle aux traces du communisme : au centre de la place, une immense statue de 1945 se dresse mettant en scène un soldat, une paysanne et un ouvrier.

Les petites villes se suivent et nous observons avec plaisir les scènes du quotidien : dans les rues, il y a toujours du monde qui se promène à pied, des hommes dans les cafés, des papis sur des vélos. Sur les façades des maisons, des nounours sont pendus pour éloigner les mauvais esprits, et de l’ail se trouve au-dessus des portes d’entrées.

Pour quitter la montagne et rejoindre la mer, nous empruntons la seule route possible, qui ressemble fort à une autoroute, avec des voitures nombreuses et passant à vive allure. Et, pour pimenter la chose, les plaques d’égoût ont été volées et nous avons régulièrement des trous de 60cm de long et 30 de large à éviter, de quoi bien planter une roue. Dans un jeu vidéo, cela pourrait être rigolo, mais là, c’est plutôt stressant ! On n’a pas le droit à l’erreur, sinon game over !

Nous arrivons à Durrës, la deuxième ville d’Albanie, au bord de la mer, un peu fatigués… Heureusement, nous sommes accueillis par une charmante famille allemande installée en Albanie pour travailler avec des enfants handicapés, les structures adaptées n’existant pas dans ce pays. Ils nous parlent de leur pays d’adoption et des différences culturelles qu’ils ont vécues: alors qu’en Allemagne les objets que l’on possède sont sacrés, en Albanie, ce sont les gens qui sont sacrés. Ici, on prend soin les uns des autres, et il n’y a pas de propriété privée. Un jour, qu’ils s’étaient absentés, ils s’aperçoivent en rentrant que leurs voisins leur ont emprunté des outils dans leur garage. Ils les connaissent et ne paniquent pas, mais le lendemain vont réclamer leurs biens ; ils lisent alors  l’incompréhension dans les yeux de leurs voisins…

Le dernier soir, nous arrivons à Shkodër, ancienne ville fortifiée, avec un château du 10è siècle qui la surplombe. La région a été souvent attaquée, par les Romains, les Slaves, les Vénitiens, les Ottomans. Une histoire très complexe dans cette partie du monde…

En ville, surprise, il y a des cyclistes partout ! (et même une piste cyclable !) C’est la première fois que nous voyons cela en plus d’une semaine d’Albanie. Le centre-ville est aménagé en quartier piéton, et nous pouvons observer les vieux bâtiments (certains rénovés, d’autres non).

Nous rencontrons une dame ayant la double nationalité italienne- albanaise. Elle vivait là pendant les années de la dictature d’Henver Hoxha (à prononcer Hodja) de 1946 à 1991, et a subi les privations de liberté. Même si tous les gens avaient accès à l’éducation, ils ne pouvaient pas sortir de leur pays, et ils étaient isolés du reste du monde…

En quittant Shkodër, nous prenons la route qui mène au Monténégro, jalonnée par les mosquées et les églises orthodoxes…

Un nouveau pays à découvrir…

 

A bientôt !

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