mar.

01

déc.

2015

Etape 56 : Au revoir Thaïlande ! (par Julien)  

 Jusqu’à la frontière de Hat Lek, nous aurons profité des délices de la Thaïlande.

Après une sortie assez pénible de Bangkok où nous roulions dans le bruit et la fumée de vieux camions surchargés, nous nous empressons de quitter la route de Pattaya (LA destination luxure) pour retrouver des chemins plus tranquilles. Nous en profitons pour visiter un « open zoo » à vélo. Gabin et Zoé sont aux anges, ils nourrissent des girafes et des éléphants ! Nous passons plus de 7 heures dans ce parc sans nous en rendre compte.

Jusqu’au bout, les Thaïlandais nous auront impressionnés par leur gentillesse et leur bienveillance. Les enfants ont eu leur lot quotidien de cadeaux. Plusieurs fois, des voitures nous arrêtent pour nous offrir du ravitaillement… Depuis bientôt deux mois, nous commencions à être habitués à ces élans de générosité. Quand une voiture se gare devant nous, nous sommes presque déçus si nous ne recevons pas l’offrande     « Quoi ? Et ma papaye glacée alors ? ». Nous pensions ne plus pouvoir être surpris. Et pourtant…

Un soir, après une dure journée de vélo, je décide de partir seul en mission pour rapporter à manger afin que les enfants puissent se relaxer et jouer tranquillement, ils l’ont bien mérité ! A peine sorti de l’hôtel, je me fais embêter par 2 molosses que je tiens à distance avec un bâton. C’est un peu fatiguant les attaques de chien ! La scène attire l’attention d’un homme dont je ne saurai jamais le nom. Il me pose des questions en mimes thaïs, je comprends qu’il me demande où je vais. Je lui réponds en mimes français que je vais chercher à manger pour ma famille. Il m’explique que c’est loin et me propose de me prêter sa moto ! Non, vous ne rêvez pas, un inconnu qui ne parle pas ma langue me prête sa moto, qui est sûrement un de ses biens de plus grande valeur. Dans un premier temps je refuse, puis j’accepte devant son insistance. C’est une vieille pétrolette de 125cm3. Quand il m’a vu partir, il n’a pas semblé inquiet malgré mes zigzags. Je n’arrive pas à la contrôler, je me dis qu’il me faut un peu de temps pour la prise en main. Quand j’arrive au village un peu plus loin, tout est fermé. On m’indique une direction, le problème c’est que c’est le long d’une autoroute avec beaucoup de circulation, qu’il fait nuit et que je ne maîtrise pas ma conduite. Je pense alors aux enfants et je me dis qu’ils ont faim et que c’est ma mission de leur ramener à manger. Je me lance. Quelle erreur ! Plus je passe les vitesses, plus l’engin est difficile à contrôler, le bitume disparait alors pour laisser place à de la terre, rendue boueuse par les pluies de l’après-midi. La circulation ici est assez anarchique et étonnamment fluide. Les véhicules foncent et se dépassent, la seule règle est « Garde ta ligne, ça va passer ! » Et moi, je titube ! Ma roue avant tremble, ma roue arrière glisse ! Les voitures et les bus me frôlent en me klaxonnant comme si j’étais un chauffard complètement ivre. Je n’ai pas de casque. J’ai peur de tomber, je pense à Gabin et Zoé. Je maudis ma bêtise. Rempli d’adrénaline, je reste concentré. A la première petite intersection, je quitte l’autoroute. Je m’arrête pour souffler, et une femme parlant un anglais parfait me demande, intriguée, ce que je fais ici. Elle m’indique alors un itinéraire par la petite route pour trouver un restaurant. Les kilomètres défilent, je m’enfonce dans la brousse, pas une habitation ! Je pense alors à faire demi-tour et je me rends compte que je n’ai plus d’essence. Pas le choix, je continue. Et là, alléluia ! Un temple ! Je rentre et je demande de l’aide. Je suis assez mal accueilli, on me dit de continuer ma route, qu’il y a une station d’essence un peu plus loin. Je trouve effectivement une pompe dans un jardin. Les gens sont en train de regarder la télé dans leur maison. L’homme, tout sourire, vient me faire le plein. Il m’indique encore un peu plus loin pour trouver à manger. Enfin j’ai réussi ma mission ! Pendant qu’on me fait griller du porc sur le barbecue, j’observe ma moto. Pourquoi je n’arrive pas à la maîtriser ? J’avais

conduit exactement la même dans la jungle dakaroise pendant 2 ans. Je réalise alors que j’aurai du faire un rapide état des lieux. Je roule sur une jante cabossée, enrobée dans un vieux bout de pneu déchiqueté. Je repense à mon généreux inconnu et je me dis que c’est le comble de tuer quelqu’un par gentillesse.

Je refuse de rentrer à pétrolette et de risquer ma vie encore une fois. Je cherche de l’aide. Une femme me propose de laisser la moto dans son jardin et de me raccompagner. Dans la voiture, je me demande comment cette histoire va se terminer. Combien je vais devoir débourser ? Comment je vais pouvoir ramener la moto demain ?… En arrivant à l’hôtel, plus personne, l’homme est rentré chez lui. Le standardiste l’appelle pour lui expliquer que j’ai planté sa moto à 10 km de là, dans la brousse. Il raccroche. « Pas de problème ! Pas de problème ! Vous pouvez aller vous coucher. » Le téléphone sonne. L’homme rappelle. Il veut savoir si j’ai réussi à trouver à manger pour ma famille ! J’acquiesce, ahuri. Je m’assois pour attendre

Julie, qui, inquiète, avait trouvé quelqu’un pour faire des rondes en voiture. Elle m’imaginait agonisant dans un fossé, mordu par un cobra. En arrivant, Gabin et Zoé me fond une fête comme si je rentrais du front. En cherchant le sommeil, je repense à cette soirée totalement décalée. Le lendemain, alors que nous allions repartir, l’homme au grand cœur arrive. Je commence à lui parler de sa moto, il me dit qu’il n’y a pas de problème. Il nous sourit. Nous lui disons merci, il nous souhaite bon voyage.

Les derniers jours, nous longeons de nouveau la côte. Entre baignades et dîners devant des magnifiques couchers de soleil, nous faisons le bilan de ces 2 premiers mois en Asie. Dans cet univers dépaysant par ses scènes de vie, ses paysages, nous avons passé de supers moments en famille. Nous nous sentons rempli de zenitude pour la suite.

Nous sommes impatients de découvrir le Cambodge. Demain, nous passons la frontière !

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mer.

11

nov.

2015

Etape 55: Ça ne tourne plus rond chez les Jujugazou ! (par Julien)

Nous continuons de remonter le golfe de Thaïlande. Nous sommes envoûtés par son pouvoir relaxant. Nous sommes en mode insouciants, hors du temps, paisibles. Nous ne savons généralement pas quel jour nous sommes, ni l’endroit où nous allons dormir le soir. La liberté ! Le bonheur !

 La communication avec les locaux est toujours aussi compliquée. Nous avons encore droit à des situations cocasses. Une fois, nous tentions désespérément de faire comprendre à un commerçant que Gabin avait un besoin urgent d’aller aux toilettes. Impossible ! On se regarde, on mime, on rigole, on ne se comprend pas ! Gabin finit par aller faire pipi de l’autre côté de la route, en face de la boutique. Alors, l’homme comprend qu’il n’avait pas compris. Il parle, il sourit, il rigole. On croit comprendre qu’il s’excuse. On rigole, on repart. Voilà un aperçu de nos échanges quotidiens avec ce peuple Thaï qu’on aimerait tant comprendre mieux.

Nous traversons un parc national à l’entrée duquel des panneaux nous mettent en garde contre les singes. A quelques mètres de nous, les arbres remuent dans tous les sens. Je rêve de rencontrer une colonie de singes avec nos vélos. Julie est moins enthousiaste. Malheureusement (ou heureusement selon le point de vue) nous ne les verrons jamais sortir, des nuages de moustiques assoiffés de sang nous obligent à accélérer. En dessous de 15 km/h, nous nous faisons dévorer.

Partout, dans les petits villages, au milieu des champs, nous voyons des temples magnifiques. Sur certaines statues, les gens collent des petites feuilles en or. Les matins avant 7 heures, nous voyons des moines, crâne rasé en grande robe orange ; ils portent une poterie en bandoulière. Ils font le tour du quartier pour la remplir leur de nourriture. Ils n’ont pas droit de gagner de l’argent. Quand ils reçoivent l’aumône, ils récitent des prières.

Un jour, nous rencontrons un cyclotouriste koweitien qui nous indique une superbe baie pour passer la nuit. Nous arrivons à la baie des dauphins (mer chaude, sable blanc et cocotiers : la routine). Il y a beaucoup de touristes thaïlandais. Un groupe m’invite à jouer au volley-ball. C’est marrant que ce sport soit aussi populaire dans les Andes et ici en Thaïlande où les gens sont plutôt petits. L’ambiance est très agréable, un appel au farniente.

Je ne sais pas pourquoi, j’étais pressé d’arriver à Hua Hin, une grosse ville touristique de bord de mer. Je crois que mon estomac rêvait de digérer autre chose que du « fried rice ». Ce fut une grosse déception ! Nous qui ressentions une grande bienveillance de tous les gens que nous croisions depuis 600 ou 700 km, nous voilà redevenus un porte-monnaie sur pattes dans un univers de luxure (cf Koh Samui, oh oui !). Nous trouvons une Guest House sympa pour 25 euros la nuit dans une vieille maison de pêcheur en teck à côté du Hilton. Après une journée détente pour les enfants dans un parc aquatique, nous abandonnons l’idée d’aller visiter un vignoble perché dans la jungle à 30 km de là, trop cher ! Nous voulons faire des châteaux de sable sur la grande plage gardée par la police montée (sur des demi poneys !) mais il y a des petites galettes de pétrole partout. Le soir, nous allons flâner dans un marché de nuit pour que Gabin puisse dépenser la pièce que lui a apportée la petite souris. Nous en profitons pour essayer des crevettes géantes au barbecue, délicieux ! Mon estomac aura au moins trouvé satisfaction ! Nous nous empressons de quitter cet endroit.

Le lendemain, Julie remarque que ma roue est légèrement voilée. Aïe ! Le moyeu Rohloff est cassé ! Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est une boîte de vitesse intégrée dans le moyeu de la roue. C’est réputé comme quasi-incassable mais par contre, en cas de pépin, impossible à réparer. Nous sommes inquiets pour la suite de notre parcours en Asie. Nous sommes obligés de rouler encore 20 km jusqu’à la ville de Petchaburi en croisant les doigts pour que la roue tienne bon. Nous trouvons une chambre pour 6 euros dans une vieille maison en bois sur pilotis donnant sur la rivière. Nous en avons pour notre argent, nous avons un lit  pour 4 (c’est une planche de bois) sous une vieille moustiquaire. Nous réfléchissons aux différentes options qui s’offrent à nous en regardant passer des énormes varans malais (des lézards de 3 mètres). Je trouve un bon magasin de vélo dans cette petite ville, mais le mécanicien dit qu’il ne peut rien pour moi. Il me suggère d’aller voir à Bangkok.

Le lendemain, nous prenons un train pour la capitale. Nous avions envoyé un message à l’entreprise Rohloff pour savoir si notre casse pouvait passer dans la garantie. On nous explique que la casse est due à des rayons inadaptés que nous avons changés à Portland (incroyable l’effet papillon en mécanique !). On nous oriente vers un magasin partenaire de la marque. Nous comprenons qu’il n’y aura pas d’assistance, ça va faire mal à notre porte-monnaie qui est de moins en moins épais. Je vais voir à l’adresse en question, impossible de trouver la boutique ! Elle est fermée avec des panneaux en bois. Un voisin me voyant errer dans le quartier avec ma roue m’explique que le magasin ne rouvrira que demain. Il me propose de la garder et de revenir le lendemain. Il m’inspire confiance, j’accepte sa proposition. En rentrant, je partage mon désespoir avec Julie. Je pense qu’il sera impossible de trouver une solution à mon problème dans ce petit local.

Le lendemain, pour tuer le temps, nous allons visiter une ferme de serpents où l’on nous montre comment récupérer le venin des cobras pour fabriquer des sérums. Ils sont complètement cinglés. Il doit y avoir un fort turn over chez les employés du parc !

L’après-midi, je reprends la route de la boutique. En marchant, je repense au plan B dans lequel nous envoyons la roue à Bassou chez Jean-Philippe (le meilleur mécanicien vélo au monde J ) . Mais en arrivant à la boutique, un homme dont je n’ai jamais réussi à prononcer le nom m’accueille tout sourire. Il me sort un Rohloff d’un carton de son capharnaüm ! Je suis content mais j’attends la facture. Et là, mon sauveur me dit, c’est gratuit, c’est Rohloff qui paye ! Incroyable ! On fait des selfies pour fêter ça.

Nous reprenons la route du Cambodge débordant d’enthousiasme ! Même les horribles fumées que les gros camions décorés nous envoient dans les nasaux pendant les 50 kilomètres qui nous éloignent du centre n’ont pas réussi à ébranler notre positive attitude.

Salutations de Chon Buri.

Bien à vous

Julien

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sam.

31

oct.

2015

Etape 54 : Sur les routes le long du Golfe de Thaïlande (Julie)

Nous roulons depuis 2 semaines le long du golfe de Thaïlande, au bord d’une mer chaude et calme (avec des petites vagues parfaites pour que les enfants s’amusent et aient des petites sensations). Nos journées se ressemblent et sont, ma foi, très agréables. Nous essayons de partir en vélo avant 8 heures le matin car dès 9 heures, la chaleur se fait sentir. Nous mangeons dans une cantine de rue vers 11 heures puis nous cherchons un hôtel et, en général, vers 13 heures, nous sommes installés, après avoir parcouru une quarantaine de kilomètres. Nous occupons les après-midis en jouant, en allant nous baigner, en faisant l’école. A 18 heures, nous nous mettons en quête d’un dîner, que nous trouvons facilement. En Thaïlande, pas de problème pour se restaurer et s’héberger pour l’instant. Les portions de routes sans maison et sans magasin sont rares. Sur tout notre chemin, il y a des petites boutiques (avec une petite table décorée devant) où on peut trouver de l’eau, des chips, des boissons sucrées et du shampoing principalement… J’exagère évidemment, mais il n’empêche que pour le petit-déjeuner, nous ne savons pas trop quoi manger. La plupart du temps, il n’y a pas de pain. Parfois, nous trouvons des brioches, et sinon, nous mettons dans notre ventre quelques gâteaux minuscules et très sucrés, genre Oreo. Nous ne savons pas ce que mangent les Thaïlandais le matin…

Nous évitons de rouler sur la grande route, une 2 fois 2 voies que l’on peut traverser sur certains passages (un peu dangereux !) Quand on arrive dessus, il faut parfois rouler à contre-sens jusqu’à un de ces passages, mais c’est chose courante ici, cela ne semble choquer personne, pas même les policiers. Il y a toujours une bande assez large où nous sommes en relative sécurité. Nous essayons le plus possible de rouler sur les petites routes, plus calmes, où nous voyons vivre les gens. Plusieurs fois, nous avons dû abandonner les petites routes car notre GPS ne fonctionnait pas. Une fois, nous avons repiqué sur la grande route car il y avait des chiens agressifs devant chaque propriété, et nous perdions trop de temps à poser le pied par terre, donner de la voix et montrer notre « chiquette », un bâton qui les tient tout de même à distance de nos mollets…

Les routes sont remplies de scooters sur lesquels il est fréquent de voir 3 ou 4 personnes. Beaucoup de scooters ont une sorte de side-car avec un plancher et un banc (pour les plus luxueux, un banc rembourré avec un toit en bâche). Les autres véhicules avec qui on partage la route sont des pick-ups  avec des grilles sur les côtés du coffre, parfois vides, parfois remplis de noix de coco ou remplis de bacs isothermes (peut-être de la glace car tous les restaurants en ont; ou des crevettes, vu le nombre d’élevages que l’on voit au bord de la route). Les plantations de cocotiers sont très nombreuses, de palmiers de Palmyre aussi, qui donnent des fruits rouges puis noirs lorsqu’ils sont mûrs et qui servent apparemment à fabriquer du sucre. Il y a aussi beaucoup de bananiers, parfois des cultures d’ananas et de piments. Autre particularité : nous voyons entre 5 et 15 serpents écrasés par jour, et nous en avons déjà vu quelques-uns bien vivants, en train de traverser la route (pas le temps de sortir l’appareil photo dans ce cas-là !) Une fois, nous avons eu peur car il était juste à côté de nous, presque sous nos pieds ! Nous essayons de ne pas rouler trop près des fourrés en cas de sortie intempestive d’un de ces reptiles !

Dans les hôtels, nous croisons quelques occidentaux, mais la plupart des touristes sont des Thaïlandais. Les gens qui tiennent les hôtels où nous allons, où l’on paye environ 20 euros pour la chambre, ne parlent que quelques mots d’anglais, et ce n’est pas très facile de communiquer. Nous avons souvent des petits moments de suspens pendant lesquels on ne sait pas bien si nous nous sommes compris l’un l’autre, mais ça se termine toujours bien… Les gens sont d’une manière générale très gentils et souriants. Beaucoup rient en voyant nos vélos bizarres avec nos enfants devant. Gabin et Zoé ont beaucoup de succès, et les gens (des dames la plupart du temps) les regardent parfois avec un air attendri lorsqu’ils sont sous leur casque ou lorsqu’ils sont dans leurs jeux. Il n’est pas rare qu’ils reçoivent des cadeaux (des bananes, des chips…) et qu’ils se fassent prendre en photo, parfois sans être dérangés, et parfois en ayant une tête collée à eux pour un petit selfie !

Côté gastronomie, les plats sont bons. Nous prenons souvent les plats les moins chers, c’est-à-dire du riz frit, revenu dans l’huile et mélangé avec des légumes qui ressemblent à des épinards et de l’omelette, et accompagné de crevettes et de calamars, ou de porc. Il y a aussi des soupes de « noddles », des longues pâtes de riz, avec des germes de soja et des morceaux de viande ; des noddles cuites dans une sauce soja un peu sucrée, accompagnées des petits légumes qui ressemblent à des poireaux miniatures et de cacahuètes pilées. Parfois, je me laisse tenter par une soupe de poulet à la coco. Délicieux !

Nous apprécions beaucoup être au bord de la mer. Parfois, il y a des déchets plein la plage et nous trouvons ça dommage. Difficile pour nous de comprendre pourquoi certains hôtels ne nettoient pas leur petit bout de plage : une éducation différente, ou bien une lassitude car la mer rapporte des déchets à longueur de journée… ? D’autres fois, nous découvrons des plages toutes propres. Parfois, les plages sont en face d'un village touristique, et d'autres fois, nous tombons sur des baies où il n’y a que notre hôtel et des pêcheurs. Nous voyons beaucoup de barques de pêche, au port le jour sur l’eau la nuit (nous voyons leurs lumières à l’horizon), mais nous ne voyons quasiment pas de poissons dans les étals des marchés ou au bord des routes… Une fois, en suivant le panneau d’un hôtel, nous avons débouché sur une crique déserte avec une vue magnifique (l’hôtel était à l’abandon). Nous avons pris le temps de nous baigner là, et ce fut la baignade la plus agréable de notre voyage (et peut-être de notre vie ?)

Bref, nous profitons, même si nous sommes un peu (beaucoup en fait) en cercle très fermé (nous 4 et c’est tout…) Il y a 3 jours, nous avons croisé un couple de trentenaires français, Audrey et Mickael, et cela nous a bien fait plaisir ! Nous avons passé la soirée ensemble, et le lendemain, nous avons eu du mal à nous lever ! Une fois nos vélos prêts et chargés, nous avons vu venir à nous 2 retraités français sur leur vélo. Ils nous ont donné plein de conseils pour la suite de notre parcours en Asie du Sud est. Merci à eux. Nous avons discuté pendant une bonne heure. Lorsque nous avons vu qu’il était bientôt 11 heures, nous avons décidé de défaire nos bagages et de rester dans le même hôtel. Nous avons passé une deuxième journée avec Audrey et Mickael, et ils nous ont fait le cadeau de garder Gabin et Zoé pendant que nous sommes allés nous faire masser ! Kop khoun kha !

Nous sommes maintenant à 1 jour de vélo de Hua Hin, à environ 300 kilomètres de Bangkok. Le programme ne devrait pas être très différent jusque là… On vous donnera des nouvelles !

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mer.

14

oct.

2015

Etape 53 : Ko Samui, oh oui ! (par Julien)

 Bienheureux de nos premiers jours dans la capitale, il est l’heure pour nous de descendre vers des terres moins grouillantes et plus sableuses. Nous avons rendez-vous avec les eaux chaudes du Golfe de Thaïlande, sur l’île de Ko Samui, à 700 km plus au sud.

Pour cela, nous prenons la direction de la gare. Nous arrivons une heure avant le train pour pouvoir être tranquille pour charger les vélos, mais on apprend que celui-ci

sera en retard d’au moins 2 heures. Ça ne semble pas gêner les gens qui patientent tous tranquillement. Tous ? Non ! Gabin et Zoé, très excités par l’idée du wagon couchette, résistent encore et toujours à la bouddhatitude et courent partout en faisant l’avion. D’un coup, les centaines de personnes présentes dans le hall se taisent et se lèvent. Les haut-parleurs diffusent l’hymne national. Nous essayons de faire atterrir en douceur nos enfants tout en observant cette scène surréaliste. La chanson s’arrête et la vie reprend son cours. Le temps passe très vite depuis notre arrivée en Asie tant tout est nouveau pour notre œil ! Tout à coup, sans crier gare, un militaire avec des beaux galons (il y en a beaucoup ici) fait le tour du hall prestement pour nous informer un par un que le train qui devait être très, très en retard n’est finalement pas si en retard que ça et va partir… tout de suite ! Nous qui étions pourtant cette fois si bien organisés, nous voilà à pousser nos vélos avec notre fourbi et nos gamins au milieu du mouvement de foule qu’a immanquablement créé notre cher gradé. Mais bon, les pays pauvres ont ça de magnifique que les salaires sont sans doute tellement misérables ici que pour chaque menu service il y a 3 fois trop de personnel. Aussi, ce curieux départ qui aurait pu être très stressant s’est passé dans une relative décontraction grâce aux 2 employés qui m’ont aidé à charger les vélos et aux 2 autres qui nous ont porté les bagages.

Nous voilà dans le train ! Il y a trois classes différentes. Les billets n’étaient pas trop chers, nous nous sommes donc offert des couchettes 2ème classe. Dans notre wagon, alors qu’il y avait une majorité d’autochtones dans le hall de gare, il n’y a que des blancs ! Cette situation d’apartheid touristique est un signe de plus qui nous montre

que les interactions avec les thaïlandais ne vont pas être évidentes. Un homme passe faire nos lits 1 par 1. Impressionnant d’efficacité ! Nous discutons un peu avec des voyageurs français et nous nous assouchons à 2 par mini-couchette (c’est la position entre assis et couché) Après une courte nuit dans ce trop petit lit nous arrivons fatigués à Surat Thani. Nous avons un peu de route pour rejoindre le ferry, nous n’avons pas de carte et c’est toujours assez compliqué de se diriger avec les panneaux en thaï et d’obtenir des informations auprès des gens. Pour cette partie du voyage, nous avons donc fait un grand pas dans le monde de la technologie, nous avons investi dans un smartphone afin d’avoir un GPS et arrêter de perdre du temps en détour et en orientation. Nous n’en avons pas eu besoin cette fois-ci car un cycliste Thaï parlant bien anglais nous rejoint et vient nous faire la causette. Il tient à nous guider jusqu’à bon port. Il fait un détour de 20 km juste pour nous aider alors qu’il était arrivé chez lui. Sympa le mec ! Grâce à lui, nous trouvons rapidement notre embarcation, c’est un bateau de nuit, il va falloir encore attendre. Nous achetons nos billets au capitaine qui nous fait un bon prix farang (c’est le surnom donné aux blancs) pour nous et pour les vélos (3 fois plus cher que le prix normal). Son rafiot ressemble à une vieille péniche. Ca nous parait fou qu’ils prennent la mer avec ça. Julie n’est pas très rassurée. Il se met à pleuvoir des cordes. C’est toujours la mousson ici. Apparemment, elle a commencé tard et donc va finir tard. La pluie sous toutes ses formes, c’est un peu le fil rouge de notre voyage. Ce n’est pas grave, on a un mental en acier (trempé) ! On court s’abriter dans une pizzeria où nous passons la

journée. A 21 heures, nous embarquons. A l’intérieur, il n’y a rien qu’une grande pièce vide. Chaque passager va se chercher son petit matelas et s’installe sur les côtés de manière à laisser un couloir de circulation pour les jeunes mousses. Le vieux moteur se met en route. Dans la calle, un marin veille sur son ronronnement en fumant des cigarettes sous un ventilateur. Nous voguons en direction de Ko Samui sur une mer calme.

A 6 heures du matin, nous accostons sur l’île. Nous rejoignons la côte est et sa fameuse plage de Lamaï. Sur la route, nous espérons croiser des éléphants mais nous ne verrons que des buffles et d’énormes serpents écrasés sur les bas-côtés.

Notre objectif, pour les 5 jours à venir, est de nous relaxer et de prendre des vacances farniente seuls avec les enfants. J’en connais certains que cette phrase va amuser J.

Nous nous mettons donc en quête d’un petit hôtel confortable pas trop cher. Nous trouvons notre bonheur et nous laissons couler les jours entre la plage, la piscine et les cocktails.

Nous sommes arrivés en Asie remplis d’espoir de rencontrer des familles de voyageurs pour revivre notre super expérience d’Amérique du Sud avec les Jouan sur les chemins du monde. Malheureusement, nous n’étions visiblement pas au bon endroit ou pas au bon moment. Ici, la majorité des « touristes » viennent pour la prostitution. Le profil type du touriste est un blanc, la soixantaine, avec des cheveux teintés quand il en a. Il déambule seul dans les rues sur son scooter, souriant, tel un Don Juan sur son cheval, aux « masseuses » aguicheuses devant leur salon aux vitres teintées. Il se promène main dans la main avec une jeune beauté sur la plage. Grand adolescent, il joue à l’éclabousser dans la piscine de son hôtel. Ici, il peut vivre son amour d’un jour au grand jour. S’il était seul dans la ville, ça pourrait passer mais des comme lui, il y en a partout, partout, partout, si bien que même notre charmant hôtel s’apparente plutôt à une maison close. Heureusement, nos enfants innocents ne ressentent pas ce côté malsain, donc nous arrivons à faire abstraction de ce triste décor, mais pour nous, c’est quand même insupportable !

Je me demandais quel pouvait être le discours de ce genre de touriste pour justifier son attitude. Il balaye toutes les critiques morales argumentant qu’elles viennent de cerveaux lobotomisés par une éducation judéo-chrétienne alors que lui, il sait élargir sa pensée à l’orient. A l’entendre, il fait presque un voyage humanitaire ! Grâce à lui et à ses 20 euros par jour, il sort la pauvre petite et sa famille de la misère. Le pire

c’est qu’il a raison quand il dit qu’il participe à faire tourner l’économie, « il » est tellement nombreux !

Nous avons, malgré tout, bien profité de cette petite coupure et nous avons

maintenant repris les vélos pour de nouvelles aventures.

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dim.

11

oct.

2015

Etape 52 : Arrivée en Thaïlande (par Julie)

Le 30 septembre, nous sommes arrivés à l’aéroport de Bangkok après environ 30 heures de transit (et 30 heures d’anniversaire de Julien), 3 décollages et 3 atterrissages. Les enfants étaient cuits ! Tout collants de sueur, nous étions là, hésitant entre mettre nos vélos en consigne ou demander s’il existait un grand taxi pour emmener tout notre fourbi, quand un monsieur nous a apostrophés. 5 minutes plus tard, nous étions à son stand et une dame nous proposait une nuit dans un hôtel avec service de taxi inclus. Lorsqu’elle nous  nous a montré sa calculatrice pour nous montrer le prix et que nous avons fait la conversion, nous nous sommes rendu compte que nous n’étions plus en Nouvelle-Zélande ! Tout contents, nous avons chargé nos enfants, nos vélos et nos bagages, et nous sommes allés nous écrouler dans notre chambre d’hôtel climatisée. (Autre différence notable avec notre partie en Nouvelle-Zélande : nous vérifiions s’il y avait un radiateur, ici en Thaïlande, nous regardons s’il y a un climatiseur !)


Le lendemain midi, nous sommes prêts à découvrir l’Asie, et cela commence par une promenade à vélo dans les faubourgs de Bangkok sous un beau soleil et une chaleur tropicale. L’allure de la route ne nous fait pas rêver : 3 voies dans chaque sens. Mais une fois dessus, on se rend compte que ce n’est pas dangereux. On se sent même assez en sécurité ! Il y a beaucoup de 2 roues (pas trop de vélos, mais surtout des scooters) et les voitures nous doublent avec précaution. La voie de gauche (car en Thaïlande, on roule à gauche) est quasiment réservée aux 2 roues (et aux 3 roues ! Beaucoup de magasins-vélos et restaurants-vélos !) Nous mangeons un très bon riz-poulet sur un trottoir où sont placées 3 tables et une sorte de cuisine roulante. Les quelques 20 kilomètres passent très vite car nous regardons partout autour de nous. Les petites boutiques qui s’exposent dans la rue, tous les scooters conduits par des hommes portant un gilet orange (des taxis scooters en fait), des portes de temple dorées, des sacrés nœuds dans les fils électriques, des bus pick-ups...

Il y a aussi des constructions aériennes : des grandes routes, un métro qui mène jusqu’au centre-ville et qui surplombe une route embouteillée, et même sur une petite portion, un passage pour les piétons entre le métro aérien et la route. Impressionnant !

Par contre, nous ne savons pas trop où nous arrêter car nous n’arrivons pas à prendre de repère ! Evidemment, les panneaux en thaïlandais sont un peu difficiles à lire, et nous ne savons pas du tout où nous sommes. (En plus, notre compteur kilométrique est à plat) Dans l’après-midi, nous nous arrêtons un peu au hasard car nous apercevons enfin un hôtel à un gros carrefour où nous ne savons pas du tout s’il faut aller à gauche ou à droite…

Nous mettrons 3 jours et 3 hôtels différents pour arriver au cœur de la ville, vers la gare ! Nous continuons la visite de la capitale thaïlandaise.


Nous voyons de très beaux temples aux toits dorés et pointus, pleins de Bouddhas, un nombre incalculable de salons de massage. Nous nous imprégnons de l’ambiance et sentons très clairement que la communication avec les gens va être difficile !

Le premier temple que nous visitons abrite un bouddha qui est la plus grande statue en or massif au monde. Il mesure 3 m et pèse 5.5 tonnes. A côté du temple, il y a un petit auvent en toile de tente avec un petit bouddha, des bougies qui se consument et des bâtonnets d’encens, et des gens qui prient. A côté du grand temple, un petit temple avec un moine, dans sa tenue orange, qui parle pour 3 personnes assises devant lui. Avant qu’elles ne partent, le moine leur noue un petit bracelet et coupe les bouts trop longs avec des ciseaux. Puis nous montons les marches du grand temple. A partir d’ici, nous devons nous couvrir les épaules et les jambes. Au troisième étage du temple se trouve le bouddha d’or. Après nous être déchaussés, nous pouvons entrer dans la salle. Gabin et Zoé s’assoient devant Bouddha et les offrandes qui lui sont destinées (des tissus orange pliés et des fleurs). Nos enfants sont alors « attrapés » par 2 dames qui les photographient puis se photographient avec eux chacune leur tour. Gabin n’aime pas trop cette situation et ne se prête pas trop au jeu. Zoé, qui regarde l’appareil photo en faisant un petit sourire est ensuite posée sur les genoux d’une dame. Son sourire se fige un petit peu, mais ça va. Une main dans les cheveux, un petit pinçouillou sur la joue, et la voilà libérée…


Pour notre deuxième visite, nous voulons prendre un bateau sur le fleuve pour nous rendre au grand palais. Nous arrivons sur le port et le monsieur nous dit : « Le bateau arrive dans 30 secondes. » Ha ha ! Ah mais ce n’est pas une blague en fait ? Je cours comme un éléphant sur une patinoire car le carrelage est super glissant avec la pluie, et en tatanes, ce n’est pas très pratique. J’arrive à acheter nos billets et à descendre à l’embarcadère. Le bateau arrive effectivement. Il jette les passagers qui descendent et nous embarquent en moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire. Le fleuve est une véritable voie de circulation dans la ville. Il y a beaucoup de gros bateaux comme le nôtre pour transporter les touristes et nous en voyons d’autres, plus petits, où il y a des Thaïlandais. Lorsque nous descendons du bateau et que nous nous apprêtons à sortir du port, un monsieur nous aborde et nous dit que le grand palais ferme à 15h30. (Et il est 15h30) Il nous dit qu’il travaille lui-même au grand palais et nous montre furtivement quelque chose qui ressemble à une plaque de police. Il nous dit « Je vous conseille d’aller visiter ça et puis ça et puis ça. Il nous entoure 3 endroits sur notre carte de la ville. « En tuk-tuk, ça coûte 200 Baths (5 euros) » On dit ok pour montrer qu’on a compris, mais lui s’approche alors de la route, arrête un tuk-tuk, négocie, et nous fait monter dedans. Et ben ! Nous voilà assis là sans trop avoir compris ce qui s’est passé… Cela ne nous ressemble pas, mais une fois n’est pas coutume. Nous repensons à la scène en nous demandant si cela peut-être un guet-apens, mais tout nous semble correct. Notre pilote a juste l’air de se croire sur un circuit de course !


Le lendemain, nous partons le matin et réussissons à visiter ce fameux grand palais. Nous ne sommes pas seuls ! Des milliers de touristes et nous et nous et nous ! C’est vrai que c’est un endroit magnifique. Il y a des temples aux toits dorés, des murs peints qui racontent l’histoire de Bouddha. Les bâtiments sont décorés avec des petits morceaux de miroirs et de carrelage de toutes les couleurs. De gigantesques statues encadrent l’entrée de certains bâtiments, d’autres petites soutiennent des colonnes. Nous pouvons aussi admirer le « bouddha d’émeraude », une des statues les plus précieuses du royaume, qui avait été emportée au Laos aux 16è et 17è siècles, puis récupérée par la Thaïlande. C’est une statuette d’environ 30 cm faite d’une seule pièce de jade. Elle est placée tout en haut d’une colonne dorée, sous une coupole, et sous haute protection. Et interdiction de la prendre en photo.


Nous sortons de l’enceinte et marchons quelques minutes pour aller visiter un autre temple (et oui, encore un), le Wat Pho, qui abrite le plus grand bouddha couché de Thaïlande. Nous l’apercevons par la fenêtre, et il remplit toute la pièce ! Sa tête est énorme et touche le plafond. Nous longeons ce corps divin jusqu’aux orteils en entendons des bruits de tintements métalliques. Lorsque nous passons de l’autre côté de la statue, nous comprenons le bruit : les gens ont une écuelle avec des petites pièces, et ils font tomber une pièce dans des sortes de marmites en fer (il y en une vingtaine à la suite) Nous n’avions pas vu le stand pour acheter les piécettes, nous mettons une pièce chacun dans les premières écuelles puis continuons notre marche. Nous nous sentons un peu bêtes car nous ne savons pas trop ce que cela signifie… Une offrande ? Des vœux ? Des sous pour participer à la restauration de la statue ? En même temps, la plupart des gens sont des touristes donc cela ne doit pas être un rite sacré…


Il est temps de nous préparer pour prendre le train et nous rendre au Sud du pays, pour goûter au repos sur l’île de Ko Samui… 


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